‹ Daniel (volume 2)Chapitre 4 sur 18 · I-a mère leva les veux au ciel , et s'écria · texte numérisé non relu

I-a mère leva les veux au ciel , et s'écria

Malédiction à ceux tpii liahisscnt la loi jurée.

Malédiction à la fille qui désobéit à sa mère!

I.a jeune iille pleura; cependant elle suivit I.e voya;][eur (pii lui avait dit de belles paroles.

Mais la \ioillc I avail inaiidile, l*;t la misère tomba sur eux , A>ec son compère le regret, El sa commère la douleur.

Maintenant ils se repentent ; lis voudraient obtenir leur pardon.

Mais le diable rit de leurs larmes , I.es anges dctourneot la tête , La vieille mère les maudit .

Kl la jeune lenuno pleure quand elle entend ohan-

fier :

Au jardin de mon père

11 y a\ait une jeune fille ;

Celle jeune lille avait le \isa{;e blanc.

Ses yeux étaient bleus comme le ciel

Quand elle dénouait ses cbeveux,

Klle ressemblait à un saide au bord de l'eau.

— Ail nom «lu «tiel! <laniti SiegbriJ, s'écria Rynghaut, sur lequel celle l>all;i(le semblait produite l<>s doulonreux sym|>lômos déerils ((■ms ]os derniers roiiplrls, nu îiom du eiol !

n'auiez-vous jamais ni tendresse, ni pardon dans voire cœur?

La vieille pour toule réponse, répéta le dernier couplet de la ciianson :

Maintenaut ils se rcponlent ; lis voudraient obtenir leur pardon- Mais le diable rit de leurs larmo<.

Les anges délournenl la tète, La vieille mère les maudit, Kt la jeune femme pleure quand elle entend chaa-

[ter.

— Si vous n'avez point de miséricorde pour \olrc fille et pour moi, du moins vous ne resterez pas dure et insensible pour celle pauvre petite créature innocente. Regardez - la, et vous sentirez mollir votre colère; rcgardcz-la, et il vous viendra des paroles de pardon sur les lèvres.

los —

!i se i-elouriia pour iiiontrei- la jjclilr Duy- \(*cke à la \irillo iemnic, mais colle-ci s'élail jelée au plus épais de la foule et avait disparu, liyuglmul entendit seulement, au loin, le chant de fausset de la vindicative créature; elle répétait sur les notes les plus aiguës de sa voix perçante.

Mais le (liablii rit de leurs larmes, Les anges détoiirneut la tête, La vieille mère les maudit.

Il ne fallut rien moins que la vue du cortège qui s'offrit tout à coiq) à ses regards pour rendre un peu de calme au pauvre Ryngliaut, et le distraire de la fàclieuse impression qu'avait produite sur lui colle sinistre rencontre.

Les iiisUM'iens du temps ont conservé le programme ilc la lèle, renoiiveléf, deux cents

{(Ml —

.ms après, avec 1res peu di; changemohts, au mois (le juin 1767, pour le jubilé de sept cents ans de saint Macaire (1).

4 Sainl-Maeairo ost mort à Gand, qui la pris pour son patron. Voici counnont l.i léjjendo raconio la mort du bienhoureux :

« Il rc'gnait dans ce. temps une maladie pestilentielle si crnelle , qu'a peine les vivants suffisaient à enterrer les t\iorts. Il fut ordonne (ju'on jeûnerait pendant trois jours et qu'on donnerait partout des marques publiques de répenlancp : il est inexprimable avec quelle dévotion saint Maraire pria Diou pour le peuple , et combien il assista les mourants dans cotte affliction; mais, pendant qu'il fut si vivement occupé pour leur salut et conservation , il fut visité à son tour par le Seigneur. Doué de l'esprit de prophétie, il assui'a qu'après lui troisième il ne périrait plus personne de cette maladie contagieuse; il choisit le lieu de son tombeau dans la chapelle de la vierge , devant l'autel de saint Paul. Le troisième jour de jeûne et de prières étant arrivé, on porta en procession les reliques des saints : on soupira et on pria Dieu, alin qu'il voulût détourner sa ce- 1ère et ne pa< l'xtenninor lo petiple : Dion montra sa clé-

Uingîiaul se irouvail placé de manièn* ;\ voir la procession d'abord par sa partie pos-

inence , ému par les pleurs el les piières coiiliiiuelles du saint évêque.

