COULEUR ET BURIN
L’esquisse c’est le génie en liberté.
Dès le retour.
Vierge commence à transformer, à transfigurer en dessins, qu’on peut dire classiques, les croquis enfantés au cours de l’exploration , immense labeur qui se poursuivra dix ans , œuvre colossale révélant le pays dans ses moelles, jusque dans ses verrues,
tel qu’il est, mieux qu’aucune description romantique car, entre nous, rien de moins romantique que l’Espagne, pays héroïque, oui, mais positif, comme le Japon, comme le Japon d’ailleurs tributaire des mêmes latitudes, ayant eu sa Chevalerie, ses Don Quichotte, ayant sa sobriété, et dont la langue, mystère des antiques migrations, présente parfois d’indéniables parentés avec l’indélébile idiome cantabrique , Yescuara des homériques provinces basques, source primitive de la langue castillane, dialectes galicien et catalan compris.
Tout en se donnant avec amour à cette tâche d’élection, à ce travail de son choix, qui est sa fête et sa joie, il continue, bien entendu, sa collaboration au Monde Illustré, ce qui ne l’empêche pas de se manifester en même temps à l’Illustration, au Harpers Magazine, au Scriber’s Magazine, au Century, au Porto-Folio, à /’ Illustration Espagnole et Américaine, etc., partout s’affirmant novateur, comme Menzel en Allemagne, Ch. Keen en Angleterre, Abbey aux Etats-Unis.
Nous ne pouvons dénombrer ici toutes les pages de ce maître, qui avait l’imprévu, l’une des sources du génie, notons cependant quelques-unes des plus célèbres, à commencer par ce tableau d’histoire, remontant à juin 1878, les Funérailles de la reine Mercédès, d’un mouvement, d’une lumière, d’une grandeur extraordinaires et dont, peut-être, l’auteur inspiré puisa la pure beauté dans le plus lointain de