TROISIÈME PARTIE
Après avoir longtemps nié la réalité des phénomènes spirites, de nombreux contradicteurs, vaincus par l'évidence, changent maintenant de tactique et nous disant : Oui, le spiritisme est vrai, mais la pratique en est pleine de dangers.
On ne saurait contester que le spiritisme olïre des dangers aux imprudents qui, sans études préalables, sans préparation, sans méthode, sans protection efficace, se livrent aux recherches occultes. Faisant de l’expérimentation un jeu, un amusement frivole, ils attirent à eux les éléments inférieurs du monde invisible, dont ils subissent fatalement les influences.
Toutefois, ces dangers ont été fort exagérés. En toutes choses, il y a des précautions à prendre. La physique, la chimie, la médecine exigent aussi des
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éludes prolongées, et l'ignorant qui voudrait manier des substances chimiques, des explosifs ou des toxiques, exposerait par cela même sa santé et sa vie. Il n’est pas une seule chose, suivant l’usage que nous en ferons, qui ne soit bonne ou mauvaise. Il est injuste, (m tous cas, de faire ressortir le mauvais côté des praîiques spirites sans signaler les bienfaits qui en découlent et qui remportent de beaucoup sur les abus et les* déceptions.
Aucun progrès, aucune découverte ne se réalise sans risques. Si l’on avait refusé, depuis l’origine des temps, de s’aventurer sur l’océan parce que la navigation comporte des dangers, qu’en serait-il résulté ? L’humanité, fragmentée en familles diverses, se serait confinée suites continents et aurait perdu tout le profit qu’elle retire des voyages et des échanges. Le monde invisible est aussi un vaste et profond océan semé d’écueils, mais plein de richesses et de vie. Derrière le voile de l’au delà s’agitent des foules innombrables que nous avons intérêt à connaître, car elles sont dépositaires du secret de notre propre avenir. De là, la nécessité d’étudier, d’explorer ce monde invisible, de mettre en valeur les forces, les ressources inépuisables qu’il contient, ressources près desquelles celles de la terre paraîtront un jour bien restreintes.
D’ailleurs, quand bien même nous nous désintéresserions du monde invisible, celui-ci ne se désintéresse pas de nous pour cela. Son action sur l’humanité est constante. Nous sommes soumis à ses influences, à ses suggestions. Vouloir l’ignorer, c’est rester désarmé devant lui. Tandis que, par une étude méthodique, nous
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apprenons à attirer h nous les forces bienfaisantes, les secours, les bonnes influences qu'il renferme; nous apprenons à écarter les inlluences mauvaises, à réagir contre elles parla volonté et la prière. Tout dépend du mode d’emploi et de la direction imprimée à nos forces mentales. Et combien de maux dont la cause nous •échappe, parce que nous voulons ignorer ces choses et qui pourraient être évités par une étude conscien lieuse et approfondie du monde invisible !
La plupart des névrosés et des hallucinés, traités sans succès parla médecine officielle, ne sont que des obsédés susceptibles d’étre guéris par les pratiques spirites et magnétiques (l).
Dieu a placé l’homme au milieu d'un océan de vie, d’un réservoir inépuisable de forces et de puissances. Et il lui a donné l’intelligence, la raison, la conscience, pour apprendre à connaître ces forces, à les conquérir, à les utiliser. C’est par cet exercice constant que nous nous développerons nous-mêmes et arriverons à établir notre empire sur la nature, la domination de la pensée sur la matière, le règne de l’esprit sur le monde.
C’est le but le plus élevé que nous puissions assigner à notre vie. Au lieu d’en détourner l'homme, apprenonslui à le poursuivre sans hésitation. Etudions, scrutons l’univers sous tous ses aspects, sous toutes ses formes. Savoir est le bien suprême, et tous les maux viennent de l’ignorance.
^i) Th. Darel, la Folie (Leymarie, édit.), passirn.
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Les difficultés d’expérimentation proviennent de ce que nos contemporains, en général, n’ont pas la moindre notion des lois psychiques et sont, en outre r dans l’incapacité de les étudier avec fruit par suite des dispositions d'esprit résultant d’une mauvaise éducation. Parleurs préjugés, leur présomption, leurscep ticisme gouailleur, ils éloignent d’eux les influences favorables.
Dans ces conditions, il se peut que l’expérimentation spirite soit pleine dembùches, mais elle le sera bien plus pour les médiums que pour les observateurs. Le médium est un être nerveux, sensible, impressionnable; il a besoin de se sentir enveloppé d’une atmosphère de paix, de calme, de bienveillance, que la présence des esprits avancés peut seule créer. L’action fluidique prolongée des esprits inférieurs peut lui être funeste, ruiner sa santé, en provoquant les phénomènes d'obsession et de possession dont nous avons parlé. Ces cas sont nombreux. Allan Kardec les a étudiés et signalés (i). Après lui, Eug. Nus en a relaté d’autres (2). Nous en citerons de plus récents. Quelques-uns vont jusqu’à la folie. On en a tiré argument contre le spiri-
(1) Allan Kardec, Livre des Médiums , pp. 3 o; à 326.
(2) Voir dans Choses de l'autre monde , p. i 3 q, le cas de Victor Ilennequin qui, s’obstinant à expérimenter seul et sans contrôle, perdit la raison. Il recevait, par la table, des communications de « l’Ame de la terre » et se crut élevé au rang de « sous-dieu » de la planète. Mais peut-être n'y avait il là qu’un phénomène d’auto-suggestion inconsciente.
Usine. En réalité, ils découlent simplement de la légèreté et du manque de précaution des expérimentateurs et ne prouvent rien contre le principe. Partout, dans le spiritisme, à coté du mal se trouve le remède.
11 faut, disions-nous, s'entourer de précautions dans la pratique de la médiumnité. Les routes que le spiritisme trace entre le monde occulte et le nôtre peuvent Servir de moyens d’invasion aux âmes perverses qui flottent dans notre atmosphère, si nous ne savons leur opposer une garde vigilante et sûre. Bien des âmes tendres et sensibles, incarnées sur la terre, ont soutïert de leur commerce avec ces esprits malsains que leurs désirs, leurs appétits, leurs regrets, ramènent sans cesse près de nous.
Les âmes élevées savent, par leurs conseils, nousgarantir des abus, des dangers, et nous guider dans les voies de la sagesse; mais leur protection sera insuffisante, si nous ne faisons etfort pour nous améliorer par nous-mêmes. C’est la destinée de l’homme de développer ses propres forces, de construire lui-même son intelligence et sa conscience. Il faut que nous sachions atteindre un état moral qui ôte toute prise sur nous aux individualités inférieures. Sans cela, la présence de nos guides sera impuissante à nous sauvegarder. Au contraire, la lumière qu'ils font autour de nous attirera les esprits de l’abîme, comme la lampe allumée au sein de la nuit attire les phalènes, les oiseaux nocturnes, tous les habitants ailés de l’ombre.
Nous avons parlé des obsessions; en voici quelques exemples :
Le médium Philippe Raudone, dit la Médianila , do