LIVRE DECXIÈME
même, (le déclarer hautement à l’Assemblée la volonté du gouvernement de passer les Aljtes au premier appt‘1 (12 mai) ‘ .
Il n'y avait ps contradiction chez M. de Lamartincj les ouvertures non officielles de M. d’Appony ponvaient n’ètre (ju’un hnirre, et une victoire sur Charles-Alhert pouvait faire revenir l'Autriche sur ses offres. M. de Lamartine voulait trartcr nanti de la Savoie et en mesure de couvrir Milan.
Le 13 mai, une démonstration dans un sons opposé b la délibération secrète de la Commission exécutive avait lieu dans la Chambre des députés de Piémont-, le ministre Pareto y réjKHidait aux interptdlations d’un repré-sentant que les Français n’entreraient pas sans être appelés, et que, comme on ne les appllerait pas, ils n’entreraient pas!
Dans l’Assemblée nationale, ’a Paris, il y eut aussi des interpellations. Les inquiétudes des agents vénitiens et milanais avaient transpiré, et M. de Lamartine dut, au nom du gouvernement , protester ’a la Irilmne contre tout soupçon d’intelligence avec l’Autriche, et déclarer que , si l'armée française n’était pas descendue en Italie, c’est que l’Ilalie ne l’avait ps voulu (23 mai).
L’opinion publique anglaise s’agitait également en faveur de l’Italie, et lord Palmerston fit bient(it, devant le Parlement, les mê-mes protestations que M. de Lamartine devant la Constituante.
Quelques jours après la séance de la Constituante, arrivèrent b Paris deux envoyés de Venise auprès de la République française, MM. Aleardi et Car. Suivant les instructions de Manin,
‘ Analyse de U séance, conunoniquée par M. Garnier-Pagès.
ils devaient réclamer la reconnaissance formelle de la République vénète et conjurer la France de « faire entendre aux peuples la promesse, aux princes ravertissemcnt formel, que Jamais elle ne souffrirait au delà des Alpes un nouveau traité de Carajio-Formio, un nouveau partage de la Pologne »
Ias envoyés se présentèrent chez le nouveau ministre des affaires étrangères, M. Bastide*, qui protesta de sa sympathie pour le gouvernement vénète, mais dit « avoir le regret de ne jwuvoir, pour le moment, reconnaître officiellement ce gouvernement*. )> Ainsi le nouveau ministre, du caractère et des
' liislnictionü diplomatique à MM. Aloardi et Car, du 15 mai , manuacrile; noua ) remarquons le pa.s.sage suivant : « Inutile de vous recommander de ne prendre part à aucune rtiunion où de Immme , mümc trùs-lionorable , conspireraient contre un souverain quelconque de TEurope. Conspirez, vous aussi , mais ù visage déeonvert ; conspirez avec les homme le plils eonsidérable de rAllemagne , que vous rencontreriez à Paris , afin que la véritable Allemagne reconnaisse enfin que , si l'on veut que rAutriehe redevienne allemande , il faut détruire la monarcliie autriehienne. » Manin , dans ces même instructions , recommande k se envoyés d'agir fortement auprès de la presse française et des principauv représentants : le 5 juin, il écrivit dans ce sens une lettre déve loppée il un constituant français qui avait , l'année précédente , voyagé en Italie et pulilié une brochure très-violenlc contre r.Autricbc, M. de Cormenin. Il se prononçait , dans la situation actuelle de l’Italie , pour une fédération d'États k peu près égaux en forces , combinaison qu’il savait plus agréable aux républicains français que la formation d'un royaume de la haute Italie.
> Les fonctions ministérielles avaient été séparées de celles de la Commission exécutive où siégeait M. de I.amartine , et qui était une sorte de Directoire.
‘ Aleardi et Car à Xlanin , i juin. — Nous trouvons , à ee sujet , le passage suivant dans les notes de M. le consul Vasseur. Il raconte sa première entrevue avec Manin, le 10 juin. « Sa figure a pris un air de tristesse, lorsque, m’ayant demandé quelle serait la suscription mise sur les lettres qui me seraient adressées par mon ministre , je loi ai répondu : A M. te consul de France à lenise (k Venise , et non près la République de Venise). " Nos dis- ■ sensions, dit-il (les dissensions relatives k la R^ublique ou à ta fùsiiNi avec