LA MARCHE ASCENDANTE; LES .MODES D’ÉTUDE
conviction chez les plus sceptiques et les plusprévenus.
C’est la fin du surnaturel et du miracle, mais de cet ensemble de faits, aussi anciens que l’humanité, mal compris, mal observés jusqu’ici, se dégage maintenant une conception plus haute de la vie et de l’uni vers et la connaissance d’une loi suprême qui guide les êtres dans leur ascension à travers les splendeurs de l’infini vers le Bien, vers le Parfait !
IL — La marche ascendante ; les modes d’étude.
La réunion du Congrès spirite et spiritualiste international de Paris, en 1900 (1), a permis de constater la vitalité toujours croissante du spiritisme. Des délégués venus de tous les points du monde, représentant les peuples les plus divers, y ont exposé les progrès de l'idée dans leurs pays respectifs, sa marche ascendante malgré les obstacles, les conversions retentissantes qu’elle opère, aussi bien parmi les hommes d’église que chez les savants matérialistes.
En dépit des dénégations et des railleries, la croyance spirite se fortifie et grandit. Mais, à mesure qu’elle se répand, la lutte devient plus vive entre négateurs et convaincus. Le vieux monde s’inquiète ; il se sent menacé. Le combat pour la vie n’est pas plus âpre que la lutte entre les idées. L’idée vieillie, incomplète, se cramponne en désespérée aux positions acquises et résiste aux efforts de l’idée nouvelle qui
(1) Voir Compte rendu, du Congrès spirite et spiritualiste international de kjoo (Leymarie, éditeur).
veut prendre sa place au soleil. Les résistances s'expliquent par les intérêts de tout un ordre de choses qui se sent ébranlé. Elles sont utiles, parce qu’elles rendent plus sages les novateurs, plus mesurés les progrès de l’esprit humain.
Il est dans l’éternelle destinée de celui ci de toujours détruire et reconstruire. Sans cesse il travaille à édifier des monuments splendides qui lui serviront de demeures, mais qui, bientôt devenus insuffisants, devront faire place à des œuvres, à des conceptions plus vastes, appropriées à son développement constant.
Tous les jours, des individualités disparaissent, des systèmes s’effondrent dans la lutte. Mais, au milieu des fluctuations terrestres, la route de la vérité se déroule, tracée par la main de Dieu, et l'humanité s’achemine vers ses destinées inéluctables.
Le spiritisme, utopie d’hier, sera la vérité de demain. Familiarisés avec elle, nos successeurs oublieront les luttes, les souffrances de ceux qui auront assuré sa place dans le monde ; mais à leur tour, ils auront à combattre et à souffrir pour le triomphe d’un idéal plus élevé. C'est la loi éternelle du progrès, la loi d’ascension qui porte famé humaine, d’étapes en étapes, de conquêtes en conquêtes, vers une somme toujours plus grande de science, de sagesse et de lumière. C’est la raison même de la vie, la pensée maîtresse qui dirige l’évolution des âmes et des mondes.
LA MARCHE ASCENDANTE; LES MODES n’ÉTUDE
A mesure que le spiritisme se répand, plus impérieuse apparaît la nécessité d’établir des règles précises, des conditions sérieuses d’étude et d’expérimentation. Il faut éviter aux adeptes des déceptions fâcheuses et mettre à la portée de tous les moyens pratiques d’entrer en rapport avec le monde invisible.
Pour acquérir la science d’outre-tombe, il est deux moyens : l'étude expérimentale, d’une part ; de l’autre, l'intuition et le raisonnement que, seules, les intelligences exercées savent mettre en action. L’expérimentation est préférée par la grande majorité de nos contemporains. Elle répond mieux aux habitudes du monde occidental, encore peu initié à la connaissance •des ressources profondes de l’âme.
Les phénomènes physiques bien/constatés ont, pour nos savants, une importance sans égale. Chez beaucoup d’hommes, le doute ne peut cesser, la pensée ne peut sortir de l’état de torpeur que grâce au fait. Le fait brutal, le fait probant vient bouleverser les idées préconçues ; il oblige les plus indifférents à scruter le problème de l’au-delà.
Il est nécessaire de faciliter les recherches expérimentales et l’étude des phénomènes physiques, mais en les considérant comme un acheminement vers des manifestations moins terre à terre. Ces manifestations, à la fois intellectuelles et spirituelles, constituent le côté le plus important du spiritisme. Sous
DANS L’iNVISIBLE
leurs formes diverses, elles représentent autant de moyens d’enseignement, autant de modes d'une révélation sur laquelle s'édifie une notion de la vie future, plus large et plus haute que celle dont les hommes se sont contentés jusqu’ici.
