TUAIS CK ET INCOIIPORATIONS
se révélait avant de s’être nommée. Ces esprits ne se manifestaient pas tous d’une manière suivie. Certains ne reparaissaient qu’a près de longues absences, mais toujours avec la môme originalité de caractère, avec la même réalité intense de vie et d'action.
Comment expliquer par la subconscience ou double personnalité, cette variété de personnages qui, du sacristain à l’Esprit bleu, représentent tous les types de la gradation hiérarchique du monde invisible, depuis la brute jusqu’à l ange, toutes les formes de l’abaissement, de la médiocrité ou de l’élévation; d'un côté, puissance, savoir, bonté, pénétration des choses; de l’autre, faiblesse, ignorance, grossièreté, misère morale ?
Ces êtres ont, les uns pour les autres, l’attitude qui convient à leur rang. Far exemple, tous témoignent une déférence marquée aux esprits-guides. Ils n'en parlent qu’avec respect; et c’est toujours sur un ton ému et suppliant que Sophie se recommande à la protection de la « dame bleue ».
Ce ne sont pas là des personnages de rêve, de vagues fantômes subconscients. Ces esprits vivent et agissent comme des hommes. Leurs opinions, leurs vues diffèrent. Parfois, les oppositions sont tranchées; des discussions vives et passionnées éclatent entre eux ; des incidents dramatiques surgissent, et il vient s’y mêler mille preuves d’identité qui dissipent les doutes les plus tenaces et forcent la conviction. Si la personnalité seconde peut enfanter de tels con- Irastes, animer des créations aussi variées, il faul reconnaître qu’elle surpasse en talent, en génie, les
conceptions les plus merveilleuses de la pensée normale. Elle produit des chefs-d'œuvre à volonté et sans efïort; elle est la plus miraculeuse des explications que Ton puisse donner du phénomène; elle conline au surnaturel. Et il faut que nos contradicteurs soient véritablement aux abois pour recourir à une théorie aussi •contraire aux exigences d’une critique saine et d’une science rigoureuse, à une hypothèse aussi fantastique qu’invraisemblable, alors que la théorie spirite explique les faits par des lois naturelles, simples et claires.
Etudions de plus près cette théorie de la subconscience, dont nous venons de parler incidemment et par laquelle certains psychologues croient pouvoir expliquer les phénomènes de la trance et de l’incorporation.
MM. Pierre Janet (1), A. Binet, Taine, Ribot, Flournoy, admettent qu’une scission se produit dans la conscience des sujets endormis et qu’il en résulte une seconde personnalité, inconnue de la personne normale, et à laquelle se rapportent tous les phénomènes. Ils lui ont donné lesnomsles plus divers: inconscient, subconscience, conscience subliminale, personnalité seconde, etc. Cette hypothèse servirait à expliquer la plupart des anomalies observées chez des hystériques
(i) Voir Pierre Janet, ïAutomatisme psychologique, passini; A. Binet, les Altérations de la personnalité ; Th. Flournoy, Des Indes à la planète Mars ; Taine, De l'intelligence, t. I, p. iti ; Ribot, des Maladies de la personnalité , p. io 5 .
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dans les cas de suggestion, ainsi que les aspects divers du somnambulisme et toutes les variations de la personnalité. L'unité du moi-conscient ne serait qu’une illusion. Celui-ci serait susceptible de désagrégation dans certains cas pathologiques, et des personnalités distinctes, inconscientes ou douées de subconscience, s’ignorant réciproquement, pourraient surgir dans le sommeil et se manifester à l’insu l une de l'autre. Ainsi s’expliqueraient les faits spirites- Les médiums ne seraient que des hystériques, des névrosés, particulièrement prédisposés, par leur état physiologique, à ces scissions de la personnalité (1).
Remarquons d’abord, avec le docteur Geley, que l’hystérie et la névrose n’expliquent rien (2). D’autre part,
(1) Les travaux des physiologistes modernes, docteur Luys, Ferrier, Broca. etc., ont démontré que chaque ordre de sensation, vision, audition, goût, odorat, etc., se localise dans une partie ■spéciale du cerveau. Or, on se demande comment ces sensations diverses peuvent se rechercher, se réunir, se rassembler pour constituer spontanément et taire éclore, sans la moindre incubation, une seconde personnalité, qui a ses goûts propres, ses fantaisies, son caractère, et qui, à peine éclose, parvient à se -servir sans élude, sans apprentissage, de cet organisme compliqué qu’est le cerveau et le corps physique tout entier, à faire usage de la parole et de la main dans récriture, avec une parfaite aisance. C’est là, comme l'ont dit G. Delanne (Recherches sur la médiumnité , pp. 61, 62) et Aksakof (Animisme el spiritisme) •du véritable surnaturalisme. Et ce quasi-miracle, ce sont des psychologues matérialistes qui nous l’oPTrent comme une explication !
