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JE ME LANCE DANS LA CONSTRUCTION DES DIRIGEABLES

Dans les premiers jours du printemps de 1899, je construisis un autre aéronef que le public parisien baptisa tout de suite le Santos-Dwnont N° 2. Il avait la même longueur que le premier et, à première vue, la même forme ; mais son diamètre plus grand faisait monter son volume à 200 mètres cubes et augmentait de 20 kilos sa force ascensionnelle. Je m'étais rendu compte de l'insuffisance de la pompe à air, qui avait failli m'être mortelle ; et j'avais ajouté un petit ventilateur d'aluminium pour assurer au ballon la permanence de sa forme.

Ce ventilateur était un éventail rotatoire, chargé d'envoyer de l'air dans le petit ballon à air intérieur cousu au fond du grand ballon comme une sorte de poche close. Dans la figure 5, G repré-

Fig.

sente le grand ballon rempli de gaz hydrogène ; A, le ballon k air intérieur; VV, les valves h gaz automatiques; AV, la valve à air; et TV, le tube par lequel le ventilateur rotatoire alimentait le ballon à air intérieur.

La valve à air AV était une valve d'évacuation

analogue aux deux valves à ^az VV du grand ballon, avec cette seule différence qu'elle était plus faible ; de sorte que si un excès de fluide — gaz ou air, ou gaz et air tout ensemble, — amenait une tension du grand ballon, elle laissait fuir

tout l'air avant de donner issue à la moindre particule de gaz.

Le premier essai de mon N° 2 était décidé pour le 11 mai 1899. Malheureusement, le temps, qui avait été beau le matin, devint pluvieux l'aprèsmidi. Je ne possédais pas, à cette époque, une station aéronautique. Toute la matinée, mon

CONSTUUCTION DES DIRIGEABLES

ballon s'emplit lentement de gaz hydrogène à la station du ballon captif du Jardin d'Acclimatation. Faute d'un abri, on dut procéder au gonflement en plein air, et il se fit dans des conditions fâcheuses, avec force délais, à-coups et excuses.

La pluie survint là-dessus qui mouilla le ballon. Que faire? Ou le vider, et perdre ainsi, outre l'hydrogène, mon temps et ma peine; ou continuer, quel que fût l'inconvénient d'une enveloppe toute chargée d'eau et trop lourde?

Ascension du il mai 1899.

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Je décidai de partir sous la pluie. Mais à peine m'élevai-je que le mauvais temps détermina une grande contraction de l'hydrogène. Le long ballon cylindrique se rétrécit à vue d'œil. La pompe à air n'avait pas encore eu le temps d'y remédier que, plié par un fort coup de vent, pis que cela n'était arrivé au N° 1, mon aéronef allait se jeter sur les arbres voisins.

Et mes amis de reprendre :

— Celte fois, vous avez une leçon. Comprenez enfin qu'il n est pas possible de garder sa rigidité à votre ballon cylindrique. Et ne vous exposez pas davantage aux risques d'un moteur à pétrole placé sous le ballon.

Cependant, je me disais en moi-môme :

— Qu'a de commun la rigidité de forme du ballon avec le danger d'un moteur à pétrole? Erreur n'est pas compte. J'ai une leçon, mais non pas celle qu'on veut dire.

Et j'entrepris tout de suite la construction d'un K° 3, qui eût un ballon plus court et sensiblement plus gros, long de 20 mètres, avec un diamètre maximum de 7m50 (Fig. 6, page 133). Sa capacité beaucoup plus grande (500 mètres cubes) lui donnerait, avec l'hydrogène, trois fois la force ascensionnelle de mon premier aéronef, et deux fois celle du second. Ceci me permettait d'employer le gaz d'éclairage ordinaire, dont la force ascensionnelle

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