‹ Dans l'IndeChapitre 10 sur 17 · DELHI · texte numérisé non relu

DELHI

lout cela rouillé par le temps, confondu dans la leinte uniforme de la triste et sèche végétation, repris par la nature. Quelques tombes sont aussi grandioses que celle d'Akbar à Secundra, et surgissent solitaires dans les steppes arides. Les paons bleus qui rôdent alentour sont les seuls êtres qui les hantent. Des générations ont fourmillé ici, et de leur vie morte il reste cet imperceptible résidu, comme il faut des forêts séculaires pour faire une petite épaisseur de charbon. L'âge védique, Tâge brahmanique, Tâge bouddhiste, les premières dynasties musulmanes, l'empire mongol, chaque période historique a laissé comme un mince dépôt. On retrouve cette histoire autour du Koutub : quatre vieux forts hindous, encore très reconnaissables, entouraient une grande cité, des temples bouddhistes où des religieux en robes jaunes, le crâne rasé, circulaient paisiblement : il reste un grand poteau de fer, chargé de quelques inscriptions sanscrites. Vers l'an 1000, par-dessus la muraille de l'Himalaya, débordèrent les premières hordes musulmanes. La cité fut rasée, et des pierres du grand temple on fit une mosquée* dont les ruines gisent autour de nous. Voici une triple colonnade où Ton reconnaît les vieux piliers bouddhistes et le travail patient, compliqué, co^fus, les indécences naïves

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