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DANS L INVISIBU:
ités invisibles absolument inconnues des expérimentateurs, se sont affirmées parla table, et leur identité a pu être établie d’une manière précise.
C’est, entre autres, le cas d’Anastasie Pérélyguine, lécédée à riiùpitaldeTambov(Russie)en novembre 1887, <el qui se manifesta spontanément par la table le lendemain de sa mort, dans la maison de M Nartzell,à un groupe de personnes dont aucune ne connaissait son existence i ).
Puis c’est Abraham Florentine, soldat de la milice américaine, mort le 5 août 187iùBroocklyn ( Etats-Unis), qui se communique à Shanklyn, île de Wight (Angleterre) le même mois, indiquant, d’une façon très nette, -son âge, son adresse, avec force détails sur sa vie passée. Il résulte d’une minutieuse enquête que tous ces détails étaient exacts (2).
Les preuves d'identité obtenues au moyen de la table sont nombreuses, mais beaucoup sont perdues pour la publicité et pour la science, par suite du caractère d'intimité qui s'attache à ces manifestations. Bien des âmes sensibles redoutent de livrer à la curiosité publique le secret de leurs attachements et de leurs douleurs.
mènes obtenus paraissent justifier cette explication,l’ensemble des faits y échappe absolument.il y a contradiction fréquente entre les vues, les opinions, les connaissances du manifestant et celles des opérateurs.
(î et 2) Voir Aksakof, Animisme et spiritisme , pp. 4^7 à 44°> la reproduction des procès-verbaux et de toutes les pièces se rapportant à ces deux cas d'identité. Voir aussi le cas de Louis Constant, cité par Kug. Nus, dans son ouvrage : A la recherche des destinées , p. 224 .
PHÉNOMÈNES PHYSIQUES
Le docteur Chazarain a fait part de deux communications de cet ordre au Congrès de Paris de 4900, dans les termes suivants (1 ) :
« Pendant dix ans, dans un groupe familial que je présidais et dont le médium (ma fille Jeanne) n’avait que treize ans lorsque nos séances commencèrent, nous avons communiqué de la manière la plus heureuse avec nos amis de l’audelà, car ils nous ont donné, sur la vie de l’espace, des instructions d’un mérite qu’on rencontre rarement. »
« La première communication, du 16 mai 1888 , répondait à la grande douleur que m'avait causée la mort de mes deux meilleurs amis, décédés deux mois auparavant, à quelques jours d’intervalle l’un de 1 autre. La voici :
<< Voudriez-vous entendre le concert joyeux qui se produit là-haut, lorsqu’une àrne chère et attendue fait sa rentrée dans le monde des Esprits ? Désireriez-vous contempler le spectacle du bonheur du revoir ?
« Oh ! nous qui avons éprouvé ces joies, nous voudrions pouvoir vous les fa re partager. Mais hélas ! pourquoi fautil que trop souvent notre bonheur soit troublé par vos tristesses? Lorsque l’un de vous est mûr pour le pays des âmes, il lui faut s élever au-dessus des soutïrances terrestres et briser tous les liens qui 1 attachent à la terre. Bien ne saurait le retenir ni l’enchaîner plus longtemps; semblable au prisonnier, à qui la liberté est rendue, il s’envole vers les horizons nouveaux qui lui sont ouverts. Oh ! ne pleurez pas trop sur vos chers envolés, car, après avoir connu les amertumes de la séparation, vous connaîtrez aussi les douceurs du revoir. »
(i) Voir Compte rendu du Congrès spirite et spiritualiste de 1900, pp. 104 à 109. On trouvera aussi pp. 110, 120, 121, quatre cas d'identité obtenus parla table.
