LIVRE DEUXIEME
d’embiassor dans un impartial amour c-t la patrie et l'ennerai de la patrie. On voit ce qu’il faut penser des repi’oches d’ingratitude prodigués depuis auv Italiens. On s'était uni dans l’équivo(|ue et dans l’irapossilde; le divorce se lit au premier choc de la l'éalité.
Le soir même , les ministres donnèrent leur démission : le lendemain, le peuple se soulevait-, la gaixle civique doiniait la main au peuple ; les cardinaux rétrogrades étaient assiégés dans leurs palais; le château Saint-Ange envahi; les délégués de la Lombardie, de la Vénétie, de la Sicile, adressaient au Saint- Père, au nom du droit et du principe de iiatioiianté, « œuvre de Dieu et non des hommes, » une éloipiente et pathétique remontrance, vraie sommation respectueuse. Pie IX recula. liC ministère fut rappelé et renforcé par l'accession du comte Mamiani , l’ancien chef du mouvement bolognèse et romagnol de 1831 : une transaction bizarre fut conclue, suivant laquelle le pape ne déclara point la guerre 'a r.A'utricbe, mais écrivit à l'empereur Fenlinand pour l’inviter h é\acuer amiablemcnt l'Italie, et autorisa enfin formellement Duraiido ii se mettre soüs les ordres de Cliarles-.Albert, fait déjà accompli depuis ({iielques jours. On jeta un voile sur la funeste lumière qui s’était faite; on affecta d’attribuer reiicv clique à un moment tl’crrcur, à des conseils pervers; a Venise comme ailleurs, on continua d’invoquer le nom de Pie IX ; mais la coiinaiice perdue ne revint pas, et les esprits réfléchis purent comprendre dès lors que la rupture radicalt* entre le pontife-roi et la nationalité italienne n’était qu’ajournée; la catastrophe qui sur%iut six mois après était inéNilable. C’est ce que ne comprit malheureusement pas la F rance , absorbée par scs querelles intestines ;
l’opinion, chez nous, ne suivit pas le mouvement rapide des affaires italiennes ; de la le malentendu qui prépara et rendit possible la guerre h jamais déplorable de l’année suivante.
Les Autrichiens s'enhardissaient. Le 4 mai , ils )>roclamùrent î» Trieste le blocus maritime de Venise. Grâce à la malheureuse affaire de Pola, c’était avec des navires vénitiens qu'ils prétendaient blo<)uer Venise! La cité menacée attendait des secours maritimes de Naples et de Sardaigne; les marines italiennes furent devancées par la marine française. Le premier navire de guerre ami qui se montia dans les eaux de Venise fut la frégate à vapeur VAsmodée, détachée de l’escadre de l’amiral Baudin, qui était arrivée en rade de Livourne â la On d’avril Les .Vutrichiens, désireux, sur toute chose, d’éviter une collision avec les Français, n’osèrent interdirc-k VAtinodée l'accès de la lagune ( 1 0 mai ).
C’était la réponse à l’une des demandes de Manin , et cette réponse semblait de bon augure pour le reste. 1 a> peuple accueillit les ofliciers français, qui délmrquèrent à la Piazzetta, par mille cris do Viva FItalia! viva la Francia ’/ frégate venait, il est vrai, en amie, non en auviliaire avouée, mais .Manin n’en avait pas demandé davantage, et il fut d’autant
' CVtait sur les instanÔMi de M. Bixio, ambassadeur de France à Turin, que Tamiral avait expédié cette fr^te. M. Bixio eût voulu plus et mieux. •< Je ne sais , monsieur l'amiral , écrivait'il le 27 avril , quelles sont vos instructions , je no sais dans quelles limites il vous est possible à^infeirenir miiifairemeHi ; mais, quoi qu'il en soit, je viens vous inviter de la manière la plus pres.sante à envoyer sur-le-champ dans l'Adriatique le nombre de bAÜmeiits que vous jugerez conTpiiable pour y montrer les couleurs fraiiçaises. •• L'amiral répondit ne |M)uvoir envoyer que ce seul bJlliiient.
^ Roccolta, etc., t. Il, p. 77. 1-e commandant de la fritte était le capitaine de vaisseau Ricaudy, nom qui est resté cher à Venise.
Diqitizod by G<h>9 1c