‹ Daniel ManinChapitre 52 sur 185 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

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par .Manin en France allèrent lui faire une visite à Londres, montra une tout autre attitude que son représentant à Venise : il fit aux Vénitiens un accueil gracieux, et leur laissa entendrc que le gouvernement britannique, bien qu’allié de l’Autriche, ne lui porterait point secours , mais ne pouvait faire plus (]ue rester spectateur

La conduite et la correspondance de M. Clinton Dawkins, ancien secrétaire de lord Aberdeen, ami de Radetzki et tory invétéré , que lord Palmerston eut le tort de lais.ser en place , ont beaucoup contribué aux erreurs qui se sont accréditées sur les principes et les actes du gouvernement anglais relativement à l’Italie en 1848. L’examen de la corresiwndance de lord Palmerston ‘ fait évanouir les préventions répandues parmi nous h cet égard. Lord Palmerston n’avait do dispositions malveillantes ni contre l’Italie ni contre la France, cl ne se croyait point lié par la logique tory de M. Dawkins sur le chapitre des nationalités. 11 avait sincèrement encouragé par lord Minto l’agitation libérale de l’Italie eu 1847; lorsque éclata la Révolution de -Février, il eut sans doute un moment d’incertitude etd’anxiété ; il craignit que la République française ne prit un caractère de propagande universelle, qu’elle n'cncouragcàtlesmouvcmentscAartMtc* en Angleterre et ne cédât aux instances des repealers irlandais qui venaient h I*aris solliciter nos secours |)our insurger leur île. politique de lord Palmerston dut d’abord se ressentir de

' Lettre de M. Zanardini au mlniatre de l’intérieur de la République vénète , Paleocapa, du 21 avril; manuacrite.

* Corrapondntee mptcllng the a/ftUn of Italy, London , 1849. Des extraite inaéréa dana le Siicle et la Presse ont dd récenuneot déaabuaer le publie Tranraia.

«“S appréhensions; avant rinsuiTcction de Mitan et de Venise, il détourna Charles-Albert de prendre l’oITensive contre l'Aiitrirlie; mais, une fois la Guerre de l'iudi'pendanrc engagée, il ne fut nullement hostile au mouvement national italien'. Il désirait, du moins dans les premiers temps, que les Français n'entrassent point en Italie; mais il ne désirait pas du tout que les Autrichiens y notassent, et il eût souhaité, au fond, que les succès militaires des Italiens, joints à la peur de l'invasion française et aux troubles intérieui-s de l'Antriche, obligeassent les Autrichiens à évacuer la Péninsule moyennant indemnité pécuniaire. Rien n'esf plus chimérique que d'imaginer le cabinet anglais de cette époque prêt 'a faire la guerre à la France pour défendre contre elle en Italie les traités de 1813. Loni Palmerston ne répond même pas à l’Autriche lors(]u’ellc invoque auprès de lui ce pacte d'iniquité. Ft il faut ajouter que l'opinion publique , en Angleterre , dépassait encore le ministère, et qu’elle le menaçait lorsque, bien 'a tort, elle le soupçonnait de partialité pour l'Autriche. Nous voyons trop la nation anglaise à travers nos souvenirs; elle n'est pas assi‘z chevaleresque pour s'engager dans une guerre de princi|)e, mais 'on aurait tort de la croire indilférentc à la justice et à l'humanité dans, les questions internationales; le sens moral et l'esprit mmlerne ont fait de sensibles progrès chez elle 'a cet égard ; on parle de droit en Allemagne; on y croit, du moins iH'aucoup y croient eu AngleU'rrc, quoique les liassions et les intérêts

' Nous parlons de ce qui regarde l'étranger, l'Autriche; noua n'avons point à evamioer ici la politique fort débattue de l'Angleterre relativement aux Deux-Sidles , à Rome et à la Toscane; c'est-i-dire aux questions intérieures de l’Italie.

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