(2) Le docteur Geley, dans l'Ètre subconscient , Félix Alcan, ■édit., s’exprime ainsi :
« L’hystérie et la névropathie présentent des symptômes «« inconstants, variant sans causes ou sous l'influence de causes « multiples : anesthésie, hyperesthésie, contracture, se sticcô-
les médiums ne sont pas des hystériques. Le docteur Hodgson et Myers attestent que Mrs Piper et Thompson jouissent d une santé parfaite. Le professeur Flour noy, qui est médecin, en dit autant d’Hélène Smith. Aucune trace d’hystérie n’apparaît chez ces trois médiums célèbres. Dès la moindre indisposition, au contraire, chez eux, les phénomènes s’aiïaiblissent, cessent de se produire. Je puis faire la môme déclaration en ce qui concerne les sujets à trance qui firent longtemps partie de notre groupe. Sur ce point, les comparaisons que nos adversaires cherchent à établir sont erronées et leur argumentation complètement en défaut. Les personnalités factices, qu'ils provoquent, au moyen de suggestions posthypnotiques, chez des hystériques, n’ont qu’une vague ressemblance avec les manifestations de personnalités dans la trance. Elles n’en sont que des pastiches, de pâles et lointaines imitations.
Dans la trance, l'être psychique, l’aine, se révèle par une activité distincte du fonctionnementorganique, par une acuité particulière des facultés Quand l’extériorisation est complète, l’esprit du médium peut agir sur le corps endormi avec plus d’efficacité que dans la veille et de la môme façon qu’un esprit étranger. Le cerveau n’est plus alors, comme dans l'état normal, un instrument nui directement par l ame, mais un récepteur qu elle actionne du dehors.
C’est ce qui résulte de nombreuses observations :
« dant, échappant à toute prévision d’étendue et de durée. Au « point de vue explicatif, on ignore complètement ce qu’elles « sont. »
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M. Cromwell Varley, ingénieur en chef des télégraphes de la Grande-Bretagne, dans sa déposition devant le comité d’enquête de la Société dialectique, au sujet de son épouse qui est médium à trance, rapporte le fait suivant (1) :
« M m e Varley, endormie, me dit : Actuellement, ce ne sont pas les esprits qui vous parlent; c’est moi-même et je me sers de mon corps de la même façon que font les esprits lorsqu'ils parlent par ma bouche. »
Myers, dans son rapport au Congrès de psychologie, 1900 ("2), fait la déclaration suivante à propos des trances de M me Thompson :
« La plupart des messages sont transmis au moyen de l'organisme du médium par des esprits qui, à ce moment, renseignent ou possèdent cet organisme. Certains sont recueillis directement dans le monde invisible par son propre esprit el transmis par lui. »
Une chose évidente pour le psychologue attentif, c’est que nous nous connaissons peu. Il est en nous des profondeurs pleines de mystère, qui s’entr’ouvrent parfois et dont la vue nous trouble. Tout un monde y repose, monde d’intuitions, d’aspirations, de sensations, dont l’origine nous est inconnue et qui semblent provenir d’un passé antérieur, mélange d’acquis per sonnels, d’hérédités psychiques et d’atavismes ethniques, vestiges des vies parcourues dans la succession
(1) Report on Spiritualism, p. 107, cité par G. Delanne, ÏAme est immortelle , p. 1 38 .
(2) Voir Compte rendu du TV'* Congrès de psychologie , p. 1 13 .
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des âges, tout cela est gravé dans les replis cachés du moi.
La conscience, à l’état normal, est étroite ; à l’état de dégagement, elle est vaste et profonde. Mais il n’y a pas deux consciences, pas plus qu’il n’y a deux êtres en nous. C’est toujours le même être, la même personnalité vue sous deux aspects dilïérents.
