LIVRE TROISIÈME
que le gouvornemeni vcuitien requit lcsgoaTurnemen(ssarilc, romain et toscan de partager avec Venise la garantie des emprunts contractés pour la guerre nationale, et de donner cours obligatoire dans leurs États au papier-monnaie créé dans ce but. • . . I
.Manin s’adre.ssa non-seulement aux gouvernements italiens, mais à la France, et chargea Tommaseo de tâcher d’obtenir d'elle garantie du tiers du papier vénitien.
La résolution adoptée avec un calme et une simplicité antique par le corps municipal était d’autant [ilus noble, que les nouvelles du dehors étaient mauvaises. Venise avait donné en vain , par l’attaque de Mestre, le signal du renouvellement de la lutte. La dernière place vénète, qui, en dehors de la liaulieue de Venise, eût continué de résister, le fort d’Oso|>po, en Frioul, dcTcqdu par d’intrépides volontaires, avait dû ca|Htnler le octobre '.
Excepté la Valteline, qui tenta un mouvement promptement étoufT(‘ dans le sang de scs braves montagnards , la Lombardo- Vénétie, écrasée sons le |H)ids de l’armée autrichienne, était restée inunobile; elle se fût relevée avec fureur contre la tyrannie de Radetzki, si les Piémontais eussent repassé le Tésin , en même temps que les. Vénitiens s’élancaient hors des lagunes-, mais, malgré les ardentes excitations de la tribune et de la presse piémontaises, le roi de Sardaigne ne dénonçait pas l’armistice, prorogé de semaine en semaine, et sou ministère écrivit aux triumvirs vénitiens pour les engager ’a s’abs-
* L'Aatrmblée vénitienne adopta lea veuvea et lea orphdina dea défenaenra d'OtofiKr.
DANIEL MANJN.
tenir d’hostilités (3 novembre), en leur déclarant même que, s’ils persistaient h prendre l’oITensive, la Sardaigne serait obligée de retirer sa flotte.
Toutes les anciennes accusations se renouvelèrent contre Cbarles-AII)ert , bien injustes , assurément : le roi de Sardaigne voulait et voulut la guerre jusqu’k la fin avec autant de passion qu’aucun de ses accusateurs; mais il était absolument hors d’état d’agir avec ses seules forces, dont la réorganisation demandait beaucoup de temps et de ressources, et le gouvernement français lui avait signifié que, s’il reprenait les armes au lieu de s’en remettre aux médiateurs, il n’aurait aucun secours à attendre. . ,
Le gouvernement français faisait ainsi perdre l'occasion qu'offrait l'insurrection viennoise , et les Hongrois ne secouraient point k temps cette insorrecUon, qui, livrée k ellemême, était resserrée et assiégée dans Vienne par l'armée régulière de Windischgraëtz et par les bandes croates de Jellacbich. Vienne succomba le 31 octobre.
Quelle était la pensée réelle du pouvoir en France? — Il voulait gagner du temps, en vue du dedans beaucoup plus que du dehors, attendre l'époque décisive de l'élection présidentielle , et , si le général Cavaignac était élu , ayant alors les mains libres , agir suivant les circonstances favorables qui se présenteraient pour l’Italie comme pour la France.
Sans discuter lés arguments, sans méconnaître ni la situation si difficile , ni les patriotiques intentions des hommes qui gouvernèrent la France de juin k décembre 1848, nous ne pouvons que répéter ce que nous avons dit k propos du dessein d'embarquer des troupes pour Venise. Ce fut un grand