‹ Daniel ManinChapitre 93 sur 185 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

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comme on disait, ni même entre le régime coiistitutioiniel et la république, mais entre les principes de droit et de nationalité et le despotisme et la conquête étrangère.

Le courant venu des campagnes s’était manifeste par l’élcctiou du président au 10 décembre} le courant réacteur se mauifesla par les élections de l'Assemblée législative au printemps de 1849 et par la majorité qui eu sortit et qui se passionna d'autant plus qu'elle eut en face d’elle une nombreuse et ardente minorité révolutionnaire.

Rien ne pouvait être plus fatal pour l’Iialic que l’état des esprits qui aboutit chez nous au.\ élections de 1819. Mais, dans les premiers temps qui suivirent la chute de l'administration du général Cavaignac, l'Italie put encore garder des illusions sur la marebe des choses en France. Quelle serait l’attitude du nouveau pouvoir exécutif? Que voudrait-il? que. pourrait-il? Manin, replongé dans l’incertitude, envoya a l’élu du 10 décembre une adresse émouvante où il le conjurait d’accomplir les promesses de la France pour le complet affranchissement de l'Italie, et lui disait qu'il était appelé par la Providence à reconstituer la nationalité de la patrie originaire de sa famille (29 décembre).

Les premières dépêches des envoyés vénitiens, depuis le 10 décembre, ne furent pas défavorables. « J'ai dit an Prési- » dent, » écrivait Tommaseo, le 25 décembre, » qu'un Bona- » parte était certainement appelé par la Providence. .. . ù réparer » Lampo-F'ormio.... Celte proposition ne l'offensa pas, et il fit » naéme un signe d'assentiment »

' Dans d'autres d^ptehrs encore , les agents vt’nitiens paraissent croire le Président plus favorabte à l'Italie que ses ministres.

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Celte lettre (le Tommaseo se croisa avec une dt'péclie de Manin k Pasini, où Manin montrait combien était décisive l’expérience qui venait de se faire par six mois de restauration auttichienne en Lombardo-Vénétie , et annonçait le bouleversement général comme conséquence de cette iniquité , si les grandes puissances continuaient ’a la tolérer. « De) flots de » Sang, (C immense) calamités seront le résultat de la politique qu’on y> voudrait suivre encore aujourd’hui à Cavantage supposé de CAu- M triche, et celle-ci, en définitive, aura eu la misérable gloire tten- » traîner toute l'Europe dans l’ablme que ses fautes insensées et » cruelles avaient préparé pour elle seule » (3 janvier 1849).

Devant l'avenir sombre et impénétrable, devant la probabilité de plus terribles sacrifices, Manin avait cru devoir raviver son indispensable puissance en faisant renouveler encore nne fois son mandat et son appui légal. A la |>lace de l’assemblée- élue en juin, pour un autre objet et dans de tout autres circonstances, le Triumvirat avait décrété pour le 20 janvier l'élection d'une assemblée permanente choisie par le suffrage universel direct et munie de [louvoirs illimités pour six mois (24 décembre 1848). Le Gouvernement, chose remarquable, s’adressa aux curés pour qu’ils fissent comprendre k leurs paroissiens le devoir sacré d’user de leur droit civique. Chez ce peuple, k la fois très-attaché a scs traditions religieuses et très- indépendant de la papauté, l’ancien gouvernement aristocratique avait préservé le clergé de l'invasion des maximes ultramontaines, et, si 'Venise eut ' peu k se louer de son patriarche , homme faible et vacillant au veut de la fortune , le bas clergé resta en majorité patriote après que Pie IX eut abandonné la cause de la patrie.

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