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Muulaiielli et Gucrrazzi élaieul arrivés au ministère, en Toscane, par une transaction que subissait le grand-duc. A Rome, la Révolution avait pris un caractère plus tragiquel Le ministre Rossi, médiateur altier de piinci|>es et de passions inconciliables, en butte aux haines également cxasjHTécs des révolutionnaires et des jésuites, des amis du Piémont et des complices de l'Autriche, venait de tomber martyr d'une œuvre impossible, la conciliation de l'ordre légal mo<lcrne avec la théocratie (15 novembre). L’attentat qui l'immola, si odieux eu lui-même, fut, |>ar ses couséqucuccs , une vraie calamité nationale pour l'Italie. Il sembla im|H)ser 'a la Révolution romaine, qui éclata le lendemaiu, le cachet du crime, en fit méconnaître à l'étranger les causes sérieuses et profondes, qui remontaient à l'encycliquc du 29 avril et non au coup de poignard du 15 novembre, et prépara les funestes événements de l'année suivante.
Pie IX, après avoir cédé en apparence b l'insurrection, s'était échappé de Rome (25 novembre) et réfugié, non |>oint en France, où le gouvernement lui offrait un asile, mais chez le roi de Naples, chez le déserteur de la cause italienne et l'ami de l'Autriche. Ce fut une heure d’immense déchirement chez bien des âmes pieuses et naïves qui avaient révé la régénération de l'Italie et de la clirétienté sous l’étendard d’un pontife libérateur. Il y eu eut de brisées |M>ur toujours eu. ce monde. D'autres, abandonnées de leur guide, ne s'abandonnè-rent pas elles-mêmes et en appelèrent du pape à Dieu et à la conscience humaine. Lorsque les volontaires romains quittèrent Venise pour retourner partager les nouvelles destinées de leur patrie (G décembre), leur aumônier, l'intrépide et
DANIEL MAMN.
iIcYOué Ugo Bassi , qui avait tant de fois cnflamnid par scs prédications l'enthousiasme de l'armée vénitienne, et, dans les combats, bravé la mort sans la donner, fit h Manin les plus touchants adieux. Cet homme excellent, qui avait besoin d'un modèle k vénérer et k suivre, substituant dans son cœur k Pie IX le héros de Venise, partit en baisant la pierre sur laquelle, suivant l'usage vénitien , le nom de Manin était gravé devant sa porte. « Après Dieu et l'Italie, avant Pie IX, » Manin! » écrivait-il.
Ils ne se revirent plus : le dictateur devait mourir dans l’exil ; le prêtre sous les tortures des bourreaux autrichiens.
La politique de Manin fut et devait être d'accepter la solidarité de tout mouvement national en répudiant celle de tout excès; son fidèle et habile auxiliaire Pasini essaya, non sans succM's, de tirer parti, au|>rès du gouvernement anglais, des tempêtes de l’Italie centrale ; il rappela k lord Palmcrston qu'il lui avait prédit que la Révolution italienne tournerait aux partis extrêmes et aux violences désespérées, si les puissances médiatrices ne se hâtaient d’intervenir contre l'étranger en faveur de la liberté régulière-, et, en même temps, il expliquait la situation et défendait la cause des Romains k Paris et k Londres.
Quelques démonstrations du cabinet britannique confirmaient en cc moment Manin dans son opinion sur la malveillance de l’Angleterre Lord Palmerston lui avait adressé des remontrances contre la sortie de .Mestre , contre la formation d’une légion hongroise ' , contre le nouvel emprunt de douze
' Le 9 décembre, on 6t succéder X U formaUon de U légion hongroise celle d'une légion istro-dalnate.