SOUS LA TRAPPE
Lorsque la toiture du magasin s'était rompue, écrasée sous le poids de la grande épi-
nette, Marthe était restée un instant paralvsée par le saisissement; mais, quand elle vit audessus d'elle une ouverture béante par laquelle s'engouffraient le vent et la grêle, une idée fixe, primant toute autre, s’ancra dans son cerveau en désarroi : Fuir! fuir! malgré l’intensité de l'orage, malgré la violence de la grêle... Fuir au plus vite loin de ses ravisseurs inconnus, loin de ce lieu de misère, de terreur et de désespoir.
Elle escalada la pile de caisses et de barils, arracha les débris qui obstruaient encore le passage, atteignit le sommet éventré de la cabane, et se-laissa couler au dehors le long des branches ruisselantes de l'arbre renversé.
A quelques pas d'elle, à demi voilée par un épais rideau de pluie, commençait l’épinettière. Sans un regard en arrière, Marthe courut vers elle, vers cet asile que semblait lui offrir la forêt connue et aimée, une sensation de délivrance, les yeux pleins de larmes de joie et d'espoir, et disparut sous les voûtes obscures que formaient les rameaux.
La fureur de la tempête se brisait contre cet énorme rempart de sapins enchevêtrés ; le vent n'arrivait plus que par courtes bouffées dans les étroites et rares clairières; et les bruits de
l'orage, assourdis par l'épaisseur des masses de verdure, paraisseient provenir de bien loin. La pluie elle-même, incapable de traverser cet entassement de ramures, ne crépitait plus sur le sol, mais elle s'insinuait à travers les aiguilles, glissait le long des branches et s'écoulait sans bruit par leurs extrémités en minces filets liquides.
Malgré sa faiblesse, Marthe courait toujours. Elle suivait au hasard les sentiers tracés par les animaux. Elle enfoncait dans le souple tapis de longue mousse élastique. Elle escaladait les entassements de troncs morts à demi pourris et couverts de champignons. Au pied d'une épinette renversée qui dressait en l'air, comme une gigantesque toile d’araignée, les fines brindilles de ses racines traçantes, s'était creusé un petit puits aux parois de mousse :
Marthe s'agenouilla et but à longs traits cette eau limpide et glacée qui filtrait à travers le sable.
Puis elle reprit sa course au hasard, à demi courbée sous les arches sombres et basses, parmi les obstacles sans nombre du bois vierge. Mais, ce premier moment de surexcitation passé, sa marche se ralentit, et elle se sentit si faible qu'une terreur folle l'envahit. Main-
tenant l’épinettière, trop fourrée et trop obscure, lui faisait peur; elle aspirait à en sortir, craignant de se laisser aller sur la mousse, sans force pour se relever, et de mourir là, toute seule, dans toute cette nuit verdâtre, dans cet angoissant silence et sous cette écrasante épaisseur de rameaux noirs.
Elle avançait toujours pourtant, le regard fixe, le visage crispé; mais un brouillard voilait ses prunelles, des étourdissements passagers la faisaient défaillir et l'obligeaient continuellement à s'accrocher, chancelante, aux branches basses pour ne pas tomber définitivement. .
En revenant à elle après un de ces courts anéantissements, un bruit lointain et continu lui fit tendre l'oreille. Elle écouta quelques secondes et reconnut, avec une joie soudaine, la mélancolique clameur que produit le vent en traversant les bois brûlés. Là-bas finissait l'épinettière! Là-bas il y avait au moins de l’espace, de la lumière et un terrain déblayé d'obstacles! Le désir de revoir le ciel donna de nouvelles forces à Marthe, et, malgré la sauvage horreur des grands bois brülés, malgré la tristesse des sanglots du vent dans leurs branches, elle s’élança dans la direction du bruit...