La permanence et l’unité du moi conscient sont démontrées par unfaitbien connu : tandisque notre corp& physique se renouvelle incessamment, la conscience, la mémoire persistent en nous à traversles fluctuations de la matière. Il est vrai que la conscience normale neconserve pas toutes les impressions recueillies par lessens. Beaucoup de sensations et de connaissances sont oubliées en apparence; en réalité, elles sont toutes enregistrées dans la conscience profonde. Elles peuvent reparaître par un effort intellectuel, sous l'influence d’une émotion, ou bien dans le sommeil et, en général, dans tous les états qui provoquent un réveil des facultés endormies.
Dans l’état d’extériorisation totale, ce réveil est complet. L’esprit retrouve, avec la plénitude de ses facultés latentes, de ses connaissances, de ses souvenirs, une liberté et une puissance d’action agrandies. Il atteint son maximum de vibrations et peut reconstituer son passé.
Il y a donc deux ordres de faits dans la trance et il faut les distinguer avec soin: d’abord, l'intervention des défunts, puis, d’autres cas, où le médium, sous l’influx magnétique de son guide spirituel, se reconstitue dans une de ses existences antérieures.
TRANCE ET INCORPORATIONS
Dans le cas d’Hélène Smith, que M. Flournoy, professeur de psychologie à l’université de Genève, a étudié pendant quatre années, le médium entrancé reproduit les scènes d’une de ses existences, vécue dans l’Inde, au douzième siècle. En cet état, elle se sert fréquemment de mots sanscrits, langue qu’elle ignore à l’état normal. Elle donne, sur des personnages historiques de l’Inde, des indications précises, introuvablesdans aucun ouvrage usuel et dont le professeur, aprèsbien des recherches, découvre la confirmation dans une œuvre de Mariés, historien peu connu et tout à fait hors de la portée du sensitif. Celui-ci, dans ces phases de la trance, prend une attitude qui impressionne et séduit. Voici ce qu’en dit M. Flournoy (1) :
« H y a dans tout son être, dans l’expression de sa pliy—e « sionomie, dans ses mouvements, dans son timbre de voix « lorsqu’elle parleou chante en hindou, une grâce paresseuse, « un abandon, une douceur mélancolique, un quelque chose « de langoureux et de charmeur qui répond à merveille au ca- « ractère de l’Orient... Toute la mimique d’Hélène, si diverse, « et ce parler exotique ont un tel cachet d'originalité, d'ai- « sance, de naturel, qu’on se demande avec stupéfaction d’où « vient à cette tille des rives du Léman, sans éducation ar- « tistique, ni connaissances spéciales de l’Orient, une perfec- « tion de jeu à laquelle la meilleure actrice n’atteindrait « sans doute qu’au prix d’études prolongées ou d’un séjour « au bord du Gange. »
En ce qui concerne l’écriture et le langage hindous, M. Flournoy ajoute que, dans ses recherches pour les-
(i) Th. Flournoy, Des Indes à la planète Mars , pp. 271. 272.
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expliquer, toutes les pistes qu’il a pu découvrir étaient « fausses », et il prie le lecteur de le « dispenser de détailler ses insuccès ».
Mais toutes ces expériences, dit-il, le portent à « batifoler ». Après quoi, il conclut en rejetant la théorie des esprits pour ne voir dans les phénomènes spirites qu’une création, un jeu de la conscience « subliminale ».
Remarquons que les conclusions de M. Flournoy (1) sont en contradiction avec les faits observés. Dans la trance, M lle Smith voit souvent son guide, Léopold, à ses côtés; elle entend sa voix. Il a sa volonté propre et agit comme il lui plaît; souvent il y a lutte entre eux. M üe Smith discute; elle résiste à cette prise de possession. Et lorsque, malgré ses efforts, celle-ci devient complète, toute sa personne se transforme; la voix change : c’est celle d'un homme, grave et lente, à l’accent italien; l’aspect devient « majestueux ». truand Léopold s’empare de la main d’Hélène pour la faire écrire, l’écriture est toute différente et l’orthographe est celle du dix huitième siècle, époque où il a vécu sur la terre. Plus encore, il « intervient constamment dans sa vie d’une façon sensible et quasi physique, ne laissant de prise à aucun doute ».
Veut-on un exemple ? Dans une séance, l’esprit Léopold soulève le médium avec le coussin qui la supporte. sans le concours d’aucun des assistants. C’est là un phénomène de lévitation bien caractérisé et
(i) Tl). Flournoy, Des Indes à la planète Mars , pp. CS, 98, 99, 100, 1 îC et passim.
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qu’on ne saurait attribuer au « subliminal », puisqu’il nécessite l’intervention d’une force et d’un agent extérieur.
