‹ Daniel ManinChapitre 63 sur 185 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

» facile k vaincre si la guerre civile y entre. — Pour moi , » m'abstenant de toute discus^n sur mes opinions et sur » celles d’autrui , je viens demander un grand sacrifice ; je viens » le demander ’a mon parti, au généreux parti républicain'. — » A l’eiiiiemi^iui est là à nos portes, qui compte sur nos disseu- » timents, sachons doimer un éclatant démenti! Prouvons- » lui qu’aujounl'hui nous ne songeons à être ni royalistes ni I) républicains , mais que nous sommes tous Italiens' — Aux » répubUcaius, je dis : A nous l’avenir! Tout ce qui s’est fait » et se fait est provisoire ; la décision en apprtient à la diète » italienne ; — à Rome ' ! »

Un tonnerre d'acclamations ébranla cette salle illustre, qui n’avait jamais entendu de si nobles paroles aux plus beaux jours de l’ancieunc Venise. Toute l’assemblée se pressait autour du liane où était retourné l’orateur; chacun voulait le remercier et l’embrasser. Le ministre Castelli s’était élancé à la tribune, les bras levés au ciel : « La patrie est sauvée! vive Maniu! » Un cri unanime lui répondit.

On criait : « Au vote! » Manin demanda, d’une voix affaiblie, un moment de repos. Une vive ablation se répandit dans l’assemblée. U s’était évanoui , et ou l’emportait sans counais-

' A Romt I ee inol atteste qne l’idée de refaire de Rome la capHaie de ritaiie nouvelle, autant que l’Italie peut avoir une capitale, c’est-à-dire le lieu de réunion de l’Assemblée nationale italienne, n’est point, comme on l’à sonveiit répété , un rêve de Mazzini ; c’est une idée à peu près universelle parmi les patriotes italiens. Toutes les grandes villes sont jalouies les nues des autres ; aucune n’est jalouse de Rome et ne lui dispute sa préséance tiaditioonelle. Rome , le noyau latin , dans une Italie affrajuebie , ferait équilibre entre les denv centres d’action du nord et du sud, la puloise Milan et la grecque tapies. ,

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sance. La violence de son émotion , le grand eiTort qu’il avait fait sur lui-même, avaient accéléré les battements de son cœur au point de le suffoquer; &’était un des premiers symptômes de la maladie de cœur qn’il avait contractée auprès du lit de douleur de sa fille , et qui devait l’enlever neuf ans après Au bout d'une demi-heure, Maiiin rentra, et la fusion avec les Étals sardes , « sous les mêmes conditions que la Lombardie » , fut votée à la presque unanimité *.

Le lendemain , sur la proposition d’un député qui demandait à l’assemblée de déclarer que Manin avait bien mérité de la patrie, Manin reprit la parole :

« Si mes concitoyens veulent se montrer roconnaissants » d'un acte pourtant bien simple, je les prie, je les conjure que » la concorde inaugurée hier dure tant que l’ennemi sera en » Italie! Qu’on ne parle plus, pour l’amour de Dieu! qu’on' ne » parle plus de partis, tant que l’ennemi n’est pas chassé! » Nous en parlerons ensuite; nous en parlerons entre nous w fraternellement! C’est la l’unique récompense que je vous » demande! »

Ou |>assa au vote pour l’élection des membres du nouveau gouvernement provisoire. Manin fut réélu à une forte majorité.

Manin remercia l’assemblée avec effusion, mais n’accepta pas. « Je fus , je suis , je reste républicain ; je ne puis rien être dans un État monarchique; j’y puis être dans l’opposition.

' Raccolla, etc., t. II, p. 444 et suivantes. — Gazette tfAngiliourg du se juillet I84S. .

’ « Obéisoant b la ndcea&ité anpi^roe de délivrer toute l’Ilalie de l’étranger, et dans le but de poursuivre la guerre de l’indépendance avec la plus grande efficacité possible... noua votons, etc.... Saccolta, t. II, p. 484.

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