LIVRE DEUXIÈME
même , tandis qu’on débattait ailleurs sa destinée sans elle et que de grands et sinistres événements lointains compromeltai«‘iit si fatalement sa cause.
Dans sa politique intérieure comme dans sa diplomatie, il n’y jivait, en réalité, qu’une seule question pour élle : éviter a tout prix un Campo-Formio. Le meilleur moyen était- il de garder la République ou de se fusionner avec Piémont et la Lombardie sous le sceptre constitutionnel de Charles- .All)ert?
Venise, avec ses dépendances immédiates, était en grande majorité républicaine ; dans les provinces, le sentiment d’unité nationale croissant et fortifié par un peu de jalousie contre la reine des laguii(«, contre l’ancienne dominatrice, mais surtout l'instinct du danger qui porte î» se concentrer, le sentiment de l’inévitable faiblesse militaire du gouvernement vénête, et la crainte que le roi de Sardaigne ne montrât peu de zèle pour secourir une république, faisaient â la ftuion des partisans de plus en plus nombreux. Dès le 20 avril, Vieencc arail sollicité directement les secours piémontais^ le 29 avril, les députés de Padoue, Vicence, Trévise, Rovigo et Bcilune, avaient, par une adresse au gouvernement lombard, exprimé le vœu de l’union de la Vénétie avec la Lomliardie •, ils avaient communiqué cette adresse au ministre de la guerre de Piémont. Manin et ses collègues, opposés au royaume de la haute Italie, eussent été au contraire favorables k la formation d’une république lorabardo-vénète , appuyée au dehors sur la République française. Résolusen tout casa se soumettre a la volonté nationale, leur première pensée, comme le montrent les instructions données au ministre Paleocajia, le 21 avril, avait été de réserver la solu-
tioD de toutes choses h la Constituante venète-, puis, entrain^ par le voeu des provinces, ils avaient fait un pas <ie plus; ils avaient adhéré à la proposition du, Gouverneinent provisoire lumliard toucliant la nfunion, |iour la I^mlnrdie et la Vénétie, d’une seule constituante qui réglerait les conditions ptditiques du pays après la Wctoire. CcUe décision avait été publiée h Venise le 12 mai.
Le gouvernement lombard ne fut pas fidèle à ce pacte : sous l’impression de la déclaration faite par Charles-Albert qu’il ne traiterait qu’après l'entier alTrauchissemcnt du sol italien, le gouveniement de Milan prescrivit, ce même jour, 12 mai, dans toutes les communes lomltardes, l’ouverture de registres où l’on voterait, par oui ou par non, sur la fusion avec le Piémont. Los provinces de Padoue, Vicence, Trévise et Rovigo ' suivirent l’exemple de la Lombardie, sans l’aveu du gouveniement vénète. Le 31 mai , leurs délégués présentèrent k ce gouvernement une déclaration qui était ’a la fois une apologie de ce que les comités provinciaux s’étaient crus obligés de faire, et une misq çu demeure pour Venise de les imiter. Us signifiaient que, si le 4 juin iis n’avaient pas reçu de roponse, tout en étant profondément afiligés de se séparer de Venise, les représentants des quatre comités provinciaux partiraient pour Milan afin de régler avec les Lombards le régime k étaldir paidant la transition , entre le vote de fusion et la réunion de la Constituante. Cette Constituante déciderait , non plus de la fusion, mais des conditions de la fusion. Le gouvernement vénète répondit, le 2 juin, qu’il interrogerait la
‘ L» proTioce de Vérone n'ovait pas cessé d’être occupée par l'enoemi ; celles d'Udine et de IVtloDe vciuient de retomber en son ponvoir.