« Peu d'heures avant sa mort, il s'est levé ( non sans un miracle spécial), et il s est montré amicalement à table parmi les religieux, et, après leur avoir donné la dernière bénédiction, il s'est retiré à sa cellule, où , les yeux toarnés vers le ciel, il recommanda son âme à son créateur, et dans le moment il expira en leur présence. Sa mort eut encore ceci de remarquable, que, suivant ses prophéties, la peste qui dévorait tout cessa tout d'un coup. Il fut enterré, selon ses désirs, dans l'endroit qu'il avait désigné , en Tan •^0^2, le ^0 d'avril. Ce saint homme éclata tellement après sa mort par divers miracles , que le peuple le considéra dès ce moment pour un grand saint, et l'invoqua pour sou patron, par l'intercession duquel il a été plusieurs fois conservé et délivré. L'idée de sa sainteté s'est tellement répandue et conservée parmi les habitants, qu'eu Inn lf>(>7, cinquante ans après sa mort, son tombeau fut ouvert par Baudouin, évêquo de Tournai el de Noyon, assisté par Liberl, évêque de Cambrai et d'Arras, en présence de Reaudouin V, comte de Flandre, s4»m lîls Baudouin VI. el de Icui;» femineti res-

térieun;; poui- l'admirer dans tout son enseiii blo, il tint la remonter, comme une nacelle

peclivcs, Adèle de France et Uictiilde, ainsi que du roi de France Philippe l'"", a\ec la noblesse, indépendamment des abbés de Saint-Bavon , Seiger, et de Saint-Pierre, Everlin, accompagnés d'une multitude innombrable de peuple.

» Il a plu au Tout-Puissant de faire paraître, pendant celle ouverture, par un miracle évident, à la vue des princes, évêques, prélats et autres personnes dénommées, la sainteté de Macaire, qui , depuis cette époque jusqu'à ce jour , est constamment demeuré dans la plus grande vénération, et toujours invoqué comme un protecteur assuré dans les maladies contagieuses, dont on a éprouvé de temps en temps, selon les occurences, des secours efficaces.

» La réputation de sa sainteté et son appui admirable se sont tellement répandus dans la Flandre, que plusieurs villes et villages ont fait toutes les instances possibles afin d'obtenir, par la libéralité des évêques et du chapitre de Saint-Bavon, quelques reliques de ce grand saint; elles furent généreusement accordées, et elles sont jusqu'à ce jour l'objet de la plus grande dévotion. Ces endroits ont aussi éprouvé quelquefois l'intercession puissante de saint Macaire, et bien parliculitrement la ville de Mous , lorsqu'cn ^6^5^

reinonlo un fleuve. Nous suivrons lionc, clans noire description, la manière dont chaque objet s'ofTril aux yeux du poète. Des hommes d'armes, leurs trompes et leur drapeau en iôle, fermaient la marche par un très brillant groupe. Après quoi on voyait un paon de taille gigantesque, porté par des hommes cachés sous un rideau et qu'on n'apercevait pas, de manière à laisser croire que le piédestal qui le supportait marchait par enchante-

sous la domination des archiducs Albert ol Isabelle, la pesiR V musait un ravage terrible . elle cessa tout d'un coup à rapproche des reliques, que la ville de Gand avait envoyées, et à quel effet le magistrat do Mons lui a fait prôsoiit, avec beaucoup de reconnaissance , d'une chasse «l'argent (^ dans laquelle elles reposent encore actuellement), en v ajoutant un acte solennel qui (onfunie les bienfaits qu il a reçus par l'intercession du inrme saint. (Voyez la Lrçftndt drx Saints, Schaltemau, Sanderus, et les Acles des Saints , inq)rinu'ii à \nvers. sur la \ie de saint Macaiie. etc.

