‹ Daniel ManinChapitre 79 sur 185 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

lionorable par ses sentiments patrioti(|ues-, la liourgeoisie aisée était d’un dévonement sans bornes. Le gonvenicment, ayant fait un appel motivé sur la détresse des Gnances, dont Eétat causait à Maniii la siHile frayeur qu’il fiU capable de ressentir', et ayant décrété un emprunt de 5 millions de livres, les quarante fitoyens les plus riches couvrirent immédiatement l’emprunt ju$qu”a concurrence de 3 millions de livres (2,5o0,000 francs), partie en numéraire, jrartic en valeurs de commerce -, ces valeurs furent escomptées par la Banque nationale (instituée le 25 juillet par le gouvernement fusioniste), qui fut autorisée b émettre pour se rembourser des billets spéciaux (19 septembre). Le peuple, sous la domination étrangère, n’a4'ait jamais voulu recevoir b aucun prix le papier-monnaie autriciiieii ; il accueillit avec transport la monnaie patriotique, ainsi qu’on nommait les nouveaux billets; il les baisait comme ehotet $ainte$ *.

Cette constance et cet accord étaient bien nécessaires. Les premières nouvelles de Paris, depuis l’acceptation de la médiation , n’étaient pas rassurantes. Tommaseo mandait , en date du 8 s<'ptembre , que les conditions n’étaient pas encore connues, mais qu’on reparlait chez les ministres français d’un royaume lombardo-vénitien , et de Venise ville banséatique ; que la Lombardie et la Vénétie ne seraient pas, dit-on, représentées directement dans les négociations. Manin réimndit qu’il fallait refuser tout ce qui serait contraire au but général de

' I-i ili^jtpnse «Vlrvait à lon.ooo livres (8S,000 fr.) par jour; la recette ordinaire ne df^iuissait pas 7.00,000 livres par mois, et l'on ne recelait pas du dehors les aecours p^nialres sur lesquels on aurait eu droit de compter.

2 Les deux millions restants furent répartis entre cent cinquante antres personnes.

l’insurrection ilalieiiiic, c’est-à-dire à la complète indépendance du territoire, et repoussa de nouveau l’idée d’une Venise réduite à ses lagunes (19 septembre).

Les agressions maritimes des Autrichiens continuaient : la reprise du blocus, déjà recommencé de fait, fut oniciellement signifiée le 18 septembre.

La marine française, de son côté, s’était enfin renl’urcéc dans les eaux de Venise. L'amiral français avait expédié, non pas toute la flotte, comme on l’avait fait espérer, mais un vaisseau cl une frégate, que rejoignit un peu plus lard un second vaisseau. Venise n’en lira pas d’abord grand avantage. La marine française ayant défense d’attaquer les Autrichiens, on eut le scandaleux spectacle de barques vénitiennes saisies par l’ennemi |H>ur ainsi dire sous le canon de nos vaisseaux (22-23 septembre).

Les Autrichiens projetèrent d’aller plus loin, et semblèrent se préparer à un grand effort par terre et par mer. Le sang bouillait à nos marins! Le commandant de la station française laissa ignorer qu’il était sans instructions |iour le cas d’une attaque par les Autrichiens : le consul, d’accord avec lui, fit courir dans Venise, à radres.se des espions autrichiens, le bruit que les Français défendraient la ville -, le branle-bas de combat s’exécutait en même temps à bord de nos navires, et le commandant de la station en personne, M. Ricaudy, avec deux bâtiments à vapeur, ÏAmodi’e et le nrasicr bariait le point du Lido le plus favorable à un débaixiucmenl.

' Lp nom du capitaine du ffrasier, M. Paasama, mérite d'ètrc assodé h celui de M. Iticaudy : ce bnivp officier partageait les sentiments et s'associa énergiquement à tous les actes de son clief.

Page 1