‹ Daniel ManinChapitre 58 sur 185 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

être diitéréc; que l’armée française passerait les Alpes, sans plus attendre l’aveu de Charles-Albert; que le gouvernement saisirait ensuite l’Assemblée des grandes questions relatives h la direction de l’intervention ; enfin , que trois cents bataillons de ganles molnles seraient immédiatement organisés'. Le décret sur les trois cents bataillons parut, le 17 juin, dans le Monileur.

Du 16 au i3 juin, telle était donc la situation pour Venise, qui , peu de jours auparavant , se croyait perdue et livTéc par r.Vngleterre et par la France. L’Angleterre jugeait Venise hors de cause et n’admettait plus la discussion que sur les limites de son territoire. I.a France marchait!

Qu'eût fait la France au delh des .\Ipes? La pensée contraire k Venise avait jeté, dans le rapport du ministre de l’intérieur sur les gardes mobiles, une phrase qui indiquait comme but de l’armement la réunion de la Savoie k la France pluiûl que l'entier affranchis-sement de l’Italie; mais rien de semblable n’avait été discuté ni dans la Commission exécutive ni dans le conseil des ministres * ; la question allait arriver intacte devant l’As-

■ Noos tenons d’on Umoin aarieolaire le D’en de ces deo\ «‘anees secrètes.

I Voyez dans le livre de lord Nonnanby ; l'ue année de Révolution , l. II , p. 71, une oonversatioo entre lord NMoianby et M. Bastide.

Voici la phrase du rapport: « La Commisaioo exécutive consen'e la fenae espérance du maintien de la paix. Cependant la France ne saoiait asaisler sans prévoyance à des remanieinents de territoires. File ne pourrait tolérer qu’un accroissement & la puissance de ses voisins , sans compensation pour elle aflaibULsa propre puissance. >

Voki maintenant comment le Bien public, joamal rédigé sous l’iafluence de M. de Lamartine, commentait, le M juin, le décret de mobUisatioa :

• , ... La République ne saurait permettre que le roi de Piénumt étende la main d’une mer à l’antre de l’Italie , pour s’adjuger douze millions de idus de

scmbli'e constituante, et il n’y a aucun doute que le grand jour n’eût fait évanouir la politique de transaction avec l’Autriche; la majorité du gouvernement sc fût prononcée contre la direction des affaires étrangères, si celle-ci ne se fût modifiée d’elle-mémc; l’Assemblée, mise en demeure devant la France et devant l’Europe , eût infailliblement voté le complet affranebissement de Venise comme de toute l’Italie, et aucune autorité , aucune éloquence n’eût pu arrêter la logique des sentiments et des faits.

Il était trop tard'.... Quelques semaines plus tôt, la guerre étrangère eût sans doute sauvé la France de la guerre civile! .Avant que le pays sût la résolution du gouvernement, les passions exaspérées par quatre mois de crise sociale éclatèrent. Le 23 juin, Paris, saisi d’un horrible délire, se déchire les entrailles de ses propres mains; la Commission exécutive s’abîme dans la tempête, et la France mutilée laisse retomber l’épée qu’elle vient de teindre de son propre sang!...

Les conséquences de ces affreuses journées ne devaient pas se fairé lieaucoup attendre pour l’Eurojie, ni surtout pour l’Italie!

Retournons à Venise et voyons ce qu’elle faisait pour elle-

sujets , quatre forteresses , Alexandrie , Pescliiera , Manloue , Vérone , et recréer ainsi A son prolit la suzi-rainelé de l'Autriche sur la Péninsule.

» La République fran(aise doit évidemment surveiller de prés celle absorption de la Lombardie par le Piémont. Elle doit réclamer garantie , indemnité , compensation pour cette nouvelle extension de territoire et cetté aceumulation de forces que le roi de Sardaigne viendrait reporter de la Lombardie sur noire frontière. Nous ne pouvons pas laisser à quelques marches de Lyon et de Toulon, A nos portes , sur nos flancs , un État élever A l’improvisie , par son accroissement de population , le chiffre de son armée de cent mille A deux cent mille soldats. » - ■

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