FLUCTUAT NEC MERGITUR
Respirer. Pas encore.
Avant, il faut renouveler l’air.
Un mouvement va se produire qui semble criminel, qu’une hémorragique répression , hélas ! fatale à cette heure, jugera inutile, mais qui, secrets desseins de la Providence , pour appliquer ici le système historique de Bossuet, inévitable, logique, né de l’exacerbation de la défaite continue, nous a été nécessaire , salutaire . comme tout ce que Dieu permet, force de la nature, explosion, éclosion.
De ce mouvement est sortie la France d’aujourd’hui,
qu’on le veuille ou non , France redressée , forte , pacifique, souriante — définitive.
Ce mouvement, c’est la Commune.
La Commune, dont on peut aujourd'hui raconter l’histoire de sang-froid, comme Renan a raconté la guerre civile de Jérusalem assiégée par Titus.
Deux mois de lutte acharnée, de sang et de flamme, pour purifier dix-huit ans d’abâtardissement ayant abouti à la débâcle honteuse, pour secouer la torpeur nationale, pour effacer la tache.
La Commune, c’est, après le cauchemar, le réveil.
Avant de protester et de contester, pour la première fois, peutêtre, et à trente-six ans de date, regardez-y, regardez-y de près, regardez-y de sang-froid, « de bonne foi », comme le ferait un Montaigne, en philosophe assagi, que les faits ni les mots n’aveuglent ni n’épouvantent. Le but atteint vous apparaîtra.
Nous venons de voir à l’œuvre ce que nous appellerons, si vous y consentez, la guerre couronnée, « Pénélope imbécile », occasion à d'éternelles revanches successives, — A toi za moi la paille de fer! — guerre où un seul monsieur force tout un peuple — qu’il dit sien — à en exterminer un autre, qui ne lui voulait aucun mal, dans la seule et inique intention, tout à fait dépourvue de noblesse, de lui voler sa terre et son or; nous pouvons bien regarder la lutte d’un peuple désintéressé, en seule et unique volonté de secouer une obédience, servitude volontaire le contraignant à subir un individu quelconque, toujours susceptible d’être Tibère ou Philippe II, et quelquefois pire.
La première de ces deux guerres n’est qu’une odieuse et stérile boucherie, la seconde est un noble et fécond duel, duel qui, à travers les âges, a, à peu près partout, créé cet universel progrès
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