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à congédier, sans retard, tous ses protégés (1). Ils étaient nombreux, car à la suite des dernières persécutions :
Des villes et villages du plat pays tout s'enfuit à Montargis, où plusieurs avoient esté conservés dès les premières guerres sous . la faveur de la duchesse, laquelle estant de sang royal, apparentée à ceux de Guise, avoit un privilège particulier. Elle et ses ministres blasmoyent ceux qui portaient les armes, en termes qui les rendirent ennemis, elle et le prince de Condé ; et ceste querelle donnoit couverture au respect qu’on lui portoit. Mais ce dernier amas esmeut les prescheurs de Paris, et eux le Roi, à la contraindre de chasser quatre cent soixante personnes, les deux tiers de femmes et d'enfants portés au col. Cette princesse, fondant en larmes. dit à Malicorne qui lui avoit apporté ceste rude nouvelle, que, si elle avoit au menton ce que lui portoit, elle le feroit mourir de ses mains, comme messager de mort. Elle fournit ce peuple de cent cinquante grandes charettes, huict coches, et d’un grand nombre de chevaux (2).
Toussain se joignit à cette foule avec sa femme et ses trois jeunes enfants, et partit, lui aussi, pour Sancerre. On se dirigea vers la Loire dans le dessein de la traverser, soit à Cosne, où se trouvait un gué très connu, soit seulement à Sancerre. Avant d’avoir atteint la vailée, les difficultés et les dangers surgirent insurmontables; sur ce chemin de l'exil, l'ennemi apparaissait toujours cruel et menaçant : on avait fait sortir ce pauvre troupeau .de peuple de son asile de Montargis, mais c'était pour aller l’attendre au détour de la route, le massacrer et l'outrager. L'envoyé du roi, Malicorne,
(1) Rodocanachi, Renée de France, p. 457 ss. et 463; Bulletin, tume
XXXVIII, p. 173 ss.
(2 Histoire universelle, tome IL, p. 87. — Paul Toussain dit : 2 + 4) chariots. Vitae obitus D. T. narratio, p. 14.