REQUÊTE DES NEUF BOURGEOIS JURÉS
Nos honorez souverains seigneurs du Conseil de Montbéliard
Supplient les neufs bourgeois jurez dudit Montbéliard, vos humbles serviteurs, tant en leurs noms qu’au nom de toute la ville, bourgeois et habitans de Montbéliard, qu'il plaise à voz seigneuries en considération de l’ancien eage et disposition de la personne de messire Pierre Tossainct, leur pasteur et superintendant de l'Eglise dudit lieu et la grande nécessité qu'il y à de porveoir la dite Eglise d'ung homme capable pour le service d’icelle, non seullement pour le soulagement dudit Pierre, ayant par si longue
espace de temps comme de trente-quatre ans et plus, faict
(1) I-VII, Archives nationales. Fonds Montbéliard, K. 2186.
tout son debvoir en sa dite charge, mais aussy pour raison qu'il est très expédient, comme voz seigneuries bien scavent qu'il y ait tousjours personnages suffisans à substenir le. grand labeur de la dite charge, messieurs, en ung tel lieu, fréquenté par tel nombre d'estrangers passans et repassans ordinairement par ladite ville et où il convienst estre souventes fois empesché en beaucoup d'affaires de l'Eglise, à ces raisons et aultres que voz seigneuries peuvent mieuzx considérer, il vous plaise establir pour pasteur et ministre de ladite Eglise, messire Daniel Tossainct, fils dudit messire Pierre Tossainct, pour ayder et soulager son dit père, attendu les grands, excellents et admirables dons qu’il a receu de Dieu pour soubstenir telle charge, et qu'il est natif et bourgeois de ladite ville ayant déjà serement naturel à notre très redoubté prince et seigneur et à sa patrie, oultre les autres particulières inclinations qu'il peut avoir, tant à l'endroict de la dite seigneurie et des fidèles serviteurs. d'icelle, que de la dite ville et plusieurs borgeois d'icelle. Et ce faisant, lesdits supplians espèrent et se confient, voires se tiennent pour bien asseurez, que le tout redondera à la gloire de Dieu, honneur de nostre dit redoubté prince et seigneur, et au bien et advancement de toute ladite Eglise et république, laquelle ensemble desdits supplians seront pour ce tant plus tenus de prier le souverain créateur, comme ils feront bien affectueusement pour la bonne prospérité de noz très redoubtez princes et seigneurs et de vos seigneuries. Faiet au dit Montbéliard, le xx jour du
mois de septembre 1570.