LIVRE TROISIÈME
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U pour la pacification de l’Ilalic, il ne s'en trouve pas qui » demande que Venise cesse d'appartenir a la couronne impë- » riale, et qu’il serait conséquemment sage de la part des )i Vénitiens d’entrer en arrangement avec le gouvernement » autrichien. »
Tous les soupçons de Manin étaient confirmés et dépassés par ce terrible coup! Il envoya sur-le-champ la dépêche anglaise au ministre des affaires étrangères de France, avec la lettre suivante :
« Venue, 2» octobre 1848.
a Monsieur,
» A une lettre particulière que j’avais adressée à lord Pal- » merston, je viens dé recevoir la réponse ci-jointe. Le ministre » anglais y avoue ses intentions à l’égard de Venise avec la » plus grande franchise. Eh bien , Monsieur, je réclame de » votre loyauté une franchise semblable! Il est juste que nous • sachions si le peuple vénitien ,. qui , dès le commencement » de la révolution , a proclamé le principe républicain , qui » s’est adressé h la France et a compté sur son secours, doit « se résigner h être abandonné par elle et ne compter désor- » mais que sur son désespoir et sur la Providence. Ce n’est » pas le président de la petite République de Venise qui le » demande au ministre de la puissante République française , » c'est le citoyen qui le demande au citoyen , l’honnête homme » k l’honnête homme. »
Après cet appel suprême , il fallut rester Parme au bras dans une douloureuse attente , sinon jusqu’k ce que l’on eût la réponse de la France, du moins jusqu’k ce que l’on sût si le Piémont et la Lombardie agiraient.
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L’attente n'était pas rinertlc. La situation de Yenise était très-bonne comme défense militaire et aussi comme approvisionnement, grâce â une excellente commission annonairc formée des citoyens les |>lus honnêtes et les plus capables-, il n’y avait pour le peuple ni cherté ni pénurie de vivres; mais il y avait pour l'État grande détresse financière. I.«s seniees n'étaient assurés que jusqu'à la fin de novembre. Le triumvirat vénitien, ne recevant ni d'Italie ni de France des secours pécuniaires eflicaecs, demanda au peuple de Venise un nouvel effort pour assurer la résistance jusqu'à la fin de l'iiiver. Le sacrifice était beaucoup plus grand, les ressources, pour y satisfaire, étaient beaucoup moindres'que par le passé. L’appel fut entendu. Le 6 novembre , le conseil municipal , composé en général des plus forts contribuables, vota : 1* la garantie des deux emprunts antérieurs s'élevant enseml)le 'a a millions delivres-, 2° l’octroi d’un nouveau prêt de 12 millions de livres à faire par la ville au Gouvernement., lequel prêt serait représenté par un papier-monnaie dont un impôt foncier extraordinaire assurerait le remboursement réparti sur vingt années Le vote eut lieu à la presque unanimité (43 sur 47), sur la proposition d'un citoyen appartenant à l’opinion politique la moins avancée, M. Prioli, qui déclara qu'à Venise, « grâce à nn esprit de concorde sans exemple, tous les partis étaient supprimés; que la guerre y était bien réellement, bien exclusivement, la guerre pour l'indépendance italienne,... et qu’il làllaitXaire à la patrie ce nouveau sacrifice,, fui peut-être ne teruit pat U. dernier. » M. Priuli demandait sculemeul qu'on rappelât à ritalie que Venise, qui luttait pour le salut de tous, ne devait pas porter à elle seule cette charge tkrasaute ; et