‹ Dans l'invisibleChapitre 48 sur 57 · ET · texte numérisé non relu

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DANS r/lNVISIULÊ

Rome (1), est en butte aux mauvais procédés d'un es prit, désigné sous le nom d uomo fui , qui s’est etïorcé, plusieurs fois, de l’étoulïer la nuit sous une pyramide de meubles qu’il s’amuse à transporter sur son lit. En pleine séance, il s’empare violemment de Randone et le jette à terre, au risque de le tuer. Jusqu'ici on n’a pu débarrasser le médium de cet hôte dangereux.

En revanche, la revue Luz ij Union , de Barcelone {décembre 1902), rapporte qu’une malheureuse mère de famille, poussée au crime sur son mari et ses enfants par une inlluence occulte, en proie à des accès de fureur contre lesquels les moyens ordinaires étaient restés impuissants, fut guérie en deux mois par suite de révocation et de la conversion de l’esprit obsesseur, au moyen de la persuasion et de la prière. Il est certain que des résultats analogues seraient obtenus dans bien des cas, à l’aide des mêmes procédés.

La plupart des esprits qui interviennent dans les phénomènes de hantise peuvent être classés parmi les obsesseurs.

Le revenant de Yalence-en-Brie (1890), qui bouleversait les meubles dans la maison de M. Lebègue, et dont la voix se faisait entendre depuis la cave jusqu’au grenier, injuriant les habitants, se répandant en paroles grossières, en expressions stercoraires, est le type de ces manifestants de bas étage.

Les Psychische Sludien, d’aoùt 1891, signalent un cas analogue. Une pauvre femme de Gœpingen, âgée

;i) Reproduit par le Spiritualisme moderne. Paris, avril 1.908 1

île 50 ans, était hantée par l’esprit de son mari, qui, après l'avoir abandonnée pour aller en Amérique avec une autre femme, avait tué sa maîtresse, puis s’était suicidé. Il produisait dans sa chambre des bruits continuels et variés et privait de sommeil les locataires voisins. Elle le reconnaissait à la voix; elle dut changer plusieurs fois de domicile, niais inutilement. L’esprit la suivait partout. Il se glissait la nuit dans son lit, la poussait violemment et lui tirait les cheveux. Une fois, il la brûla si fort, qu'elle en porta la marque pendant quinze jours.

Ces mauvais esprits ne sont, en général, que des ignorants, et on peut les ramener dans la voie du bien par la douceur, la patience, la persuasion. Il en est aussi de méchants, d’endurcis et même de redoutables qu’on ne saurait braver impunément, si l’on n’est armé de volonté, de foi, de moralité. Il est bon de le redire : la loi de rapport règle toutes choses dans le domaine de l'invisible. Nos contacts avec le monde ultra-terrestre varient à l'infini suivant la nature de nos pensées et de nos tluides. Ceux-ci sont des aimants puissants pour le bien ou pour le mal. Par eux, nous pouvons nous associer à ce qu’il y a de meilleur ou de pire dans l'au-delà, et provoquer autour de nous les manifestations les plus sublimes ou les phénomènes les plus répugnants.

Par quels moyens peut-on préserver les médiums des périls de l'obsession ? En les entourant d’une atmosphère de paix, de recueillement, de sécurité morale, en formant, par l’union des volontés, un faisceau de forces magnétiques. Le médium doit se sentir sou-

tenu, protégé. Il ne faut pas négliger la prière. Les pensées sont des forces, d'autant plus puissantes qu’elles sont plus pures et plus élevées. La prière, aidée par l’union des volontés, oppose une barrière lluidique infranchissable aux entités inférieures.

Le médium, de son côté, doit résister par la pensée et la volonté à toute tentative d’obsession et s’affranchir des dominations suspectes. Il est plus facile de prévenir que de guérir. Les cas d'incorporation, surtout, présentent des dangers. Aussi le médium ne doit abandonner son corps à d'autres âmes que sous la surveillance et le contrôle d’un guide éclairé.

C’est une erreur et un abus de croire que le médium doit toujours être passif et soumis sans réserve aux inlluences ambiantes. Le médium n’est pas un sujet servile, comme ces malades sensitifs servant aux expériences de certains spécialistes ; c’est un missionnaire dont la conscience et la volonté ne doivent jamais s’annihiler, mais s’exercer sagement et ne se plier qu’à l)on escient, et après examen, à la direction occulte qui lui est imprimée. Quand les inlluences ressenties lui paraissent mauvaises et dégénèrent en obsession, le médium ne doit pas hésiter à changer de milieu, ou tout au moins à éloigner de lui les personnes qui semblent favoriser ou attirer ces influences.