Oh! la triste cantilène du vent dans les bois brülés! Des millions de grands arbres morts, écorcés et encore debout, se dressent de toutes parts comme de hautes colonnes grises, tendant vers le ciel leur ramure desséchée qui semble s'être raidie dans une désespérée convulsion d’agonie. Et de ce cimetière géant où tout vibre et résonne à la plus légère brise, depuis la mince brindille jusqu’à lénorme tronc, s'élève une confusion de sons graves et sonores, amplifiés par les échos, dont l'ensemble produit une harmonie lugubre qui monte, baisse, se modifie au souffle du vent : tantôt plainte puissante mais sourde et monotone, tantôt clameur immense criant au loin la désolation et la mort... Effrayante lamentation de la Forêt en deuil pleurant sur ces millions de cadavres.
C'est à la lisière de coteaux cafcinés, où l'herbe reverdit entre les squelettes des grands arbres sur un sol noir de charbon et de cendre, que Marthe venait d'arriver; mais d'un côté le terrain, pavé de blocs erratiques, descendait en pente douce, et non loin de là s'estompait confusément, derrière le rideau de pluie, une tremblière déjà verdoyante.….
Marthe longe le coteau, marchant vers Ja
tremblière, mais elle n'en peut plus, ses yeux se voilent de plus en plus, tout se brouille dans son cerveau. Sous la pluie qui la transperce et le vent qui la cingle, elle trébuche, s'abat sur les mains, se relève avec effort, avance de quelques pas et trébuche encore.
En atteignant les premiers trembles verts, une dernière chute la fait rouler à terre : elle se tord sur le sol mouillé, essayant en vain de se redresser, soulève son buste qui retombe, et reste étendue sous la pluie, incapable d'aller plus loin.
Tout près d'elle, au pied d'un gros tremble, s'ouvre une sorte de niche de quelques pieds de long, formée de pieux plantés en terre et recouverte d’une trentaine de troncs d'arbres, juste assez haute et assez large pour qu'on puisse y ramper. Inconsciemment Marthe se traine jusque-là, s'étend sous cet abri précaire et perd connaissance.
Peu à peu l'orage s'éteignait. Les nuées, confondues, avaient perdu leurs contours et ne formaient plus qu’un uniforme rideau gris qui montait sans cesse de l'horizon occidental, se déroulait sans fin sur la coupole céleste et paraissait plonger derrière l'horizon oriental. Quelques éclairs diffus l'illuminaient encore;
quelques roulements de tonnerre, de plus en plus éloignés, se trainaient encore dans l'air plus calme; puis le ciel se dégagea, le vent et la pluie cessèrent, et le soleil presque à son déclin, projetant sur le sol les ombres démesurées des grands arbres morts, déversa des flots de lumière pâle sur la désolation des bois brûlés...
Sous la niche de troncs d'arbres, le corps étendu, trempé de pluie, vient de se ranimer, grelotte ct frissonne. Mais les paupières restent mi-closes ; la pensée flotte, confuse et fugitive. Marthe s'efforce de distinguer ce qui l'entoure, se demandant où elle se trouve. Il lui semble que ses yeux sont grands ouverts, mais que des ronds bleuâtres suivis d'éblouissements passent devant ses prunelles ; ses oreilles bourdonnent et une angoisse indéfinissable oppresse sa poitrine.
Peu à peu, cependant, les ronds bleuâtres disparaissent; Marthe voit distinctement où elle est et son angoisse se calme : elle est assise sur un escabeau, heureuse et tranquille dans la petite maison de la rivière Eau-Claire, à côté du poële qui ronronne. La lampe brille sur la table. De l’autre côté du poêle, où la bouilloire chante, le père Fournier répare un filet. Ettout
près d'elle Richard lui parle, développant de sa voix calme et posée de nombreux projets pour leur avenir commun :
« Oui, Marthe, nous irons jusqu'à New- City. .
