PREMIER MINISTÈRE A ORLÉANS
L'Eglise d'Orléans comptait environ sept mille membres el avait à sa tête cinq pasteurs, lorsque Daniel Toussain fut appelé à y exercer le ministère.
Elle était, dit il dans la Préface de son Exercice de l'âme fidéle, comme un jardin de plaisance et la retraite de tant de gens de bien et de toutes sortes de qualités : bref comme Île repaire et la bergerie des brebis du Seigneur au milieu de la France (1).
Il l'avait pourtant connue moins florissante ; il l'avait vue toute « dissipée » à l'époque des Etats Généraux (octobre à décembre 1560), lors de l’'emprisonnement du prince du Condé et du bailli de la ville, Jérôme Groslot (2) ; mais la mort de François II mit fin à la tyrannie des Guises et des jours meilleurs suivirent. Avec Antoine de Bourbon, nommé lieutenant du royaume, Condé remis en liberté, Montmorency et
Coligny rétablis dans leurs anciennes dignités, le parti pro- 80) 8 le pP P
(1) Voir pour les commencements de l'Eglise d'Orléans, Th. de Bèze, Histoire ecclésiastique, t.1, p. 9, 111, 164, 287, 288, 299.— Les cinq pasteurs, étaient : Antoine Chanorier, dit Des Méranges, Nicolas Folion ditla Vallée, Robert le Macon, dit La Fontaine, Hugues Sureau, dit du Rozier et (Gaspard Carmel?) — Zbid. p. 164.
(2) Histoire ecclésiastique, p. 291 et 392.
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testant prit la direction des affaires. Le Chancelier Michel de L'Hôpital recommandait la conciliation et faisait d’importantes concessions aux protestants par les Edits de juillet 1561 et janvier 1562. Catherine de Médicis et le jeune roi, S'ils ne favorisaient ouvertement la réforme, du moins la laissaient s'étendre sans l’inquiéter (4).
Le colloque de Poissy (septembre 1561), malgré son insuccès apparent, avait eu pour résultat immédiat de faire connaître la Réforme à la France, qui s'ébranle et lui devient sympathique. Les Eglises se dressent en grand nombre; on demande partout des pasteurs; une grande espérance vient au cœur des réformés. La communauté d'Orléans fut l'une des premières à profiter de cette paix générale. Après le départ du roi Charles IX (5 février 1561), le gouverneur d'Orléans, Monsieur de La Roche-sur-Yon, prince du sang, assembla le peuple de l'une et de l'autre religion, les exhorta à vivre en paix, «sans aucunement s'entr'injurier ni faire aucunes assemblées publiques quant à ceux de la religion avec armes, ni sans armes, ne trouvant toutefois le roi mauvais, qu'ils prient Dieu entre leurs amis, en leurs maisons. Ce qu'il déclara puis après plus amplement aux ministres en particulier, les assurant de la bonne et entière volonté du roi et de son conseil, de ne jamais ne persécuter ni forcer leurs consciences, pourvu aussi qu'ils se continssent en leurs limites et en toute modestie, ce qu'ils promirent de faire: ne dissimulant pas toutefois qu'il leur serait bientôt impossible de ranger la multitude de ceux de lareligion en si petites assemblées » (2).
(1H) Lavisse et Rambaud, Histoire générale, t. V, p. 118 et ss. (2) Histoire ecclésiastique. p. 729 et 730.