En écartant les causes d’obsession, on éloigne en même temps les causes de maladie. Ce sont les fluides impurs qui altèrent la santé des médiums, troublent et amoindrissent leurs plus belles facultés.

Dans les phénomènes d’incorporation, on abuse souvent du magnétisme humain. L’action fluidique

PRATIQUÉ ET DANGERS DE LA MÉDIL’MNITL 38j

d’un homme de bien, de mœurs pures et de pensées hautes, seule, peut être acceptée. Le médium, en toutes circonstances, doit se placer sous la protection de son guide spirituel qui, s'il est élevé et énergique, saura éloigner de lui tous les éléments de trouble, toutes les causes de souffrance. Somme toute, les mauvais esprits n’ont sur nous que J'influence que nous voulons bien leur laisser prendre. Quand la raison est droite, le cœur pur, la volonté ferme, leurs efforts sont vains.

Lue protection occulte efficace, avons-nous dit, est la condition essentielle du succès dans le domaine de l'expérimentation. Aucun groupe ne saurait s’en passer. Les faits le démontrent, et tous les médiums qui ont publié leurs impressions, leurs souvenirs, en fournissent le témoignage.

M me d’Espérance dédie son livre Au pays de l'ombre, à son guide spirituel, Hum mur Statlord, «dont la main directrice, quoique invisible, et dont les « sages conseils ont été sa force et sa consolation pen- « dant le voyage de la vie ».

M ,ne Piper, affaiblie et rendue malade par le contact d’esprits inférieurs, dut son rétablissement et la bonne direction de ses travaux à l'intervention ferme et vigoureuse des esprits ïmperator, Doctor et Hector. Grâce à eux, de confuses qu’elles étaient, les expériences redevinrent aussitôt claires, précises, convaincantes ( 1 ).

( 1 ) Voir ch. XIX, p. 287 .

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On pourrait multiplier ces exemples. Allan Kardec a constitué la doctrine spirite à l'aide de révéla tiens émanant d’esprits supérieurs. Dans notre propre groupe, c’est grâce à l’influence d’esprits élevés que nous obtînmes les beaux phénomènes relatés plus haut. Ce fut, seulement, il est vrai, après une longue période d’attente et de persévérants essais que ce secours nous fut accordé. Dans cet ordre de faits, on obtient ce qu’on a su mériter par une patience longtemps mise à l’épreuve et un désintéressement absolu. Dans l’expérimentation, nous nous trouvonscn présence d’intelligences étrangères, de Volontés qui, souvent, priment la notre et se soucient peu de nos exigences et de nos caprices. Elles lisent en nous, et il faut savoir gagner leur confiance et leur appui par des intentions pures, par des mobiles généreux.

Cette protection, qui planait sur notre groupe et persista aussi longtemps que nous restâmes unis de pensée et de cœur, je l’ai retrouvée dans tout le cours de ma carrière de conférencier et je suis heureux d’en rendre témoignage ici, en remerciant d’une âme sincère et attendrie ces nobles amis de l’espace, dont l’assistance m’a été si précieuse aux heures difficiles.

Plus d’une fois, au moment d’affronter un public sceptique, voire hostile, et de traiter, devant des salles combles, des sujets très controversés, je me suis trouvé dans les conditions physiques les plus défavorables. Et chaque fois aussi, à mon pressant appel, mes guides invisibles venaient me rendre les forces nécessaires à l'accomplissement de ma tâche.

On voit combien la protection d'un guide sérieux,

puissant, éclairé, est nécessaire dans les séances. Lorsque le guide est insuffisant, les difficultés se multiplient et les mystifications abondent. Les esprits légers se mêlenlaux esprits de notrefamilledont ils troublent les manifestations. Des intrus, d une obscénité révoltante, se glissent parfois dans les réunions. Le professeur Falcomer, dans sa Phénoménographie (U, parle d’un cas où « à de pieuses manifestations succéda un langage impie, dicté par les coups du guéridon, et adressé à trois dames et une jeune fille. Ce langage était celui d’un être impudent et laid et on ne peut le transcrire. La mère du professeur et les autres assistants en éprouvèrent un profond dégoût ».

Certain expérimentateur, dans une belle inconscience, se plaisait à montrer à tout venant des photographies très risquées, dues à des esprits de l’ordre le plus grossier dont il était souvent assisté. L’immixtion de ces personnages occultes dans notre groupe d’études ne contribua pas peu à altérer les bons résultats habituellement obtenus, à introduire des éléments de dis corde et de désagrégation et à détruire le fruit de nos efforts de plusieurs années.

