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Doit-on rester dans le sein de cette Eglise romaine? Non, répond encore Toussain. En se séparant d'elle, on ne se sépare pas pour quelque défaut de vie ou de conversation de quelques-uns; mais on se sépare du pape et du siège de Rome, qui ont falsifié l'Evangile; on se sépare d'un clergé corrompu qui constilue l'Eglise et la corrompt par ses moines prêcheurs et ses docteurs de la papauté; on ne peut se séparer d'esprit seulement du mal et de l'erreur.
L'auteur termine en affirmant que tout ministre est examiné sur ses mœurs et sa doctrine, ce qui garantit la valeur du ministère protestant; que les disputes sont évitées le plus possible, et que, souvent, elles sont suscitées par quelque docteur ou quelque brouillon et non par l'Eglise.
Telles sont les principales idées développées dans le cours de cet ouvrage. On le voit, la théologie de l’auteur est celle de l’époque, mais elle porte pourtant un cachet personnel. Daniel Toussain a su la rendre intéressante et vivante ; malgré des longeurs et des répétitions, il présente les choses sous un jour nouveau, dans une frappante lumière; il a des
. saillies heureuses et des images bien choisies ; son style est net et clair ; il manie très adroitement cette vieille langue francaise, qui possédait des termes si propres et si éner-
giques que l’on en regrette souvent la disparition. À côté d'une profonde conviction, on sent une étonnante érudition et, en particulier, une connaissance très étendue des Pères, qu'il aime à citer à toute occasion.
Nous ne pouvons juger Daniel Toussain d'après ce que nous avons rapporté de lui; il serait trop facile d'incriminer un pareil jugement. Disons pourtant, que Daniel Toussain nous est apparu comme un caractère forte-
ment trempé, un homme d'énergie et de volonté, aux fortes convictions, au dévouement inépuisable et surtout d'une grande activité. En toute occasion nous le voyons ne jamais se départir de la ligne de conduite qu'il s’est tracée. Il eut la faiblesse et les défauts de son temps, mais il sut aussi en conserver les qualités : la constance et la foi. Il savait, grâce à sa force morale personnelle, être quelqu'un et exercer une influence. Nous n’en ferons ni un héros ni un génie hors ligne; il n’y à rien en lui qui le fasse placer au premier rang, mais il n'en est pas moins sympathique pour autant. Il est plus près de nous par ses vertus comme par ses faiblesses; son commerce est d'autant plus profitable qu'il laisse entière notre liberté de jugement, que son exemple reste plus à notre portée, qu'il nous éblouit moins.
TOOTRRET