‹ Daniel ManinChapitre 67 sur 185 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

» la défeiulrt; , aloi-s le molif pour lequel Venise s’esl donnëc » disparait, et elle rentre dans son indépendance comme avant » la fusion.

w — Ainsi, vous ne la livrerez, pas aux Autricliiens?

» — Je me ferai plutôt hacher eu pièces!

» — Vous désobéiriez, donc même a un ordre exprès du roi?

» — Je ne désobéirais pas; j’ai accepté du gouvernement la » mis.sion de prendre possession de Venise et de la gouverner. » Si maintenant on m’envoyait une nouvelle mission , je serais » libre de l'accepter ou de la refuser, et je vous dis que je la » refuserais.

1 ) — Et quel est l’avis de Colli ' à ce sujet?

» — Je ne l’ai pas interroge sur cette éventualité, qui me » parait impossible; mais je le connais assez pour aOirmer » qu’il n’aurait pas d’autre avis que le mien. »

Manin l’embrassa et sortit’. L’accent d’honnête homme du Piémontais l’avait convaincu. Sûr qu’il n’y avait point de trahison b craindre, il attendit’.

Pendant ce temps, M. Paolucci apportait au consul français la demande de secours annoncée le 4 et rédigée sous Cette date,

' Le g<5iiéral pU^monUls Colli, collègue de Cibrario. Il avait ses quatre fils & Tannée. L'un d'eux mourut pour Tltalie dans cette campagne. Ije troisième commissaire était le Vénitien Castelli, ex>président du Gouvernement provisoire fusionisle.

> Rapport au ministère piémontais par le commissaire Cibrario.

* Manin avait déjà antérieurement (en Juillet) posé au général Pepe une question analogue à colle qu'il adressait à Cibrario. •• Si le roi Charles-Albert vous ordonnait d'abandonner Venise , que feriez-vous? — Je ferais comme quand le Kourbon m'a ordonité d'abandonner la cause italicntie ; Je désobéirais. » Notes ir.ajiuscritcs de .Manin.

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au nom du Gouvernement j.rovUoire qui avait fonctionné jusqu’au 7.

I.e H , de grand matin , les commissaires royaux reçurent, comme nous l'avons dit, du général Wclden, la signific^ition de l'armistice. Ils refusèrent d’accepter la communication transmise |>ar rennemi et non par leur gouvernement, et de SHsi)endre les hostilités. Quoique prévoyant une terrible explosion populaire quand la fatale nouvelle serait connue', ils laissèrent consigné dans sa caserne le petit corps de troupes piémontaises récemment arrivé, ne voulant dans aucun cas encourir le risque de verser le sang vénitien, et préférant s’exposer sans défense au premier éclat de la colère du peuple'. Ils convoquèrent sur-le-champ la Consulte vénitienne, composée de ciinj membres, qui partageait le pouvoir avec eux, et lui déclarèrent que, si malheureusement la nouvelle était vraie, ils ne consentiraient jamais à être les instruments de la reddition de Venise. « Nous considérerons, » dirent-ils, » notre mandat comme terminé, du jour où nous serons odi- » ciellemcnt informés d’une telle stipulation; Venise sera donc » libre dès ce moment d’agir ainsi qu’elle le jugera le plus » utile pour sa cause et celle de l’Italie; nous lui offrirons » dans ce cas nos services comme simples citoyens, en déplo- » rant de ne pouvoir plus faire davantage.» — «Une telle ^tipu- » lation, » ajouta avec énergie le commissaire Castelli, « serait » nulle par l’effet même de l'acte de fusion, qui interdit de » disiH)ser du sort du pays sans le consentement de la Con- » suite; si les conditions de la fusion ne sont pas remplies, la

* Rap]>ort de Cibiario.

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