‹ Daniel ManinChapitre 70 sur 185 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

avant-postes , au fort de Malgliera , qui peut avoir k repousser une attaque. »

Et, comme le peuple continuait de s’agiter et de pousser des vivat :

« Mes amis , si vous voulez que je puisse travailler pour » votre bien et votre salut, il faut que vous me laissiez du » repos. Rentrez chez vous, évitez tout désordre; je veille sur » vous avec ma vie et avec mon sang. Bonne nuit , mes » amis ! »

n En moins de di\ minutes, la foule avait disparu sans bruit, comme dispersée par une commotion électrique. Il Ti’existe plus de partis h Venise ‘. »

Manin passa la nuit h tout préparer, pour le dedans et le dehors.

A deux heures du matin, Tommaseo et Toffoli partirent pour Paris , chargés par .Manin d’aller réclamer le secours de la République française.

« Désormais , « dit le lendemain la Gazette de Venise, retournant le mot fatal de Charles-Albert et de .Mazzini , « désormais Venise agira par elle-même (farù da sè) : elle sera aidée par des amis et des alliés sincères; Venise sera sauvée, et, avec elle, triomphera la sainte cause de l’Italie! »

Hélas! pourquoi cet appel n’avait-il pu être adressé ’a la France, alors qu’une telle confiance eût été infailliblement justifiée, avant la date sinistre du 23 juin! Venise ne devait

' Gazelle d’Augsbourg du 2(î août. Nos aulrrs documrnts , pour la jouriu^; du II août, août : 1° procès-verbal de la séance des cominissaires et des membres de la Consulte ; 2° rapport du commissaire Cibrario ; Gazette de Venise du t2 août; i° relation du major Casarini (ami de Manin), manuscrite.

pas i'trc sauvée, mais ses glorieuses infortunes, mais la constance héroïque de sa longue résistance devaient plus faire que bien des victoires pour l’avenir de la cause àdaqiiellc elle allait s'immoler!

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