ÉCRITURE DIRECTE OU PSYCHOGRAP11IE
est celle que M. Owen, rédacteur du Golden Gale o!>tint, le 24 décembre 1892, avec l’aide du médium Evans. Elle s’étendait sur quatorze ardoises doubles, licelées et scellées, qui lurent couvertes d’écriture en un quart d heure, et se composait d'un millier de mots (1).
Un autre journaliste, rédacteur de LUjhl , obtint, par le même procédé, un message de son père défunt, en dix couleurs dillérentes. Les ardoises restèrent fermées entre sesmains. Pendant toute la durée de l’expérience, il s’entretenait avec le médium et détournait son attention par des questions variées. Chaque ligne de la communication est d une couleur distincte, non pas écrite ou peinte, maiscomme précipitée, par des moyens qui échappent à l’analyse (2).
En France, le docteur Paul Gibier,, préparateur au Muséum, a tout particulièrement étudié le phénomène de l’écriture directe. En trente-trois séances, il obtint à Paris, en 1880, avec le concours du médium Slade, des messages sur ardoises doubles et fermées, en différentes langues, dont plusieurs inconnues du médium. La reproduction photographique de ces messages se trouve dans l’ouvrage du docteur Gibier : Spiritisme ou Fakirisme occidental (3).
Dans ces expériences, le médium posait simplement l’extrémité de ses doigts sur les ardoises pour communiquer la force psychique. Une fois, les ardoises furent posées sur sa tète, à la vue de tous.
(1) Erny, le Psychisme expérimental, p. 5 o.
(2) Voir Moniteur spirite elmagnétique. Paris, iô juillet iSptl-
( 3 ) 3 e édition, pp. 3 .',o à 3 ;*. O. Doin, éditeur. Paris, i8yi.
Au congrès spirite de Paris, en 1900, le professeur Moutonnier présenta des ardoises sur lesquelles des messages de sa fille défunte étaient tracés. Cette manifestation s’était produite en Amérique, chez les sœurs Bangs. Le professeur était tout à fait inconnu en ce pays et les médiums le voyaient pour la première fois. 11 ne perdit pas de vue les ardoises, qui ne subirent aucun contact. L’écriture est identique à celle qu’avait sur terre M llc Moutonnier (1).
Les phénomènes d’écriture directe, quoique fréquents, sont surpassés en nombre par ceux de l'écriture médianimique. La faculté des médiums écrivains est une des plus répandues et celle qui oflre les aspects les plus divers.
Le procédé des communications par coups frappés ayant paru trop lent à certains expérimentateurs, ils imaginèrent de construire des appareils spéciaux, comme le cadran ou la planchette à écrire (2), afin de faciliter les manifestations. On simplifia encore. Quelques personnes eurent l’idée de se substituer ellesmêmes à tout appareil. Saisissant un crayon, elles s’abandonnèrent à 1 impulsion extérieure et reçurent des messages dont elles n’avaient pas conscience et qui paraissaient émaner d’esprits de défunts.
(1) Voir le Compte rendu du Conyrès spirite et spiritualiste de 1900, p. 201, et les Annales psychiques de 1898, avec les facsimilés de l’écriture sur ardoise et de celle de M |le Moutonnier.
(2) Voir plus haut, ch. X, p. 123.