LIVRE DEUXIÈME
prix (le flots de san(t les hauleuis (|iii (loniiiicnl la ville au sud, Duraiido, (|ui n'avait <|u'un homme contre (jiiatre, avait dû capituler alin d'éviter h la ville une entière destruction. Il s'était cnpgé, pour les trou[x's romaines et suisses, it évacuer le territoire viuiètc et à ne pas jM)rter les armes de trois mois contre l’Autriche '.
La chute de Vicence fut celle de toute la terre ferme vénète. Le (gouvernement vénitien ne fut pas en m«‘sure d»; défendn? Padoiie; Trévise et même la forteresse de Palma-Nuova, blo- «piée depuis deux mois, durent bientôt capituler ( et, tandis i|ue Itadetzki et Charles-.AIbert se tenaient de nouveau en échec entre l'.Adige et le .Mincio, les .Autrichiens reparurent en vue des lagunes!
Ijj Vénétie était tombée, mais rien n'était perdit', car Venise restait debout, résolue h lutter jusipi'à la mort contre les armes et contre la diplomatie, autre fléau qu’elle pressentait plus redoutable pour elle que le premier. Le grand péril n’était |ias dans une attaque à force ouverte qu’elle était sûre de repousser, mais dans une transaction européenne o|iér(^ en dehors d’elle, et qui eût cherché dans la chute de ses provinces un prétexte à mi nouveau (iampo-Formio.
Un Campo-Formio mitigé s’était en effet débattu dans le monde diplomatique avant même les revers de la Vénétie.
Il faut ici retourner de quelques semaines en arrière, et nous transporter d’Italie en Angleterre et en France.
' La capitulatioD proinrtlait nii tniteinciit bénévole au\ habilanta. Radetzli tint parole à la (kfon autrichienne, c'est-i-dirr qn’il exerça une aaurage réaction contre la brave et inallienreuae populaUon de Vicence. Le gouvemeincnt romain aemblait autorisé b répondre à cette conduite de Pennemi en raiaaut rentrer immédiatement ses troupes en ligne ; le pape s'y retusa.
Manin avait cru dûs le commcnceincnl rcconnailrc les |<lus mauvaises dispositions cliez le gouvernement anglais. Une lutte sourde existait k Venise entre les deux consuls français et anglais, dont l'un exprimait Gdèlement ce qu’avait <;tc la politique de r.\ngleterre en l8lo, l'autre, ce qu’aurait du être la politique de la France en 1848*. Le consul d’Angleterre, M. Clinton Dawkins, y mettait as.sez de franchise ; un jêur que Manin lui rappelait le droit des nationalités : « Vous devez » bien comprendre , » répondit-il , « que mon gouvernement » ne peut admettre ce droit, ni pour vous ni pour là Lom- » hanlie, parce que, s’il l’admettait, il autoriserait la rébellion » de ses sujets de l’Inde, des îles Ioniennes, de toutes les » colonies et même de l’Irlande » &■ même consul , qui gardait un profond silence sur les barbaries commises en toute occasion par les troupes autrichiennes, avait écrit une lettre déclamatoire à Manin, h propos d’un des rares actes de représailles échappés aux Italiens, le meurtre ’a Trévise, par les volontaires romains et par le j)euple , dans un jour d’angoiss<‘ et de fureur, de trois prisonniers, ilont deux étaient des Italiens accusés d’espionnage an profit de l’ennemi , et le troisième un des directeurs de la sanguinaire police de Mo<lcuc.
Lord Palmerston, cependant, lorsque les agents expédiés
' Cette oppofthion ne cbangea pas avec la personne du oonsnl français Liinl>erani. M. Yasseur, qui remplaça M. Limperani le 10 juin, montra les mêmes sentiments que son primêcesseur, et soutint ces sentiments jusqu'à la fm avec autant d'énergie que d'intelligence politique.
* Yoyei A. de La Forge , t. II, p. S7. Le eoMuI anglais avait signalé à son gouTemement , avec une jalouse inquiétude , les avances amicales adressées par le gouvernement vénète aux Grecs^Ioniens , comme aux Dalmales et aux autres Esclavons.