LIVRE TROISIÈME
M. Ricci avait fait enfin la demande que nous avons men^tionnee ‘ , demande accompagnée d’une réserve si étrange. Le gouvernement français répondit qu'il était trop tard et que la France ne pouvait plus offrir qu'une médiation de concert avec l'.Vngleterre.
Ce coup terrible détermina les envoyés de Milan et de Venise * à présenter le lendemain au général Cavaignac un appel désespéré [tour le supplier de sauver Milan, hélas! déjà tombé depuis deux jours! et pour protester contre le concert diplomatique de la France avec ce gouvernement anglais qui venait, à ce qu’on croyait, de négocier avec l’Autriche sans la France et contre la France.
Cavaignac répondit que , par suite de scs troubles intérieurs et du dérangement de ses finances, la France devait éviter de [trovoquer une guerre européenne par une intervention armée en Italie ; qu’il avait donc dû s’assurer d’abord des dispositions de l’.Vngleterre’, et que, l’ayant trouvée disposée à s’entremettre entre l’Italie et ses cunemisj il venait, le jour même, d’expédier deux commissaires à Turin et à Vienne, afin de proposer un armistice et un arrangement convenable -, que, si l’armistice ou la médiation était rejetée par l’Autriche j la France, alors, interviendrait immédiatement par les armes.
« Sur notre demande : quelle était la base de la médiation proposée par la France? il répondit :
' Voyez cLhIcssqs, p. 151.
> agents do Mauiii avaient été conlirniés par le gouTememont fusionniste. * Dès le 22 juillet, nous voyons, dans la Correspondance anglaise, que le gmivoriiemoot français avait fait des ouvertures foriuellcs à PAngleterre sur une médiation en commun.
DANIEL MAMN.
— L’imlûijOiulaiirc de la Haute Italie; une indemnité péciiniairc convenable ii rAntriclie,
« La conversat^in tombant nisnitc sur la probabilifé de la cluite de Milan et sur les veiif'eances atroces qu'exerceraient les vaiinpienrs,, <’.avai;>nac ajouta ré'solùmcnt :
— Soyez tranquilles; Milan ne restera pas aux Autrichiens.
— Ht Venise? esl-ce que vous soulîrirez que Venise soit sacriliée de nouveau?
— Non, certainement! nous ferons tout ce qui déiiendra de nous |K)ur éviter un tel malheur!
« L'a-dessns, » ajoute (lar, « il nous congédia, et je résolus de partir immédiatement, alin de vous prévenir de ces faits et de ce langage, et de vous prier de vous préparera protester énergiquement par les armes, au cas où la France, cédant aux prétention^ de l’Aulriclie et aux conseils de r.\ngleterrc ', consentirait jamais à Signer un nouveau traité de Campo- Formio. »
Tandis que l’envoyé vénitien se mettait en route sous le coup de ces poignantes appréhensions , le 9 août , le ministre des alTaircs étrangères de France, M. Bastide, et l’ambassadeur d’Angleterre ’a Paris, lord Normanby, arrêtaient en commun les bases de la médiation h proposer h l’empereur d’Autriche et au roi de Sardaigne.
Suspension immédiate des hostilités entre les troupes autrichiennes et italiennes;
Renonciation formelle de la part de l’Aulriche, à tout droit
' Ces pn^venUons contre le gnuvemeinent anglais étaient h peu près gènè* raies. Nous avons vu ce qu'il en faut i>ciiser.