‹ Daniel ManinChapitre 71 sur 185 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Tflunu'irat. — Appel à la Kranee. — Toniinasou h Paris. — Attitude du peuple vénitien. — Métliation nn{?lo-fraiiraise. Base niallieurouse de cette iiv^diation. — Blocus de ^’cnise. — Offres de Cliarles-Alborl à Maniii. — Brillante sortie do Mestre. — Manin , Ion! Palniersioji et M. Bastide. X.a marine française à Venise. — Corres|M>ndaiice de lord Palmerston sur l’Autriche. — l'n négociateur vénitien. Valentino Pasiai. — Guerre de Hongrie. — Révolutions de Rome et de Toscane. — l’rojet de Constilnantc italienne. — Chute du gouvernement de Ca^aignac. — Élections à Venise. Le gondolier Galli. — Insuccès de la médiation. — Charles-Albert reprend les armes. L’armée vénitienne s’apprête à entrer en campagne. Nouvelles de Novaro.

La politique d'isolement iiiteriiatioiial a porté les i'iuits prévus par Manin : la contre-révolution a triomphé à Naples; rétranger a triomphé sur l’Adige. Après la chute de Milan comme après la chute de Vicencc, Venise reste debout. Maiiin va essayer de réparer les désastres causés par la politique opposée h la sienne, s’efforcer d’amener enfui cette intervention française qui peut encore soutenir ce qui est debout et relever ce qui est tombé; il va faire, en tout cas, de Venise, restât-elle seule et abandonnée du monde, uu exemple qui empêchera pour jamais le nom italien de retomber dans rabaissement passé; quelle que soit l’issue immédiate de ^a lutte, il saura faire qu’une ville italienne ait l'impérissable houneur de pcrsonnilicr en elle le principe destiné h constituer le droit public de l'Europe nouvelle, l’indépendance nationale.

tt.

Le matin qui suivit cotte nuit pleine d'émotions héroïques, le dictateur se mit en communication avec le peuple et l’armée par une double proclamation qui commentait dignement le Covernerü io de la veille ;

« Concitoyens,

» Aux heures de grand péril , il faut des résolutions promptes et hardies!

» Afin que vous ne restassiez pas sans gouvernement, je n’ai point hésité à assumer, pour quelques heures seulement, la lourde charge de gouverner.

» La nécessité m’en a donné le mandat; que votre affection m’en facilite l’cxercicc! >>

Il annonçait, pour le lendemain, la convocation de l’Asscmhlée, qui constituerait un nouveau gouvernement, et terminait en disant :

« Ayons confiance en Dieu, en nous-mêmes, dans l’Ilalie, » dans le secours des autres peuples libres , déjà invoqué et U qui ne peut nous manquer. »

a Soldats italiens,

)) Nos lagunes sont peut-être l’unique refuge de la

liberté italienne.... Au nom de cette Italie pour laquelle vôus avez combattu et voulez combattre, ne laissez pas refroidir votre ardeur pour la défense de cet asile .sacré de notre nationalité. Le moment est solennel : il s’agit de l’existence politique de toute notre nation-, ses destinées peuvent dépendre de ce dernier boulevard !

» Soldats! vous tous qui êtes accourus d'au delb du Pô, du

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