LIVRE TROISIÈME
an resle de la Véiiélie-, Iransaction que, ponr son complc, il repoussait fort. Il annonçait qne le gouvernement français avait expédié, le 23 août, à Vienne, une sommation d’accepter la miMialion anglo-française (2a août).
Tommaseo lança, sur ces entrefaites, à côté de l'appel diplomatique au gouvernement français, un appel pid)lic ’a la France, ou des vues de la pins grande portée sont exposées dans un magnifique langage
D'autres lettres de Tommaseo et de Mengaldo, des 31 août et 1" septembre, apiwrtèrent des présages favorables. Le 29 août, le général Cavaignac, après avoir interrogé Mengaldo sur la résolution et les moyens de résistance des Vénitiens, lui avait dit qu’à l’heure où il lui parlait la flotte française devait être devant Venise -, que, si r.Vutriche refusait la médiation sur la base de l'indépendance de l’Italie, la France occuperait Venise 'et ferait la guerre.
I.a crainte que Venise ne succombât devant une attaque soudaine de r.Vutricbe (Mmssait en effet le gouvernement français à la pensée d'une occupation : un moment, la question fut décidée*. Ordre fut donné d’embarquer ’a Toulon une brigade d'infanterie et de la jiorter h Venise.
* V. A. de 1^ l'orge, t. II , p. 4 10.
* Nous n^avons |)as la certitude si ce fut en ce moment qu'un liominc (loliliquc qui a pu iiVtre {>as sans fautes, mais envers qui Ton it'a point assurément toujours été juste, le président de la Constituante , Armand ^larrast, passa toute une nuit à démontrer au général Cavaignac la nécessité de faire la guerre i>our fonder la République. Le 3*3 septembre , le préfet de poli<*e l)ucou\ concluait de même dans un rap|iort sur IVtat de Popinion publique, et sur le |>éril imminent qu'il y avait de désaffectionner le peuple et l'armée en reprenant la politique du gouvernement antérieur.
IHU
(détail le 1" seiitcmbre. Voici ce qu’avait écrit la veille lord l'ulnicrstuii a son ambassadeur b Vicuoe , lord Ponsouby , en lui tiansmeltant une copie de la lettre par laquelle l'ambassadeur de France à I-ondres, M. Gustave de Ik'aumonl, réclamait la coopération de la Graiide-Urelague aûu d'obliger rAutriclie a suspendre les bostilités contre Venise :
« Sa Majesté s'associe enlicrement et avec anxiété à ce » désir. L’armistice que les gouvernements brilaunii|ue et » franvais proposent renferme la totalité de l'ilalie st'pten- » trionale, et Venise comme toutes les autres places.
» Votre Excellence bornera ses communications ollicielles à » cet objet; mais, dans les conversations confidentielles que » vous pourrez avoir sur ces matières avec M. de Wessemu berg, vous ne manquerez pas de le presser de prendre » en sérieuse considération la i>osition très-dillicilc oii se M trouve le gouvernement français <|iiant aux affaires d’Italie. » Ce gouvernement.... est sincèrement désireux de main- » tenir la paix et de ne point iuteneuir en Italie par les » armes; mais ce serait une erreur bien fatale i>our le goii- » veriiemenl autrichien que de s’imaginer pour cela que » la France soit incapable d’intervenir, si elle y était ré- » solue
M Des troupes? — La France en a surabondamment pour « agir en Italie, tout en maintenant l’ordre et la tranquillité à » l'intérieur. — De l’argent? — Iai France en trouvera tou- » jours pour entamer une guerre dans le but d'adraneliir U l'Italie de la domination autrichienne; et, quoique l’opinion » publique soutienne maintenant le gouvernement dans sa dé- » termination avouée d’employer les négociations de préfé-