Certes, tout n’est pas d’une explication facile dans les phénomènes dont M 1,c Smith est le foyer. Dans son cas, il faut le reconnaître, les difficultés abondent, et des facteurs divers semblent intervenir. Il y a là un enchevêtrement de faits spirites et de faits d’animisme, de produits de la subconscience mêlés à des interventions d’intelligences extérieures et surhumaines qui compliquent singulièrement le problème. Pourtant, de cet ensemble un peu confus, des preuves d’identité se détachent, claires, nettes, précises. C’est, par exemple, la manifestation de Jean le carrier, dont la personnalité se révèle par des détails probants. C’est celledu curé Burnier et du syndic Chau montet, morts depuis un demi-siècle et dont le médium retrace automatiquement l’écriture et la signature, reconnues conformes, après enquête, à celles qui figurent sur nombre d'actes de naissances, mariages, décès, composant les archives de la commune de Ghessenaz, où M Ue Smith n'est jamais allée.
Nous sommes portés à croire que, chez ce médium, la force psychique est souvent insuffisante, les phases de la trance très inégales et les réveils de la personnalité fréquents. Il n’en résulte pas que les faits observés puissent s'expliquer, comme le voudrait M. Flournoy, par le jeu des facultés de la mémoire associées au pouvoir d’imagination de la subconscience.
En outre, le professeur, dans sa disposition à « batifoler », n‘a-t-il pas attiré plus d’une fois des esprits far-
ceurs dans ces séances où, dit-il, « on riait beaucoup».. Les mystificateurs sont à craindre en pareil cas. Et c’est ici qu’on aperçoit Futilité des règles que nous avonsindiquées : unité et élévation de pensées des assistants facilitant l’action des agents extérieurs. Rire, batifoler, interrompre à tous propos, interroger sans rime ni raison, tout cela constitue de piètres conditions pour des expériences sérieuses.
Le cas d’Hélène Smith n’est pas isolé. Un médium de notre groupe a, plusieurs fois, reproduit dans la trance, sous l’influence de l'esprit-contrôle, des scènes de sa vie passée.
Un magnétiseur, soutenu par l’action occulte des esprits-guides, peut aussi provoquer ces phénomènes chez certains sensitifs.
Fernandez Colavida, président du groupe des études psychiques de Barcelone, a obtenu des résultats que nous croyons devoir signaler. Voici comment s’exprime, sur ce point, le rapport des délégués espagnols au Congrès spirite de 1900 (1) :
« Le médium étant magnétisé au plus haut degré, if « (F. Colavida) lui commanda de dire ce qu’il avait fait la « veille, l’avant-veille, une semaine avant, un mois, un an « et, successivement, il le fit remonter jusqu’à son enfance,. « qu’il expliqua dans tous ses détails. »
« Toujours poussé par la même volonté, le médium raconta « sa vie dans l’espace, la mort de sa dernière incarnation « et, continuellement stimulé, il arriva jusqu’à quatre incar*
(1) Compte rendu du Congrès spirite et spiritualiste de 1900, PP- 34 q. 35 o.
trance et incorporations
« nations, dont la plus ancienne était une existence tout à « fait sauvage. A chaque existence, les traits du médium « changeaient d’expression. Pour le ramener à son état ha- « bituel, on le fit revenir graduellement jusqu'à son exis- « tence présente, puis on le réveilla. »
Dans un but de contrôle, l'expérimentateur fit magnétiser le même sujet par une autre personne, en lui suggérant que ses récits antérieurs étaient mensongers. Malgré cette suggestion, le médium reproduisit la série des quatre existences comme il l’avait lait auparavant.
Esteva Marata, président de l’Union spirite de Catalogne, déclare avoir obtenu des résultats analogues, par les mêmes procédés, sur son épouse en état de trance.
Ces expériences pourraient être multipliées et nous obtiendrions ainsi de nombreux éléments de certitude sur le fait des existences antérieures de l’ame; toutefois, elles nécessitent une grande prudence. L’expérimentateur doit choisir des sujets très sensibles et bien développés. 11 doit être assisté d’un esprit assez puissant pour écartertoutesles inlluences étrangères, toutes les causes de trouble et préserver le médium des accidents possibles.
Résumons-nous. La théorie de la subconscience est
vraie, en ce sens que notre pleine conscience est plus «étendue que notre conscience normale. Elle en émerge
dans lesétafs somnambuliques, ladomine et la déborde sans s’en séparer jamais.
