‹ Daniel ManinChapitre 53 sur 185 · LIVRE DEUXIÈME. ' H · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. ' H

ait^lais, plus ou moins bien entendus, puissent encore parfois y déroger

■ • L’opifiion publique en Angleterre nous est tellement ravorable en ce moinent , et cette opinion est feUement redoutée par les hommes b la tete des aftaires ici, qu’une interrention année contre nous me parait non - seulement iiiipolitique , mais im|iossible. u (Zanardiui b Manin, 21 avril.) — M. Cobden écrivait , le 9 mai , b blanin , qu'il avait la certitude que le ministère anglais ne se mettrait pas en lutte contre le sentiment public et ne soutiendrait les intérêts de l’Autriclie contre l'Italie ni par les armes ni par la diplomatie. — Nous trouvons, dans un ouvrage d'aillenrs très-justenient estimé et très-ravorable b la cause ilaiienne {Deux ans de Révolution en Italie, par F. T. Perrens, 1857, p. 300), le passage suivant , qui résume , b propos de Venise , les arguments que le système pacifique faisait valoir en France : « Liée par les traités de 1815, la France maintenait bien le droit des peuples de les briser b l’intérieur, coniine elle avait fait elie-mérae; mais elle ne pouvait y aider chez les autres sans soulever une guerre européenne ob nous aurions eu contre nous l’Angleterre , lidèle observatrice de traités qui lui ont tant profilé ; la Russie , prête b intervenir pour le principe; l’ Autriche, résolue b conserver b tout prix ses plus riclies provinces. » Si ce tableau de l’Europe en 1848 était fidèle, il y anrait b ré]H>ndre que la Révolution de Février avait eu pour principal mobile l’opposition b la politique extérieure du roi Louis - Philippe , et qu’il ne faut pas faire de révolutions quand on n'est pas décidé b les soutenir b tout prix ; on ponrrait répéter un mot du malhenreux duc d’Orléans, lorsqu’il se Sentait étouffer sous la politiqne de son père : « Il vaut mieux tomber sur le Rhin que Hans les ruisseaux de Paris, > maxime excellente pour ne tomber ni sur le Rhin ni ailleurs. Mais le tableau n’est pas exact , et la coalition armée de l’Angleterre et de la Sainte-Alliance pour accabler la France b l’occasion de la guerre d’Italie était une diimère. Ce que nous avons dit de l’Angleterre , nous le justifierons par les faits. Quant b la Russie , qui allait , dit-on , entamer contre nous une guerre de principes, cette Russie de la Sainte -Alliance et de la légitimité, dont on a longlempe effarouché l’Occident, n’était qu’nne apparence. La Russie vraie , la voici. Après ses brayantes démonstrations des premiers temps- de la Révolution de Février, l’empereur Nicolas rentra dans une attitude de réserve, puis il fit savoir au gonvememrat français, par les représentants de la Russie b Naples et b Londres, MM. de Creptowich et de Brunow, qu’il ne s’opposait point aux réformes libérales et démocratiques en Italie , pourvu qu’on respectât les arrangements territoriaux de 1815; puis, jetant le masque et envoyant bien loin les truités de 1815, il

DANIEL MAMN.

matière est importante et jieu eonnue, et quelques détails précis, quant aux faits et aux dates, sont nécessaires pour appuyer nos assertions.

Le 2 avril, lord Ponsonby, ambassadeur d’Angleterre en Antricbc , mande ’a lonl Palmerston qu’on a reçu h Vienne la nouvelle de l’invasion piémontaisc; un des chefs du parti de la n^ülution à Vienne est venu demander ’a l’ambassadeur anglais que l’Angleterre s’employât îi un armistice en Italie, afin qu’on arrivât à une paix basée sur une indemnité pécuniaire pour l’évacuation du territoire. — M. de Lacour, chargé d’affaires de France à Vienne, informe lord Ponsonby que sou gouvernement l’a chargé de s’entendre avec lui afin d’unir le plus possible les deux politiques française et anglaise; M. de Lacmir parle b lord Ponsonby du projet d’arrangement au moyen d’une indemnité pécuniaire. — M. de Fiquelmont, le ministre des affaires étrangères d’Aulriebe, rappelle les traités de 1818 et demande si r.Angleterre approuve la conduite de Cliarles-.Vlbert et de la I.ombardic ; lord Ponsonby répond que le gouvernement britannique n’a aucune part ’a la conduite du roi de Sardaigne , mais qu’il ne peut dire que ce gouvernement soit disposé ’a employer des mesurés coercitives afin d’obliger le roi de Sardaigne â se désister de son entreprise. M. de Fiquelmont

lit CBtendrP qu’il était prêt à offrir tout aimplnnont rartc blanclio k Ia république frauçaiae en Occident , c’eat-i.^irr l’Italie indépendante et la rive gauche du Bliin h la France, pourvu qu'elle lui donuét carte blanclie en Orient. Cette ouverture fut faite k Xapiea par l’ambassadeur russe , .M. de Creptowich , à l'ambassadeur français , M. de Raineval. Le général Cavaignac n*) donna pas suite. Ce fut seulement alors que la Rnssie se déclara si bruyamment la pretectricé de l’Autriche et des traités. La France était donc bien assurée de n'avoir point k la fais contre elle la Rnssie et l’Angleterre.

Page 1