‹ Daniel ManinChapitre 76 sur 185 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Mauin oc savait pas, mais il pressentait douloureusement cette grave erreur du gouvernement français. À la réception de la lettre de Car, il jugea indisi»eiisable de faire représenter Venise dans les négociations qui allaient s'ouvrir, et choisit pour cette délicate mission un modeste avocat de Vicence chez lequel il avait reconnu des facultés supérieures, M. Valentino Pasiiii. Il lui donna pour instruction de repousser absolument, au nom de Venise et des provinces vénèles : 1' toute dépendance directe ou indii-ecte de l'empire autrichien -, 2° une monurchie, même indépendante, sous un prince de la maison d'.Vutriche ou de la branche d'EsIe (Modène). « Toute autre » combinaison pourrait être acceptée par nous, » écrivait-il,

« le royaume de la Haute Italie, l’État lombardo-vénète, ou la » Vénétie État séparé (23 août) '. »

Maniu, de concert avec ses deux collègues, poursuivit avec vigueur les mesures défensives. Un décret du 31 août ouvrit un emprunt national de 10 millions de livres (8 millions et demi de francs) k destiné b soutenir l'insurrection dans les provinces lombardo-vénitiennes, h défendre Venise, et, en maintenant l'indépendance de cette ville, h présener l'honneur et la liberté de toute l’Italie. »

La dette était déclarée garantie par toutes les provinces lombardo-vénitiennes, en vertu de l'engagement pris par l’cx-gouvernemenl provisoire lombard de garantir, concurremment avec Venise, toutes les dettes qui seraient contractées pour la guerre de l'indépendance. Le comité de défense de la

' Dam une Iritrc a Tranmasco du s septembre, il pose, en sens inverse, l'ordre de préréreuce de ces trois combinaisons.

DANIEL MAMN.

lA)mbar(lic, réfugié sur le lerritoire suisse, avait expédie k Venise un délégué, Cesare Correnti, qui ralilia celte déclaration ' .

Le 5 septembre, le petit corps de troupes piémonlaises demeure k Venise se rembarqua; l'escadre sarde remit 'a la voile le 9. L'amiral Albini avait retardé son départ tant qu’il l'avait pu; ses propres sentiments étaient d'accord avec les vives instances des Vénitiens, ainsi que de notre consul et du commandant de la station navale française, M. Ricaudy -, mais il avait fallu enfin exécuter les conditions du malheureux armistice. Le triumvii'at vénitien avait eu du moins près d'un mois de répit et l'avait employé a achever de mettre la place dans un état de défense formidable. Outre la réorganisation militaire de la population’, on avait appelé de toutes parts des volontaires pour renforcer la .troupe de ligne, et l'armée de terre se trouva plus forte après qu’avant le déprt des Piémontais. On eut jusqii’k vingt mille soldats.

Au moment où M. Pasini partait pour sa mission spéciale, l’homme éminent qui représentait la république vénitienne U Paris, Tommasco, écrivait a Manin que la résistance inattendue de Venise produisait une forte impression’; qu’on |)ailait dans le monde politique de reconnaître l'indépcndanec de Venise comme ville hanséatique, en donnant un vice-roi autrichien

• CVst ce môme >1. Correnti qui a ré<ligô, en celte annôe l’adresse de la cliambre dos dépuU^ do Piôinoiit au roi.

’ Vonbe et les bourgs des lagunes rorinont une masse d’environ I80,000àmcs.

* Voyez là-des$us une lettre do .M. Gustave do Jk'aumout , ambassadeur do France en Angleterre* à lord l’almerston , du 29 août; ap. CorrespoHdence re.y)cc!ing the af/airs of Jfafy, t>art. III , p. 238,

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