mont. Co pion, inoiUé par une jeune lille (!<*. granile hcaulé, faisait la roue, jouait du bec et remuait les pattes, comme s'il eût été en vie. Des rouages placés dans l'intérieur lui donnaient ces mouvements. Ensuite on admirait un char qui représentait la destruction de l'idolntrir; la religion se tenait assise à la partie la plus élevée, protégeant un évèque qui |)riait à ses pieds, tandis qu'un prêtre des faux dieux tombait comme foudroyé. Quatre chevaux traînaient ce char, dû à la libéralité du métier des charpentiers^ le paon avait été offert par les étainiers et les plombiers. Le dieu lupin, monté sur un aigle, marchait à la suite. Autour (lu Dieu flottait une large draperie rouge brodée d'or. Le vent la déployait dans les airs, et se jouait flans ses plis frémissans. Le colosse du roi des immortels, la tête ceinte T. II. s

il-i —

<l«' la coiiraiine, s\ mbole do son aiilorité, frun çait le soureil of agitait légèrement la tête , pour justifier la belle expression île Virgile : Toliim muu Tremejecit Olympum. Sa main ba-^ lançait les foudres célestes et semblait prête à les laneor sur la foule, qui se reculait macliintdement et comme si Jupin n'eût point été un manncijuiu. Quant, à l'aigle , il semblait glorieux de sa charge divine. Ses yeux , mus de même cpie ceux du paon par un mécanisme invisible, roulaient d'un aii' de menace, et son bec s'ouvrait et se fermait comme s'il eût été impatient de carnage. Le corps de cet oiseau était couvert de vraies plumes d'aigle, que l'on avait fait venir à grands frais du pajs du Nonî, et particulièrement des raoDlognosdu Caucase. Hébé, couchée près de Jupin, lui présentait une coupe plemc de nectar. Devant Jupiter, Vidcain prenait rang. Ix;

flieu (Jii Icn jiaraissail nionlé siii- lo sommel d'une grotte, dans laquelle deux cyclopes battaient \o fer à grands coups de marteau. Sa belle épouse Vénus, fille de la mer , se tenait à ses pieds avec le petit dieu Cupidon. Deux colombes vivantes et privées battaient des ailes. Le dieu delà poésie, Apollon s'élevait au milieu des nuages. Devant Apollon, marcliail ou plutôt naviguait à pleines voiles un bâtiment de mer aux trois mats pavoises des couleurs des Pays-Bas. A côté se balançaient de petites chaloupes montées chacune par un jeune gars hardi, adroit et jovial. Le char de •lupiler était aux brasseurs, celui d'Apollon était aux armuriers; le navire devait son exécution aux bateliers, et le mont de Vulcain aux maréchaux-ferranls. Un fou, armé d'un bâton terminé par une vessie gonflée d'air, jouail drument sur toutes les têtes, chaperonnét^ ou

Aon. PII gîniibndanl dorrière le croccnlilo des hlamhisscîirs. Grimpée sur un rocher, la terrible bêfc égyplienne reconnaissait pour maître nn véritable noir d'Afrique, qui se trouvait par liasar(i dans la ville. Ses petites paupières noires, de gros yeux blancs, lui donnaient les apparences d'un démon. L'Amérique, assise sous un palmier, les pieds sur un crocodile, regardait avec calme un loup cervier vivant qui semblait se débattre pour arriver jusqu'à elle et la dévorer. Deux sauvages, homme et femme, montraient, l'une une masse terrible, l'autre des colliers d'or. Autourdo ce char, on^ parlait avec admiration de la nouvelle partie du njonde que Christophe Colomb venait de découvrir, et dans laquelle, disait on, l'or poussait naturellement comme autre part les gazons, les arbres et les plantes. On ajoutait même que «'ertaines ri-

\î«';rc'S,au lieu d'eau. a\aieiil il<' l'or li<|uiik* (jui so durcissait à l'air et se trouvait aussi pur <jue j)ossible. L'Asie, vétuo des plus i)elles el (les plus fines étoffes (!<^ laine, nionlaii lièremeut un dromadaire véritable. Cet animal , que l'on ne voyait guère en Europe au seizième siècle, se levait el s'agenouillait avec une docilité merveilleuse, à la giande salisi'aclion de ceux qui passaient. L-n petit Chinois était appuyé sur une caisse (ie thé toute bariolée des signes bizarres qui servent de earaclèrcs d'écriture en ce pays. A ses pieds , dciix fées indiennes puisaient dans un coUrc des perles et des diamants.