L’homme qui pleure des êtres aimés, dont la mort l’a séparé, recherche avant tout une preuve de la survivance dans la manifestation des âmes chères à son cœur et que l’amour attire aussi vers lui. Un mot affectueux, une preuve morale venant d’elles, feront plus pour le convaincre que tous les phénomènes matériels.
Jusqu’ici, chez la plupart des hommes, la croyance à la vie future n’avait été qu’une vague hypothèse, une foi vacillant à tous les souffles de la critique. Les âmes, après la séparation des corps, n’étaient à leurs yeux que des entités mal définies, confinées en des lieux circonscrits, inactives, sans but, sans rapports possibles avec l'humanité.
Aujourd'hui, nous savons, de science certaine, que les esprits des morts nous entourent et se mêlent à notre vie. Ils nous apparaissent comme de véritables êtres humains, doués de corps subtils, ayant conservé tous les sentiments de la terre, mais susceptibles d’élévation, participant dans une mesure grandissante à l’œuvre et au progrès universels, en possession de forces bien supérieures à celles dont ils disposaient dans leur ancienne condition d’existence.
Nous savons que la mort n’apporte aucun changement essentiel à la nature intime de l'être, qui reste, en tous milieux, ce qu’il s’est fait, emportant au delà
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de la tombe ses penchants, ses affections et ses haines, ses grandeurs et ses faiblesses; restant attaché par le cœur à ceux qu’il a aimés sur la terre : toujours anxieux de s’en rapprocher.
L’intuition profonde nous révélait bien la présence de nos amis invisibles et, dans une certaine mesure, nous permettait, en notre for intérieur, de correspondre avec eux. L'expérimentation va plus loin. Elle nous procure des moyens de communication positifs et précis; elle établit entre les deux mondes, le visible et l’occulte, une communion qui va s’étendant, à mesure que les facultés médianimiques se multiplient et s’affinent. Elle resserre les liens de solidarité qui unissent les deux humanités; elle leur permet par des rapports constants, par un échange continuel de vues, de mettre en commun leurs forces, leurs aspirations, de les orienter vers un même but grandiose et de travailler ensemble à conquérir plus de lumière, plus d'élévation morale et, par suite, plus de bonheur pour la grande famille des âmes dont hommes et esprits sont membres.
Toutefois, il faut reconnaître que la pratique expérimentale du spiritisme est pleine de difficultés. Elle exige des qualités dont beaucoup d hommes sont dépourvus : esprit de méthode, persévérance, discernement, élévation de pensée et de cœur. Quelques-uns arrivent seulement à la certitude, qui est leur but,après des échecs nombreux; d'autres l’atteignent d’un seul élan par le cœur, par l’amour. Ceux-là saisissent la vérité sanselîort, et rien 11 e peut plus les en détacher.
Oui, la science est belle ; le chercheur persévérant
trouve eu elle des satisfactions infinies. Tôt ou tard, elle lui fournira ia base sur laquelle se fondent les convictions solides. Cependant, à cette science purement intellectuelle qui étudie seulement les corps, il faut, pour lui faire équilibre, en adjoindre une autre qui s’occupe de l’âme et de ses facultés affectives. C’est ce que fait le spiritisme, qui n'est pas seulement une science d’observation, mais aussi de sentiment et d’amour, puisqu'elle s’adresse à la fois à l'intelligence et au cœur.
C’est pourquoi les savants officiels, habitués aux expériences positives, opérant avec des instruments de précision et se basant sur des calculs mathématiques, réussissent moins facilement et se lassent trop vite en présence du caractère fugace des phénomènes. Les causes multiples en action dans ce domaine, l’impossibilité de reproduire les faits à volonté, les incerditudes, les déceptions, les déroutent et les rebutent.
Rares ont été, pendant longtemps en France, dans les milieux officiels, les expérimentateurs affranchis des routines classiques et doués des qualités nécessaires pour mener à bien ces observations délicates. Tous ceux qui ont procédé avec persévérance et impartialité ont pu constater la réalité des manifestations des défunts. Mais,lorsqu'ils publiaient les résultatsde leurs recherches, ils ne rencontraient le plus souvent qu'incrédulité, indifférence ou persiflage, [.es hommes de science, pour expliquer les faits spirites, ont entassé