‹ Daniel ToussainChapitre 21 sur 33 · EM UE · texte numérisé non relu

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portaient patiemment, bénissant Dieu d’avoir cet honneur de souffrir quelque chose pour Jésus-Christ (1). »

Tout à coup, cependant, cette foule parut s'apaiser et vouloir oublier ses vieilles haines et ses rancunes. Les protestants d'Orléans, comme ceux du reste du royaume, se laissèrent abuser sur le sens des faveurs que la cour accordait à leur parti et surtout à ses chefs, témoin cette lettre

de Toussain à la duchesse de Ferrare :

A Mapawe La DUCHESSE DE FERRARE.

Madame, je crois que Vostre Excellence entend journellement les fascheries qu'on fait à ceux qui, d'Orléans, viennent icy pour ouir la parole de Dieu. Ce qui m'a empesché d’aultant même que je suis seul, de faire le voyage jusques à maintenant, car si par les assiduèles occupations le moien ne m'en eust esté retranché, je n’eusse tant mis à aller à Montargis pour me représenter devant Vostre Excellence, puisqu'elle me fait cest honneur de le désirer et me le commander. Surtout ai-je grand regret de n'avoir peu visiter Vostre Excellence, lorsqu'elle estoit indisposée, pour ce qu'en ce mesme temps je fus saisi d’une cholique qui me resserrast quelques jours à la maison. Maintenant, il nous semble que le Seigneur nostre Dieu nous regarde d'un meilleur œil, et veult sur ce printemps faire reverdir l’estat de nostre Eglise, qui étoit comme tout mort. Car il a pleu à la Majesté de nostre roi faire tant de commaudemens et si exprès à ceulx d'Orléans, de nous laisser paisiblement en ce licu jouir de l’exercice de nostre religion, que ce peuple tant séditieux commence un peu à s’apprivoiser, de sorte que nous avons fait la Cène par deux dimanches en bien grande compagnie, et espère que désormais les lundis je pourray quelquefois aller à Montargis pour vous rendre le très humble service que je vous dois, priant ce grand Dieu, Madame,

(1) Préface.

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