Les tables furent consultées par de hautes intelligences. M me E. de Girardin, grâce à elles, conversait avec des esprits de choix. Auguste Yacquerie, dans les Miellés de l'Histoire, raconte qu’à Jersey, elle initia à ces pratiques toute la famille de Victor Hugo. Nous lui empruntons ce récit émouvant :
« Un soir, la table épela le nom d'une morte, vivante dans tous ceux qui étaient là... Ici la défiance renonçait : personne n'aurait eu le cœur ou le front de se faire, devant nous, un tréteau de cette tombe. Une mystification était déjà bien difficile à admettre, mais une infamie ! Le soupçon se serait méprisé lui-même. Le frère questionna la sœur qui sortait de la mort pour consoler l’exil; la mère pleurait; une inexprimable émotion étreignait toutes les poitrines; je sentais distinctement la présence de celle qu’avait arrachée le dur coup de vent. Où était-elle ? Nous aimait elle toujours ? Etait elle heureuse? Elle répondait à toutes les questions ou répondait qu'il lui était interdit de répondre. La nuit s’écoulait, et nous restions là, Lame clouée sur l’invisible apparition. Enfin elle nous dit : « Adieu !» et la table ne bougea plus. »
Après le départ de M me de Girardin, le grand exilé continua ces entretiens mystérieux et les consigna en plusieurs cahiers, que M. Camille Flammarion a pu compulser, et dont il a publié des fragments dans les Annales politiques et littéraires du 7 mai 1890. II y est dit ceci :
« M ,n * Victor Hugo(l) et son fils François étaient presque
(î) Reproduit par le Journal du 20 juillet 1899.
[‘IIENOMHNES PHYSIQUES
toujours à la table. Vacquerie et quelques autres ne s’en approchaient qu'alternativement, Hugo jamais. Il remplissait le rôle de secrétaire , écrivant à l’écart, sur des feuillets, les dictées de la table. Celle-ci, consultée, annonçait généralement la présence de poètes, d’auteurs dramatiques et autres personnages célèbres, tels que Molière, Shakespeare, Galilée, etc. Mais la plupart du temps, lorsqu’on les interrogeait, à la place du nom qu’on attendait, la table frappait celui d'un être imaginaire, par exemple celui-ci, qui revient souvent : l'Ombre du sépulcre . »
« Un jour, les esprils demandèrent qu’on les interrogeai « en vers. Victor Hugo déclara qu'il ne savait pas improviser « de la sorte, et demanda de remettre la séance. Le lendc- « main, Molière ayant dicté son nom, l'auteur de la Légende « des Siècles prononce les vers suivants :
Victor Hugo ù Molière .
Toi qui du vieux Shakespeare as ramassé le ceste,
Toi qui, près d’Olliello, sculpta le sombre Alceste,
Astre qui resplendis sur un double horizon,
Poète au Louvre, archange au ciel, ô grand Molière 1 Ta visite splendide honore ma maison.
Me tendras-tu là Jjaul la main hospitalière ?
Oue la fosse pour moi s’ouvre dans le gazon,
Je vois sans peur la tombe aux ombres éternelles,
Car je sais que le corps y trouve une prison,
Mais que l’àine y trouve des ailes !
« On attend. Molière 11e répond pas. C’est encore l'Ombre <lu sépulcre , et, vraiment, nul ne peut lire cette réponse sans être frappé de son ironique grandeur : »
DANS L INVISIIU.E
L'Ombre du sépulcre à Victor Hugo.
Esprit qui veux savoir le secret des ténèbres,
Et qui, tenant en main le terrestre flambeau.
Viens, furtif, à tâtons, dans nos ombres funèbres Crocheter l’immense tombeau !
Rentre dans ton silence et souffle tes chandelles l Rentre dans cette nuit dont quelquefois tu sors.
L’œil vivant ne lit pas les choses éternelles Par-dessus l’épaule des morts î
« La leçon était dure. Indigné de la conduite des esprits, Victor Hugo jeta son cahier et quitta la salle. »
« Les communications dictées par la table de Jersey », conclut M. Flammarion, « sont d une grande élévation de pensée et d’une langue superbe. L’auteur des Contemplations a toujours cru qu'il y avait là un être extérieur.indépendant de lui, parfois même hostile, discutant avec lui et le rivant à sa place. Et pourtant, en parcourant ces trois cahiers, on ne peut se défendre de l’idée que c’est là du Victor Hugo, parfois même du Victor Hugo sublime.
« Loin de moi la pensée d’accuser un seul instant, ni V. Hugo, ni Vacquerie, ni aucun des assistants d’avoir triché, d’avoir consciemment créé des phrases pour les reproduire par le mouvement de la table. A cet égard, pas de discussion. Il ne reste donc que deux hypothèses : ou une action inconsciente de l’esprit de V. Hugo, d’un ou de plusieurs assistants; ou la présence d’un esprit indépendant. »
Nous ne saurions partager l'hésitation de M. Flammarion devant ce problème. Les vers de VOmbre du sépulcre ne sont pas l’œuvre de Victor Hugo, puisqu’il déclareà l’avance « ne pas savoir improviser », et qu’il