‹ Daniel ManinChapitre 88 sur 185 · SI · texte numérisé non relu

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Il faisait allnsiou au légiste vicentin qu’il avait improvisé ambassadeur extraordinaire auprès des puissances médiatrices. 1^ race de ces anciens ambassadeurs vénitiens, dont les relations nous ont tant appris sur nos propres annales , celle forte et sage race politique n'est pas éteinte, en effet, nous avons pu le reconnaître. M. Pasini nous a rappelé maintes fois ses devanciers, dont le commerce b travers les siècles nous a été si utile : il serait intéressant de publier sa correspondance si imsitive, si précise, si serrée, si entièrement appliquée au but unique, en regard de celle de l'écrivain illustre qui, dans le même temps, représentait Venise k Paris, et dont les lettres brillent par d’autres qualités, l'observation vive, line, incisive, sévère , trop sévère parfois ! des caractères et des événements qui s’agitent autour de lui en France, le trait rapide, le coloris éclatant, les hautes facultés littéraires appliquées à suivre et à juger le drame de fa réalité. On verrait Ik le génie vénitien sous ses deux aspects.

Pasiui travaillait donc k démêler les vrais sentiments des cabinets de l’aria et de Londres. Le 18 octobre, en réponse a un très-habile et très-lumineux mémoire qu’il avait expédié a lord Palmerston , le ministre anglais lui avait écrit une lettre qui était le commentaire de sa brève réponse du 16 octobre k Manin. Le sens eu était que , si les armes italiennes eussent été plus heureuses, les médiatenrs eussent demandé l’indépendance de Venise -, qu'on a dù tenir compte des événements; que maintenant on ferait bien de transiger directement avec l'Autriche.

La première pensée de Pasini , au reçu de la lettre du 18 octobre , fut exactement la même que celle de Manin au reçu de

ïti DANIEL MANIN.

la lettre du 16. Ce fut de demander une explication catégorique au gouvernement français. Le général Cavaignac répondit qu'il se croirait déshonoré s’il consentait à un arrangement qui laissât un seul soldat autrichien au delà des Alpes ; que la France voulait proposer l'érection de la Lombarde- Vénétie en nn corps d'État complètement séparé de l’empire autrichien ; qu’elle admettrait, pour rendre le succès de la négociation possible , un prince autrichien â la tète de cet État , mais en laissant tout au plus à l'empereur une suzeraineté nominale. «Les Lombardo-Vénitiens, dit-il, maîtres de toutes leurs » ressources, pourront s’organiser pour profiter des événe- » ments futurs. »

Le général reconnaissait donc que l’c.vpédient auquel il s'était arrêté n’était qu’une trêve, préparant une nouvelle guerre.

« si l’Autriche refuse, ajouta. le général, j’obtiendrai de » l’Assemblée les moyens de faire ce qüe je juge être de l’hou- « neur et de l’intérêt de la France. »

Quelques jours après (9 novembre), le ministre Bastide déclara à l'Assemblée nationale que ce n’était pas entre l’empereur d’Autriche et le roi de Sardaigne , mais entre les peuples de la Haute Italie et l'empereur d'Autriche que la médiation avait lieu : ce qui -mettait Venise sur le même rang que le Piémont. Il affirma que l’Angleterre prêterait k la France son concours ferme et loyal.

Fort de cette déclaration , l’acte le plus décidé qu’eiU encore fait le gouvernement français , Pasini écrivit , le 9 novembre., k lord Palmerston une grande et belle dépêche, où il exjwsait, avec élévation et profondeur, tous les motifs pour lesquels

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