L'action des esprits malins et dégradés ne jette pas seulement le ridicule et le discrédit sur notre cause, en éloignant d’elle les personnes scrupuleuses et bien élevées ; elle pousse encore les médiums à la supercherie et ruine à la longue leur jugement et leur dignité. Ou commence par rire et s’amuser des réponses cyniques ou saugrenues de ces esprits; mais par cela

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(ij Reproduit par la Revue spirite, 1902, p. 7^7.

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même on les attire à soi, et ces visiteurs incommodes, à qui vous ouvrez ainsi votre porte, reviennent, s’attachent à vous et deviennent parfois de redoutables obsesseurs.

Le spiritisme, considéré comme dangereux par les uns, comme puéril et vulgaire par les autres, n’est guère connu de la masse que sous ses aspects inférieurs. Ce sont les phénomènes les plus matériels qui attirent de préférence l’attention et provoquent des jugements défavorables. Cet état de choses est dû aux théoriciens et vulgarisateurs qui, voyant dans le spiritisme une science purement expérimentale, négligent ou écartent par système, quelquefois avec dédain, les moyens d’entrainement et d'élévation mentale indispensables pour produire des manifestations vraiment imposantes. On ne tient pas assez compte des dillérences considérables existant entre l’état psychique vibratoire des expérimentateurs et celui des esprits susceptibles de produire des phénomènes d’une grande portée, et on ne fait rien pour atténuer ces dilïc iences. De là, la pénurie des hautes manifestations comparées à l’abondance des faits vulgaires.

11 en résulte que de nombreux critiques, ne connaissant de la question que son coté terre à terre, nous accusent journellement d’édifier, sur des faits mesquins, une doctrine pleine d’ampleur. Plus familiarisés avec le côté transcendantal du spiritisme, ils reconnaîtraient que nous n’avons rien exagéré. Au contraire,

nous sommes plutôt restés au-dessous de la vérité.

Quelles que soient les répugnances des théoriciens positivistes et « antimystiques », il faudra bien tenir compte des indications des hommes compétents, sans quoi on ferait du spiritisme une piètre science, pleine d’obscurités et de périls pour les chercheurs.

L’amour de la science 11 e suffit pas, a dit le professeur Falcomer; il faut encore la science de l’amour. Dans les phénomènes, nous n’avons pas seulement affaire à des éléments physiques, mais à des agents spirituels, à des êtres moraux qui, comme nous, pensent, aiment, souffrent. Dansles profondeurs invisibles, l’immense hiérarchie des âmes s’étage, des plus obscures jusqu’aux plus radieuses. Il dépend de nous d'attirer les unes et d’écarter les autres.

Le seul moyen consiste à créer en nous, par nos pensées et nos actes, un foyer rayonnant de pureté et de lumière. Toute communion est une œuvre de la pensée. La pensée est l’essence même de la vie spirituelle. C’est une force qui vibre avec une intensité croissante, à mesure que l’âme monte, de l'être inférieur à 1 esprit pur et de l’esprit pur à Dieu.

Les vibrations de la pensée se propagent à travers l’espace et attirent â nous des pensées et des vibrations similaires. Si nous comprenions la nature et l'étendue de cette force, nous n’aurions que de hautes et nobles pensées. Mais l'homme s'ignore encore, comme il ignore les ressources immenses de cette pensée créatrice et féconde qui sommeille en lui et à l’aide de laquelle il pourrait renouveler le monde.

Dans notre inconscience et dans notre faiblesse, le

DANS L INVISIUU:

|>Jus souvent, nous attirons à nous des êtres mauvais dont les suggestions nous troublent. C’est ainsi que la communion spirituelle s'altère, s’obscurcit par le fait de notre infériorité; des lluides empoisonnés se répandent sur la terre, et la lutte du bien et du mal se déroule dans le monde occulte comme dans le monde matériel.

L’attraction des pensées et des âmes, c’est toute la loi des manifestations psychiques. Tout est affinité et analogie dans l’invisible. Chercheurs qui sondez le secret des ténèbres, élevez donc bien haut vos pensées, afin d'attirer à vous les génies inspirateurs, les forces du bien et du beau. Élevez-les, non seulement aux heures d'études et d’expériences, mais fréquemment, à toute heure du jour, comme un exercice salutaire et régénérateur. doubliez pas que ce sont ces pensées qui, lentement, affinent et épurent notre être, agrandissent nos facultés, nous rendent aptes à ressentir les sensations délicates, source de nos félicités à venir.

