‹ Dans l'air;Chapitre 21 sur 35 · CONSTRUCTION DE MON N · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DE MON N

le dirigeable de l'infortuné Severo, se rapporte à ce grave problème des valves. Le Pax, dans le principe, en avait deux. Avant de partir pour son premier — et dernier — voyage, M. Severo, qui manquait de pratique aéronautique, en condamna une avec de la cire. Etant donné que la pression atmosphérique décroît à mesure que Ton monte, la montée d'un dirigeable devrait toujours être lente et limitée ; il suffit, pour dilater le gaz, d'une montée de quelques mètres. Le cas est bien différent pour les ballons sphériques, qui n'ont pas h soutenir la pression intérieure. Quand une forte pression tend l'enveloppe du dirigeable, il dépend de ses valves qu'elle n'éclate pas. Le Pax, avec une de ses valves arrêtée par de la cire, s'éleva de terre; et il semble qu'à peine se fut -il élevé ses passagers perdirent la tête. Au lieu de. modérer l'ascension, l'un d'eux jeta du lest, dont une seule poignée eût fait monter sensiblement un ballon sphériquc ! On dit avoir vu le mécanicien, dans son excitation, en jeter, le dernier, un plein sac. Le Pax bondit de plus en plus haut; et la dilatation, l'explosion, l'effroyable chute, ne furent qu'un enchaînement de conséquences.

Le tonnage de mon nouveau ballon était de 630 mètres cubes, donnant une force ascensionnelle absolue de 690 kilos. Mais le poids plus grand du moteur et de la machinerie réduisait

h 110 kilos le poids de lest disponible. Le moteur était un « quatre cylindres » de 12. chevaux, refroidi automatiquement par une circulation d'eau autour du sommet et de la culasse. Bien que le réfrigérant «l'apportât un surcroît de poids, je me félicitais de l'avoir; car il me permettait d'utiliser, sans que j'eusse à craindre en route d'échauffement ni de resserrement, toute la force du moteur, lequel était capable de communiquer au propulseur une force de traction de 66 kilos.

Mes exercices quotidiens avec le nouvel aéronef finirent, le 6 septembre 1901, par un léger accident. Le ballon fut regonflé pour le 15. Quatre jours plus tard, un tournant trop brusque le jetait sur un arbre. J'ai toujours pris avec beaucoup de philosophie les accidents de ce genre : j'y vois une sorte de garantie contre de plus terribles. Si j'avais un conseil à donner à ceux qui font du dirigeable, je leur dirais : « Restez près de terre. »

La place d'un aéronef n'est pas dans les grandes altitudes. Mieux vaut s'accrocher aux cimes des arbres, comme je le fis au Bois de Boulogne, que s'exposer aux dangers des régions élevées sans le moindre avantage pratique.

Commission Scientifique de l' Aéro-Club :

A gauche, M. Wilfrid de Fonvielle; à côté, le marquis de Dion; au milieu, M. Georges Besançon, secrétaire de l'Aéro-Club.

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