‹ Daniel ManinChapitre 81 sur 185 · LIVRE TROlSlt-ME · texte numérisé non relu

LIVRE TROlSlt-ME

pour l'inviter k nommer d'abord un comité chargé d'examiner la situation politique, puis un nouveau gouvernement, si elle jugeait que la dictature eût cessé d'être nécessaire.

Un incident touchant signala l'hoverturc de la séance. Sur une proposition d'allouer un traitement aux membres du gouvernement, ce qui n'avait pas eu lieu le 13 août, Manin monta 'a la tribune ; « Pour ma part , » s’écria-t-il , k tant que , » le pays sera dans la détresse, je n’accepterai pas d’appoin- » temenis; je vivrai de mes ressources tant que je le pourrai; U quand je ne pourrai plus, j'aurai recours k mes amis, mais » non k une (talric réduite a tendre la main (una patria » mendita')\ »

L’.\ssemblée répondit par une première marque de confiance, en intenertissant l'ordre du jour et en discutant tout d'abord le maintien de la dictature sur les rap|K>rts présentés par les triumvirs, sans attendre qu’un comité apportât des moyens de contrôle. Manin affirma que la situation de la cité était meilleure que lors de la proclamation de la dictature, au 13 août; qu’il y avait des vivres pour plusieurs mois; qu'il en arrivait tous les jours, malgré le, blocus, et qu’on n’avait k craindre aucuns troubles avec u ce bon peuple. » Il fallait seulement , suivant lui , se garder de céder aux impatients qui voulaient faire sortir le gouvernement de la politique expec-

terc\c » (étrangers ii Venise , avaient éloignés de U ville. Les principaux de leurs collègues furent ramenés par un entretien avec Manin, et tout s'apaisa. Il ne faudrait pas voir là des factieux ni des hommes d'une aveugle turhu* lence; le Cercle italien s'élevait contre la politique ex|)ectanle, et demandait desserties, qu'on était réellement en mesure d'opi^rer sous le ra|q>ort mili^ taire} on ne pouvait connaître au dehors les raisons âiplomatifiues qui retc> naient le gouvernement.

DANIEL MAMN.

(ante, K la seule en ce moment qui pût sauver Venise, et avec Venise, l'Italie. »

Il ne convenait pas, en effet, de reprendre l'offensive avant d’avoir reçu la réponse de la France.

Les collègues de Manin, Cavedalis et Graziani, exposi*rent ensuite la situation militaire et maritime. Le rap|»ort de Cavedalis était satisfaisant; on avait sur pied près de vingt mille hommes de troupes de ligne, dont près de qiratorze mille Vénètes et plus de six mille Lombaivis, Romains, Napolitains, etc., et quatre légions de garde nationale, avec tirailleurs et canonniers parfaitement exercés. Le commandement général était concentré dans les mains du général Pepe, admii-ablement secondé par un officier napolitain du |>lus solide caractère et de la plus haute capacité militaire , le chef d’état-major Girolamo Llloa, une de ces fortes et simples natures qui unissent ’a l’héroïsme le sang-froid et un bon sens élevé, et l'bomme le mieux fait pour s'entendre avec Manin. Tout avait été vigoureusement réorganisé au milieu des alarmes continuelles et des tentatives de l’ennemi contre les forts du côté de terre ' .

Il s’ensuivit une discussion intéressante sur l’attitude que devait prendre Venise dans les négociations. Le député Malfatti, sans nier le droit nouveau de l’unité italienne, voulait qu’on revendiquât l’ancien droit de Venise, droit contre lequel un fait brutal et inique n’avait pu acquérir la prescription. Radetzki, tout récemment, dans une adresse au gouvenie-

' Quant à la mer, le gouvernement , en ce moment mt'me, faisait de nouveaux efforts pour acheter à Gènes ou à l’étranger des bateaux h va]»eur.

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