Le problème de la médiumnité est resté obscur et incompris pour la plupart des psychologues et des théologiens de notre époque. Le passé possédait sur ce point des lumières plus vives, et même au moyen âge, quelques hommes, héritiers de la sagesse antique, ont vu juste dans la question. Au douzième siècle, Maïmonides, le savamt rabbin juif de Cordoue, élève d’Averrhoès, s’inspirant des doctrines de la Kabbale, résumait en ces termes la loi de la médiumnité :

« L'Esprit plane sur l'humanité jusqu’à ce qu’il ait trouvé le lieu (le sa demeure. Toute nature ne lui est pas bonne; sa lumière n'est à l’aise que dans l'homme sage, sain, éclairé parmi ses semblables. Quiconque aspire aux honneurs du commerce sublime doit s’appliquer à perfectionner sa nature au dedans comme au dehors. Amant de la solitude, il y emporte les livres sacrés, prolonge ses méditations et ses veilles, remplit son àme de science et de vertu. Ses repas sont réglés ; ses mets, ses breuvages, choisis, afin que dans son corps sain et sa chair renouvelée à point, il y ait un sang généreux. Alors, tout est prêt : le fort, le savant, le sage sera prophèle ou voyant, dès que l'Esprit le rencontrera sur sa route (1). »

L’homme a donc une préparation complexe à subir et une règle de conduite à observer pour développe! en lui le don précieux de la médiumnité. 11 faut poui cela la culture simultanée de l’intelligence, de l ame, du corps. 11 faut la science, la méditation, le recueille ment, le détachement des choses humaines. L esprit inspirateur déteste le bruit : « Dieu n'habite pas dans le trouble, » dit l’Ecriture. Un proverbe arabe le répète : « Le bruit est aux hommes ; le silence est à Dieu. »

u II faut se perfectionner au dedans et au dehors », dit le savant juif. En efïet, les fréquentations vulgaires sont nuisibles à la médiumnité, en raison des fluides impurs qui se dégagent des personnes vicieuses et s’at tachent aux nôtres pour les neutraliser. Il faut aussi veiller sur son corps : Mens sana in corpore sano . Les

passions charnelles attirent les esprits de luxure ; le

(i) Dax dubitantium el director perplexorum. [Le Guide des égarés.) Trad. Miinck, t. I, p. 3*28.

médium qui s'y livre avilit sa puissance et finit par la perdre. Lien n’alïaiblit les hautes facultés comme de s'abandonner à l’amour sensuel; il énerve le corps et trouble les sources limpides de l'inspiration. De même que le lac le plus puret leplusprofond, lorsqu'il est agité par latempête, qui en remue le limon et le fait remonter à la surface, cesse de refléter l’azur du ciel et la splendeur des étoiles; ainsi l ame du médium, troublée par des mouvements impurs, devient impropre à reproduire les visions de l'au-delà.

Il est, dans les profondeurs intimes, dans les replis ignorés de toute conscience, un point mystérieux par où chacun de nous confine à l'invisible, au divin. C’est ce point qu’il faut découvrir, agrandir, dilater; c'est cette arrière-conscience qui se réveille dans la trance, comme un monde assoupi, et livre le secret des vies antérieures de l’âme. C’est la grande loi de la psychologie spirite, unissant et conciliant, dans le phénomène médianimique, l’action de l’esprit et la liberté de l'homme ; c'est le baiser mystérieux résultant de la fusion de deux mondes dans cet être fragile et fugitif que nous sommes ; c’est un des plus nobles privilèges, une des plus réelles grandeurs de notre nature.

La haute médiumnité entraîne de grands devoirs et des responsabilités étendues. « Il sera beaucoup demandé à ceux qui ont beaucoup reçu. » Les médiums sont de ceux-là. Leur part de certitude est plus grande que celle des autres hommes, puisqu’ils vivent par anticipation dans le domaine de 1 invisible, auquel un lien de plus en plus étroit les attache. Un sage exer-

cice de leurs facultés les élève vers les sphères lumi neuses de l'au-delà et y prépare leur place future. Au poiut de vue physique, cet exercice n’est pas moins salutaire. Le médium se baigne, se retrempe dans un océan d’effluves magnétiques qui lui donnent force et puissance.

Par contre, il a d’impérieux devoirs à remplir et ne doit pasoublierque ses pouvoirs ne lui sont pas ac cordés pour lui même, mais pour le bien de ses semblables et le service de la vérité. C’est une des plus nobles tâches qui puissent échoir à une âme en ce monde. Pour l’accomplir, le médium doit accepter toutes les épreuves, savoir pardonner toutes les offenses, oublier toutes les injures. Sa destinée sera pénible, peut être, mais c’est la plus belle, car elle conduit vers les hauteurs de la spiritualité. Sur la longue route de l’histoire, la vie des plus grands médiums et prophètes lui donne l'exemple de l’abnégation et du sacrifice.

XXI11. — Hypothèses et objections; les larves;

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