Cependant un bruit confus et continu, dominant la voix de Richard et le ronron du poêle, intrigue depuis longtemps Marthe et lui fait tendre l'oreille. Ce n'est pas le bruit étouffé que produit le vent lorsqu'il courbe les grandes épinettes entourant la scierie, elle en est bien sûre. Elle écoute... écoute... dans un violent effort... et soudain elle comprend.
Mais non! Elle n’est pas à la rivière Eau- Claire! Où avait-elle la tête!... Elle est à Saint-Éloi!... Ces modulations graves et sonores ce sont les chants de l'harmonium résonnant dans la rustique petite église, et autour d'elle une foule se presse : Tous! tous! Ils sont là tous!... Ils sont venus de partout, aussi bien de Saint-Andrew que de Saint-Éloi, assister à la bénédiction nuptiale et apporter aux deux familles, désormais unies, l'unanime témoignage de leur affection et de leur sympathie. Marthe reconnaît tous ces visages amis, elle cite les noms tour à tour, elle serre les mains qui se tendent à la fois vers elle, et elle
pleure de joie. Le vieux curé à grande barbe, qui vient de quitter l'autel, lui sourit de loin, et Richard marche à côté d'elle, les yeux brillants de bonheur... Et elle! Oh! comme elle est heureuse! |
Mais le corps étendu sous la niche de troncs d’arbres s'agite soudain; les dents claquent; les paupières s'ouvrent démesurément, et les yeux errent, hagards : un bruit plus précis, que Marthe ne peut déterminer, vient de faire disparaitre d'un seul coup aussi bien l'église de Saint-Éloi que la scierie de la rivière Eau-Claire. Marthe comprend qu'elle est seule, perdue, près de mourir si elle n'est pas secourue aussitôt. Il lui semble qu'elle étouffe; une douleur intense lui broie le crâne, sous ses vêtements mouillés elle se sent transie, elle tremble de froid, de faim et de fièvre. Ce n'est plus maintenant le chant de l'harmonium qui frappe ses oreilles, mais la douloureuse cantilène du vent dans les bois brûlés, et elle reconnait avec stupeur qu’elle est étendue sous une trappe à ours!
Le bruit qui vient de réveiller Marthe se renouvelle et une voix se fait entendre :
« Par ici, père ! Impossible, dans ces pierres, de retrouver la trace! »
Au son de cette voix, le cœur de Marthe bondit : Richard!... Richard est li!... Elle essaye de se soulever, voulant sortir de l'abri qui la cache, mais l'émotion la paralyse et elle ne peut faire un mouvement; elle essaye de crier, mais son cœur bat trop violemment, elle suffoque, sa respiration s'arrête, et le souffle expire sur ses lèvres.
Le bruit de pas devient plus distinct, les deux hommes semblent zigzaguer aux alentours et se rapprochent peu à peu. Marthe angoissée, guidée par ces légers sons, suit avec terreur leurs allées et venues, se demandant s'ils passeront à proximité de Ja trappe.
Auront-ils la pensée de l'examiner et de regarder sous l'amas de bois qui la couvre?
Les pas sont à présent tout près, et un léger choc sur le sommet de son abri fait chavirer le cœur de Marthe.
« Une de mes trappes de l'année dernière, »
dit Foster.
Mais en même temps la voix de Richard, plus éloignée, s'élevait de nouveau :
« Par ici, père! disait-il. Elle a sûrement suivi la lisière du coteau. Peut-être a-t-elle trouvé la route?»
Et voilà maintenant les pas qui s'éloignent,
qui s'en vont lentement le long de la tremblière! Marthe se raidit, ses nerfs se tendent, sa tête se soulève légèrement; elle veut remuer ou crier à tout prix, mais elle sent d'avance qu'elle n'y parviendra pas, et ses yeux s'agrandissent d’épouvante et d'horreur.
Et puis le bruit des pas s'éteint. La voix de Richard s'élève encore plusieurs fois, de plus en plus lointaine, ct bientôt l’on n'entend plus rien... Rien que la grande voix du vent qui sanglote dans les bois brülés. Alors les nerfs de Marthe se détendent, ses prunelles se voilent, et elle laisse retomber sa tête avec un gémissement.
