‹ Daniel ManinChapitre 50 sur 185 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

lui arrivait. Le 27 au soir, il partit de Vérone avec le (j;ros de son armée ; il voulait faire ravitailler Peschiera par un corps détaché, délwucher par .Mantouo avec ses principales forces, accabler le continssent toscan, (jni observait plutôt qu'il ne bloquait cette place , prendre a revere les Piémontais beaucoup trop espacés, enlever leurs massasiiis et les couper d'avec la Lombardie. Le 29 au matin, les Aulriebiens sortirent en force de Mantouc : le succès de leur plan semblait infaillible; Uadetzki n’avait pas prévu qu’une poijsnée d’borames de ces corps francs ', si méprisés de ]’orj<ueil militaire, aiTôterait tout un jour une armée entière avec une masse d’artillerie. I.a fleur de la jcun(«se toscane fut moissonnée dans cette glorieuse et lugubre journée’; son ébxjuent professeur cl sou apôtre, devenu son guide dans les combats, Montanclli, fut ramassé sanglant sur le champ de bataille de Lurtatone; les Toscans étaient écra.sés,mais ils avaient sauvé l’armée piémontaisc. Les Autrichiens ne purent se porter en avant que le lendemain et joindre les Piémontais que dans l’après-midi du 30: ils auraient dû avoir près de trente mille hommes lorsqu’ils se trouvèrent en face de moins de vingt mille Piémontais, enfin rassemblés entre Goïto et Cercsara; mais un de leurs corps chargé de tourner l’ennemi arriva trop tanl. La supériorité stratégi(|ue de Radetzki se brisa contre la suitériorilé morale du soldat

' Suivant Montanelii, il y avait à peine cinq mille Toscans ^ dont trois mille volontaires, plus cinq cents soldats napolitains. {MemoriCfCtc,, t. 1 I,c.xl.)

^ On ne saurait voir sans (^motion , dans l'illustre Campo<’Santo de Pise , la table fun<^raire qui consacre la mémoire de ces jeunes héros morts pour Pltalie, la plupart sortis de Tuiiiversité de Pise. Cette ville aux grands souvenirs s'est montrée digne de son passé en maintenant ce noble monunvent, dans les plus mauvais jours, comme une protestation contre la réaction autrichieime.

piéinontais. Les Aulricliiens furent refouWs avec gramle- perle sur Mantoue. Charles-All)ert av^it reçu, an milieu de la bataille, la nouvelle de la capitulation de Peschiera^ la tentative de la droite autrichienne pour ravitailler cette forte place avait échoué la veille, et Peschiera se rendait à la gauche piémontaise.

Chaiies-Alhert , ainsi que son fds aine, le duc de Savoie', avait montré dans l'action le plus brillant courage ; pas plus ({uc par le passé, il ne profita de la victoire. Il ne suivit pas l'ennemi qui se repliait du Mincio sur l’Adige-, il laissa Kadetzki, sans obstacle , recevoir du Tyrol un renfort de seize mille hommes amené par le général Welden, et, le 10 juin, onze jours après sa défaite de Goïto, Radetzki put fondre, non plus sur les Piémontais, mais sur Vicencc, avec quarante mille hommes et cent dis-huit pièces d’artillerie. C’était un va-tout ; car il risquait ou d’être pris entre l’armée victorieuse de Charles-.AIbert et les dix a douze mille hommes qui occupaient Vicencc sous Durando, ou de perdre Vérone en prenant Vicence, si Charles-.AIlicrt se fût jeté sur Vérone dégarnie cl prête k se soulever au signal des Piémontais (Charles-Albert, malgré les instances de son ministre de la guerre Franzini, ne marcha ni sur Vérone ni sur Vicencc : il alla prendre Rivoli, c’est-a-dirc couper la route du Tyrol, quand les Autrichiens avaient reçu du Tvrol presque tout ce qu'ils en attendaient-, puis, lorsqu'il se mit enfin eu mouvement jKiur secourir Vicencc, il était trop tanl; api-ès dix-huit heures d'une lutte héroïque, les Autrichiens ayant enlevé au

' Anjonrd’hui le roi V ictor-Eimnanuel.

’ Lm Véronais ti'attendaieot pour la révolte qu’au signal , on grand feu qui devait être allumé dans la campagne.

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