‹ Dans l'orbe de la PléiadeChapitre 18 sur 45 · LET · texte numérisé non relu

LET

Plaines et bois, et vous plaisants coustaux,

Certains tesmoins de ma peine si dure,

Quand quelquesfois 1’imprime sa figure

Dessus le tronc de vos sacrez fouteaux, S'ell’vient un iour, desdaignant tous mes maux,

Prendre le frais de l’espesse verdure,

Desclarez luy tout le mal que r’endure

Pour aimer trop ces deux astres iumeaux.

Dites aussi que c’est pour l’amour d’elle

Que 1’ay souffert la fortune cruelle,

Qui peu-à-peu à ce trauail m'attire :

Faites luy voir le fort des passions

Que ie reçoy par les impressions

De sa beauté qui tousiours me martire.

IIT. — 1: plaisans: 6: fraiz.

Mais d’Espinay parlant d’une plante arrachée, il est plus probable qu'ii traduit Virgile que paraphrase aussi Ronsard (4eneid., IX, 435-487) :

Purpuïeus veluti cum flos succisus aratro

Languescit moriens, lassove papavera collo

Demisere caput, pluvia cum forte gravantur.

cf. aussi CATULLE (Carmen XI, 21-2%4) :

Nec meum respectet ut ante Amorem Qui illius culpa cecidit: velut prati Ultimi flos, prætereunte postquam Tactus aratro est,

III, 1 à 8. — Le sonnet se divise en deux parties dont la première seule (vers 1:8) ast imitée. L'habitude d'’unir la nature à l'amour est courante au XVIe siècle. Jeän SECOND en à tiré un beau parti dans une de ses Ælégies (II, IIa eleg solemnis; éd de 1582, p.25):

Et cæli facies, et rerum mitis imago,

Pictaque quæ vario flore renidet, humus,

Pendulaque obscuris distincta umbracula sylvis, etc. On en trouvera aussi de jolis exemples dans SANNAZAR :

Cari scogli, dilette e fide arene,

Che i bei duri lamenti udir solete

Antri che notte e di me rispondete,

Quando de l’ardor mio pieta vi viene;

Folti boscheti, dolci valli amene,

Fresche herbe, liete fiori, ombre secrete, etc.

(Rime. seconda parte, p. 327-398).

Ou encore, ib., p. 360, le sonnet :

Liete verdi, fiorite, e fresche valli Ombrose selve, e Solitari monti, etc.;

Toutes les fois qu’en Madame ie pense, Tout autre bien s’esloigne de mes yeux, Quand ie la voy, ie ne voudrois (ô Dieux !) Auecque vous chercher ma demeurantce.

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