‹ Daniel ManinChapitre 7 sur 185 · C.VMILLE · texte numérisé non relu

C.VMILLE

En France! Dans l’exil! .Morte comme sa mère! Morte en le laissant seul sur la terre étrangère !

Digitizee TTG;)Ogle

l;.\ souvenu; de mamn.

BEKTirE.

01) ! c’en est trop , mon Dieu ! c’en est trop pour un cœur !

CAMILLE

Eh! que dirais-tu donc si, comme moi, ma sœur.

Tu les avais pu voir, elle et son père, ensemble?

Entre un père et sa fille, il est parfois, ce semble.

Un nœud mystérieux, plus puissant et plus doux Que du père à spn fils, de l'épouse à l’époux.

La différence même cl du sexe et de l'àge.

Certain rapport secret d’esprit ou de visage ,

Ce qu’un front de seize ans par son candide aspect Répand autour de soi de calme et de respect.

Enfin, je ne sais quoi de pur, de poétique

Que le cœur sent bien mieux que la voix ne l’explique ,

Et qui s’échappait d’eux comme un rayonnement.

Faisait de leur tendresse un spectacle charmant.

BEBTHE.

Je le crois! Se sentir la fille d’un tel père!

CAMILLE

Elle était tout ensemble et sa fille et sa mère ;

Et leur amour croissait de toutes leurs douleurs !

Tour à tour consolés ou bien consolateurs,

Chacun , que ce fût l’ange ou que ce fût l’apôtre ,

Séchait soudain ses pleurs s’il voyait pleurer l’autre ,

Et dans ce doux mélange et de soins et d’appui ,

Elle, pour l’affermir, devenait forte, et lui,

Lui, touchant abandon de l’amour paternelle,

11 faiblissait parfois pour s’appuyer sur elle !

UN S()i:VEMIl DE MAMX.

xxr

BERTIIE.

Mais il avait donc tout : grâce, bonté, douceur!

CAMILLE

Hélas! Il l’avait, elle! Et dans ce jeune cœur 11 retrouvait si bien son béroïquc flamme !

C’était si bien rcnfant de son sang, de son âme !

Ab! lorsqu’il la voyait, l’œil brillant de üerté, Tressaillir et pâlir au nom de liberté,

Il lui semblait, orgueil et volupté suprême.

Voir paraître à ses yeux l’Italie elle-même.

Mais l’Italie heureuse et la jeunesse au front.

Pure de tout excès comme de tout affront.

Les mains libres, dclwiit, belle, régénérée,

’l'elle qu’au monde, un jour, lui-même il l’a montrée. Et telle ([u’à son heure, et quand le temps viendra , Que nos cœurs en soient sûrs. Dieu la réveillera !

BEIITIIE.

.Mais elle!... son enfant! mourir en pleine vie!

A notre âge! comment? par quel Iléau ravie...

CAMILLE

Un fléau ! Tu dis bien ! Mal étrange, inconnu.

Fatal comme l’exil dont il était venu I Ah ! si je te contais cet horrible martyre ,

Si je te disais... Non ! je ne veux pas le dire.

Non! Ce fut trop affreux! Mais sache seulement Que pendant vingt-deux mois d’incurable tourment. Lui seul dut la soigner, la veiller, la défendre ; Qu’une aide mercenaire il ne pouvait la prendre,

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