An crocodile, les/; ip'wrs opposaient un ours. Malgré la nature malfaisanie attribuée à cet animal, sa préseiice n'en étail pas snoiiis sajin-e par les (••is joyeuv des }r','!i(s eiiTanls , et

— lis -

il it ctail poini (ic uièic (jiii n (Heiidit son l;i-' hlior \«iis ies (U'.ux lioiumcs placés à coté (ie lu grosse bèlc \('!m;. In de ces hommes, Mionlé sur iiii nrhre , une grande épée à h\ uiiiin, {>i('iiai[, dans le tronc, des rayons de miel et le» dislribuail autour de lui. F^our apaiser la soif causée piw cette pàtc sucrée et roiiaussée en yoùt, Bacclius et ses tonneaux étaient nécessain's. liacchus marchait donc avec un tigre à ses pieds. On devait ce char aux marcliamis de v'm. Devant le dieu du vin, comme pour lui rendre hommage et se déclarer ses sujets, venaient les quatre parties du monde. L'Afrifjue , le iront couronné d'une tête d'éléphant avec ses larges oreilles et sa trompe étrange, présentait une magnilique corne d'abondance toute remplie de dragées, et ne se Taisait point i'aule de la renverser sur toutes ies tètes «le l' immense foule qui l'eu-

toiiijni, rai' ccllo coino se t'emplissait (J'(îllemônie.Un lion, accroupi surses pieds, la regar- «i:»il fiôreinenl: deux femmes noires agitaient, ;i tour do rôle, des ('ventails de plumes devant l'Afrique. Le populaire s'égayait fort de ce qui lui semblait une bonne plaisanterie, attendu (jue la saison nélail pas des plus chaudes, et qu'une bonne pelisse de fourrure serait venue plus a propos que de l'air frais pour les épaules demi-nues de l'allégorique personnage, f'n nain fiifforme, né en Afrique et prèle par rarcliiduchecse Jeanne, sa maîtresse, marchait un guidon à la main, tournait dans les fleurs les plus belles et les plus rares, cju'il oiïrait avec une grâce parfaite, a chaque halle du cortège. L'Europe, symbolisée à la manière des Grecs, était montée sur un taureau blanc et entourée de nym-

()tK's |)orluiil h Iuh'kiikmIl's jeunes lilles (te 1;» IMiénîcie, I/aiiiom- la regunjail en souriant, el un jielil géiiie caressait un agneau, symbole de la candeur et de l'innocence. Des soldais armés «le pied en ca(), la liallebaide a la main, veillaient lièrenient sur la jeune fille, couronnée d'étoiles. On devait ce char aux tanneurs. Les cordonniers avait un éléphant mécanique, et les cliapeliers, un castor.

Il y avait en tout \ingt-(pi;itrc chars et animaux, tous [)lus riches, |»lus curieux, [)lus dignes d'admiration les uns (jue les autres. Entre <.-hacunc de ces représentations, piaffaient des cavalcades, enseignes déployées; des personnages velus de costumes alligorii^jucs, dc^ corjts 'Iv musiciens (h' di\erses cor-

puraliuiis , a\LC leurs iinirornios de couleurs dirféreriles. LJn biuit immense et majestueux s'élevait jusqu'au ciel et causait un ^é^iluble enivrement aux spectateurs , sans compter que les cloclies des diverses églises de la ville mêlaient leurs \o\\ sonores et imjjosantes à l'agiiation et au tumulte général. Les Tous de chaque serment ou conq);jgnie allaient et venaient dans la foule, agitaient les sonnettes (le leurs marottes, embi'assaient les jeunes filles, jetaient de la farine aux passants, échangeaient des quolibets , et recevaient , en échange de leurs bonnes grosses plaisanteries, des éclats de rire et de larges verres de bière qu'on leur apportait avec empressement et que leur tondait chaque main. Certes, nos spectacles les plus pompeux resteraient faibles et incomplets lîevanl une pareille, "splendeur !