Un oblique rayon de soleil rampe sournoisement sous la trappe à ours et joue daus la chevelure de Marthe. Plusieurs petits oiseaux, pépiant et se trémoussant, viennent picorer devant ses pieds. Un écureuil rayé, se glissant entre deux poutres, pénètre dans l'enclos : il s'installe sur la barre de déclanchement, examine d'un air étonné la jeune fille, descend le long d'une perche, s'arrête à mi-chemin, remonte, réfléchit, descend un peu plus bas, remonte encore; puis il redescend avec circonspection jusqu'à terre, vient flairer le corps immobile, dresse la queue
et, d'un bond rapide, saute sur la poitrine.
Marthe entend pépier les oiseaux; elle voit le rayon de soleil et l'écureuil, ses regards indécis errent de l’un à l’autre. Mais elle reste inerte et insensible ; son cerveau ne fonctionne plus, elle ne peut même plus souffrir, ne ressentant qu'une douleur imprécise amortie par sa trop grande faiblesse et l'engourdissement de sa pensée.
Dehors, toujours les lugubres sanglots du vent dans les bois brülés, dominés parfois par le trot lourd d’un élan ou d’un daim traversant à la hâte le coteau calciné. Cependant un bruit nouveau, d'abord lointain, se fait encore entendre et se rapproche peu à peu : chocs sourds et grincements d'un chariot qui roule lentement sur un chemin jonché d'obstacles.
Soudain les oiseaux qui picoraient devant la trappe prennent leur vol et s'enfuient ; l’écureuil s'étonne, s’arrêle dans ses ébats, dresse la tête, bondit sur la barre de déclanchement et disparaît. Marthe est toujours dans une complète immobilité, mais de ses lèvres entr'ouvertes s'échappe une longue plainte machinale, pareille à un vagissement.
Les chocs et les grincements du dehors se rapprochent encore ; ils paraissent à présent
tout près, l’on entend les pas d’un cheval dont les sabots heurtent les blocs de pierre. Puis tout s'arrête, le bruit cesse, et pendant quelque temps la plainte machinale de Marthe, grêle, monotone et régulière, se mêle seule à la clameur des bois brülés.
Bientôt pourtant de nouveaux bruits de pas et de nouvelles voix se font entendre aux alentours. Brusquement une ombre passe devant la trappe, interceptant le rayon de soleil, et une figure de bronze s'encadre dans l'ouverture.
LA NUIT TOMRBE
« Marthe, ma sœur dela rivière Eau-Claire, pourquoi votre visage se détourne-t-il du mien? Pourquoi votre voix ne répond-elle pas à la mienne? Pourquoi vos yeux ne s’abaissent-ils pas vers les miens et regardent-ils toujours ainsi le soleil qui va s'éteindre?
“x Marthe, reconnaissez-moi! C'est votre amie qui parle : votre amie du lac des Cèdres; celle qui si souvent, pendant ses longs
voyages, a dormi à vos côtés sous le toit de votre père.
« Marthe, ma sœur, entendez-moi! Tout à l'heure il sera là, celui que votre cœur appelle. Rapide et sagace, mon frère est sur sa piste, et bientôt il le ramènera.
« Mais vos yeux brillent et ne veulent pas voir. Vos lèvres s’agitent et ne veulent pas parler. Vos mains tremblent et votre corps frissonne. Marthe, que pourrons-nous dire quand le chasseur viendra? »
Mais Marthe reste insensible au murmure de la jeune Indienne assise à côté d'elle et qui lui tient la main. Roulée dans des couvertures, elle est étendue sur une peau de cerf devant l'ouverture du wigwam de cuir, dressé à la hâte, dont le cône blanc s'élève parmi les buissons dans le vert päle des feuilles nouvelles.
