PS GARE
Ses idées nettes et claires, exemptes des subtilités des docteurs wurtembergeois, son calvinisme franchement avoué, son tempérament ardent, son attitude belliqueuse, recommandaient Daniel Toussain, mais aussiintimidaient un peu ces populations calmes et tranquilles ; si l'on s’attacha à lui et si l’on voulut se l’attacher, ce fut moins comme théologien que comme avocat de l’indépendance, car nous pensons que la population de Montbéliard (qui seule comptait) guerroyait moins par conviction religieuse, ave le sentiment de la supériorité d'une doctrine sur l'autre, que par esprit d'indépendance et pour s'assurer le maintien et le bénéfice des libertés une fois accordées, et qu'on cherchait à lui restreindre. Les uns luttaient pour des intérêts, qui fussent restés mesquins s'il ne se fût agi de la liberté de conscience; mais les envisageaient-ils ainsi ? L'autre.luttait pour ses idées; les princes étaient accoutumés aux réclamations de la municipalité montbéliardaise ; mais beaucoup moins à entendre une voix libre s'élever et s'opposer ouvertement à leurs desseins. Par là Daniel Toussain se trouvait être en évidence, mais aussi de bonne heure il devint suspect. Daniel Toussain devait être arrivé à Montbéliard au commencement de septembre 1570. I1se mit sans doute aussitôt en devoir d'aider son père, en particulier dans la prédication. Ilétait d'autant mieux accueilli qu'il plaisait davantage ; aussi, le 23 septembre, les Neuf-Bourgeois Jurés adressèrent-ils une requête (1) au Conseil «aux fins de nommer Daniel Tossainct à la charge de ministre de Montbéliard pour le soulagement de son père, qui dessert l'Eglise depuis plus de trente-quatre
(1) Voir Appendice, [.