‹ Daniel ManinChapitre 75 sur 185 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

de souvci'ainetc sur la Lombardie; la cunsUlution acluclle du youvernement du nord de l'Italie, résultat des vœux exjirimé^ par les Lombards , étant un fait pris [xtur base de la médiation sans garantie ultérieure des deux puissances médiatrices ;

Souveraineté de la Vénétie haintenue a l'Autriche, avec une constitution pareille h celle de la Hongrie, un gouvernement et une administration séparés ;

Convention particulière pour Parme et Modène.

Ce n'était autre chose que la proposition Hummelauër.

La Correspondance diplomatique anglaise nous apprend que, dès le 22 juillet, le gouvernement français avait demandé au caliinet anglais de reprendre cette pro|>osition comme point de départ d'une médiation en commun; mais, lord Palmerston ayant fait çonnailrc la réponse qu’il avait donnée à M. de Hummelauër et qui sauvegardait Venise , on était convenu de prendre cette réponse pour base. La situation ayant si fort empiré par les derniers événements, on était revenu aux conditions autrichiennes, mais avec la répugnance la plus manifeste du côté de lord Palmerston

L'indépendance promise par le général (iavaignac n’était donc qu’une administiation italienne relevant d’une monarchie étrangère! Le nouveau gouvernement français protesta toujours avec énergie, dans ses rapports avec Venise, contre le soupçon de vouloir renouveler Campo-Fôrmio : il n'entendait

' Corre.\pondence mpecHnj lhe affaire of llaly, part. III, p. 60-125. Il est juste, lorsque l'on compare l'attitiulc de.s deux gouvernciuents français cl anglais, de ne jws oublier <iue l'Angleterre n'enlendait soutenir que tiiorulemeiit la cause italienne , tandis que pour la France la guerre était au bout d’une médiation refusée.

point, en effet, livrer Venise sans conditions h la bnilalitc autrichienne; il entendait faire sortir de la Vénétie la milice et la police de l’Autriche en y laissant rentrer un vice-roi , et , au fond, sa pensée, en ne garantissant point la réunion de la Lombardie au Piémont, était de revenir b la réunion de la Lombardo-Vénélie en un seul État sous la suzeraineté de l’Autriche ; il ne pensait pas que la Vénétie dût rester indéfiniment subordonnée li l’empire autrichien ; il croyait qu elle lui échapperait plutôt en demeurant unie b la Lombardie, et qu’un régime de transition préparerait la véritable indépendance h la première occasion favorable.

Avant les dernières révolutions de France et d'Italie, ce système, sous forme de concession accordée par l’Autriche, eût été temporairement acceptable -, mais , précisément parce qu’il eût été acceptable, l’Autriche en eût fort bien vu les conséquences et ne l’eût jamais accordé. Il avait cessé d’être acceptable, maintenant que des flots de sang, et, plus encore que le sang , la revendication solennelle du droit absolu de la nationalité, séparaient l ltalie de l’Autriche; l’Ilalie, armée et stipulant pour elle-même, ne voulait, ne pouvait accepter ce que l’Italie assujettie eût pu subir. D’ailleurs, il fallait compter que r.Vutriche, ranimée par les succès de Itadcizlii , n’adhérerait même plus à ces bases, et que toute négociation avec elle serait un leurre. La Révolution française se portait k elle-même un préjudice incalculable en disposant d’un peuple sans le consulter et en s’engageant dans des transactions contraires h ses principes, qui ne pouvaient aboutir qu’k dos déceptions déploi-ables ou k une guerre tardive.

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