— ['ri —

On n'avnil point dépensé moins dnii million (le noire monnaie actnelle pour célébrer dignement ecll<' journée.

If.

CATASTROPnt:.

Âii(Jré Ryiigliaul, eii face de ses idées si niagniliquenient exécutées, et tout entier à sa joie d'auteur , oubliait qu'un autre recueillait la gloire de son œuvre. Perdu dans la fouie, il sentait sou cccur battre avec impé-

Juosilé. Une nnigoui- généreuso colorait son visage, el il donnait des bravos aux acteurs <!e la procession (jui s'acquittaient le mieux de leur rôle. Tandis qu'il se livrait à son enthousiasme et à ses transports, tout-à-coup la Coule devint si conq^acte et le pressa telleiiK'iil, qu'il faillit éloufï'er. Il résista le mieux (ju'il put à CCS vagues vivantes, et s'efforça de s'tn retirer, car non-seulenienl un péiil réel le menaçait, mais encore pouvait atteindre sa jx'tile nil(\ Il joua «lonc des coudes et des pieds pour sortir de la mêlée; ses elVorts ne lui valui enl que les injures et les poussées de ceux <pii IViilonraieiU. lîientùl ses pieds perdirent lerre. llalelaiil, éperdu il (i;l rejeté au plus fort d» s spectateurs. Tout-à-coup, jugez (!c son effroi, il senlit la pelite Duyveckc, qu'il ti'uail au-dessus de sa lèle, de UKUUcre à la garaniir dcscaiiols -îont il «'lail \ielime, il

Sciitil, «lis-jc, l'enHuit s'rcliap|jf!r de ses mains. Au désespoir, il voulut la ressaisir, mais la foule l'entraîna;! vingt pas de là, puis à l'aulre bout de la place. A ia lin, il perdit connaissanee et tomba. Ouaiid il sortit de son évanouissement, il se vil entouré de personnes inconnues qui lui donnaient des soins. D'abord il crut faire un mauvais rêve, et ne se rappela rien de ee qui s'était passé; mais bientôt, liélas! la pensée et le souvenir lui furent rendus.

— Ma iille! s'éeria-t-il , Duyveeke , mou enfant!

Personne ne lui répondit, ear personne n'avait vu ia petite fille.

— Mon enfant! je veux mon enfant !

il s'nnaclia des bras de ceux «jui l'enloiiraient, et, quoiqu'il fût nuit close et que Ir couvre-feu commençât à sonner, il courut sur la place dn Vendredi, à l'endroit où il avait perdu sa fdie. La place était aussi déserte que naguère elle regorgeait de foule. Duyvecke ne se trouvait nulle part.

L'infortunée continua à errer dans la ville, visita chacune des rues dans lesquelles il avait passé et s'informa partout de sa fille. Il lui fallut revenir au logis seul, sans l'enfant qu'une mère éperdue allait lui demander!

Marguerite , dont l'inquiétude s'était enjparée depuis longtemps, épiait à la fenêtre le retour de son mari et de sa fille. Quand ollr le vit seul , elle poussa un cri d'effroi :

— Ma lille I ma lille 1

André cacha sou visage dans ses deu% mains, et ne répondit que prTr des sanglots.

- — Ma fdle! reprit la pauvre mère, Oli I ma fille qu'en as-tu fait ?

— Penlue ! perdue! balbutia le malheureux père.

— Perdue I cela n'est point vrai! cela ne peut être. Tu l'as mal cherchée! Tu ne l'as demandée à personne! Perdue! mon enfant.; ma fdle! Allons, viens, André, il faut aller frapper à toutes les portes; il faut crier partout : Rendez-nous notre enfant!

-^ Rentrez chez vous, dame Marguerite ^

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