Derrière elle, c'est la tremblière, où tout a repris vie au souffle du printemps, où les bourgeons éclatent sous la poussée de la sève.
Mais Marthe ne voit pas la tremblière renaissante, ct partout ailleurs tout est désolation et mort.
Devant elle, au delà du chemin à peine tracé qui vient du lac des Cèdres, au bout du
grand coteau picrreux et calciné, un pâle soleil brouillé semble agoniser à l'horizon, et sa lumière jaune se traine au ras du sol entre les squelettes gris des arbres desséchés. Une brise lente et pesante, arrivant par bouffées, fait frémir les rameaux et gémit dans les trembles. Dans les clairières voisines, les loups hurlent. Et toujours, variant avec la brise, tantôt plainte sonore mais douce ct monotone, tantôt clameur immense, s'élève continucllement la grande lamentation des bois brülés : la Forêt pleure...
Un feu clair brille à l'intérieur du wigwam où deux Indiens, l'homme et la femme, achèvent en silence l'installation du camp, et un grêle filet de fumée s'échappe par le sommet du cône, Parfois les deux Indiens s'avancent devant l'ouverture, guettant le retour de leur fils envové sur la trace de Richard, et jettent en passant un ÎJong regard d’impuissance attristée sur la jeune fille mourante.…..
« Marthe, ma sœur, ne regardez plus ainsi le soleil qui s'éteint, mais tournez votre visage de ce côté et entendez ma voix. Voici mon frère et le chasseur qui viennent, Marthe, ils viennent le long du bois. »
Conduit par un jeune Indien, Richard vient
d'arriver. Il s'arrête auprès de Marthe et s’agenouille à son côté, mais il ne peut que lui prendre la main et balbutier d’une voix que l'émotion étouffe :
« Marthe! ... Ma pauvre Marthe!»
Au son de cette voix, Marthe tressaille et s'agite un instant; mais les derniers rayons du jour semblent impérieusement attirer ses regards, et son visage ne se détourne pas. Pour la première fois, sous les paupières de Richard de grosses larmes se forment, brülantes et pressées, et se succèdent silencieusement sur ses joues.
Immobiles à quelques pas, les quatre Indiens entourent la jeune fille qu'autrefois ils ont vu naître dans leurs bois, qu'ils connaissent et aiment depuis son enfance, et la contemplent d’un air grave. Ils ont fait tout ce qui leur était possible pour essayer de la ranimer, et ils savent bien maintenant que tout est inutile.
Au bout du grand coteau, derrière les squelettes gris des arbres, le pâle soleil brouillé disparaît peu à peu. Comme un flot qui se retire, la lumière jaune semble lentement le suivre en s'écoulant sur le sol. Bientôt un dernier segment incandescent émerge seul encore au-
dessus de l'horizon. Puis un rayon fauve traverse rapidement le ciel, et la lumière s'éteint.
Au même instant la main tremblante de Marthe se crispe dans celle de Richard; son buste se soulève à demi; ses regards, quittant le lointain horizon, rencontrent ceux de son fiancé, et ses lèvres, détendues par un léger sourire, s’agitent comme pour parler. Mais aussitôt Marthe retombe. Un léger râle s'échappe de sa poitrine. Tout doucement sa tête roule sur la peau de cerf, et ses yeux se voilent définitivement.
Depuis longtemps, autour du wigwam, semble errer sans bruit une ombre fugitive qui d'instant en instant parait et disparaît parmi les buissons. Mais Richard, anéanti, figé par la stupeur, fixe toujours le pâle visage de Marthe, pleure toujours en silence et ne voit rien. Seulement autour de lui, berçant sa douleur, il entend la brise lente et pesante, qui fait frémir les rameaux et gémit dans les trembles, les hurlements des loups dans les clairières voisines, et toujours, variant avec la brise, tantôt plainte sonore mais douce et monotone, tantôt clameur immense, la grande lamentation des bois brûlés : la Forêt pleure...