La théorie de la subconscienee est fausse si on considère celle-ci comme une seconde conscience autonome, comme une double personnalité. Il n’y a pas en nous deux êtres qui coexistent en s’ignorant. La personnalité, la conscience est une. Elle se présente seulement sous deux aspects différents; tantôt, pendant la vie matérielle, dans les limites restreintes du corps physique, avec une mémoire et des facultés circonscrites; tantôt, pendant la vie psychique, avec la plénitude de ses ressources intellectuelles et de ses souvenirs. Dans ce cas, elle embrasse toutes les phases de son passé et peut les faire revivre.
Toutes les théories de MM. Pierre Janet, Binet, Taine, Hibot, etc., reposentsur de vainesapparences. Le/no/ ne se fractionne pas. Les facultés extraordinaires révélées par la trance convergent, au contraire, vers une unité d’autant plus puissante que l’extériorisation est plus complète.
Par malheur, la situation n'est pas toujours nette, ni le dégagement suffisant. 11 se produit parfois des sortes de chevauchement, de flux et reflux vibratoire entre les causes agissantes qui rendent le phénomène obscur et confus. C’est le cas surtout lorsque diverses personnalités invisibles se manifestent dans la trance et qu’aucune d’elles n'a la force, ni la volonté nécessaires pour écarter les causes d’erreur.
Les causes en action peuvent se confondre dans les états somnambuliques partiels, incomplets. Mais il est un état supérieur où l’esprit apparaît dans sa puis-
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sauce de vie, dans sa pénétration intime des clioses Alors, on peut assistera des phénomènes d’une réelle, grandeur. Toutefois, pour les obtenir, il faut procéder d’une façon plus sérieuse que ne le font les psychologues « rieurs et batifoleurs ».
De cet ordre sont les manifestations de Georges Pelham, de Robert Iïyslop et surtout celles d’Imperator, de Jérôme, de l’Esprit bleu. Là, les traits caractéristiques, les preuves d’identité abondent; aucun doute ne saurait subsister. Il en est de même des cas où des personnalités nombreuses, présentant une grande variété de caractères et d’opinions, se succèdent avec précision et régularité dans le corps d’un médium et font entendre par la même bouche, tantôt le langage le plus trivial, tantôt un langage pur et choisi, exprimant des sentiments nobles et délicats, des vues si profondes quelles ravissent tous les auditeurs.
Les manifestations d'esprits malheureux, venant, guidés par des âmes compatissantes, nous exposer leurs peines, leurs regrets, leurs douleurs, rechercher des consolations et des enseignements, ne sont pas non plus des impostures du subliminal.
A ce propos, nous avons souvent constaté un fait : l’inlluence fluidique des esprits inférieurs incommode les médiums, leur cause des malaises durant la trance et de violentes migraines au réveil, au point de nécessiter le dégagementimmédiataumoyen de passes magnétiques. Au contraire, chez les mêmes sensitifs, avec d’autres entités élevées, comme l’Esprit bleu, par exemple, la trance est douce, l’influence bienfaisante; le médium se réveille sous une impression de quiétude,
comme baigné dans une atmosphère de paix et de sérénité.
Les théories de la subconscience et de la double personnalité sont impuissantes à expliquer ces faits. Le subconscient est simplement un état de la mémoire dont les couches profondes, silencieuses dans la vie normale, se réveillent et vibrent pendant l'extériorisation. C’est ce que démontrent les cas de reconstitution des vies antérieures chez les médiums. 11 y a là un magnifique sujet d’étude pour arriver à la connaissance de Lêtre et des lois de son évolution. Nous y trouvons la preuve que le moi conscient n'est pas une création spontanée, mais qu’il a constitué son individualité par des acquisitions successives, à travers toute une série d’existences. L’organisme physique actuel n’ayant pas contribué à certaines de ces acquisitions, il est évident que l’esprit ne saurait être considéré comme la résultante de cet organisme, qu’il a existé avant lui et lui survivra.
Ainsi la théorie spirite se dégage dans toute sa force et sa logique d’un ensemble de faits qu’elle seule est capable d'expliquer. L’âme s'y révèle, indépendante du corps, dans sa personnalité indivisible, dans son moi lentement constitué à travers les âges, à l’aide de matériaux qu elle conserve latents en elle et dont elle recouvre la possession à l'état de dégagement, par le sommeil, par la trance ou par la mort.
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