MATÉRIEL ROULANT
je matériel roulant des plages est le même
tout.
In peut, en arrivant sur n'importe quelle
je, fermer les yeux et dire sans presque se
nper, quel est le monde qui la peuple;
e varie jamais et se compose de différentes
Jgories bien distinctes. D'abord :
général, tous les tripoteurs d'affaires, du haut grimpé au plus infime débutant.
Le signe distinctif du n monde d'arg (côté des hommes) est que ces messiei ressemblent tous... Jeunes, vieux, adole ou entre deux âges, tous sont vîolen marqués d'une même tache originelle, vulgarité a. Quelque argent qu'ils parvie à accumuler au fond de leurs coiïres, savent pas l'employer à se décrasser.
Le tailleur est bon, la coupe irréproc si le vêtement était sur un autre dos; su:
il est ridicule I ils sont gênés ou trop à 1 et beaucoup de gens s'imaginent naivt que ces complets, venus à grands frs Londres, ont tout bêtement été achetés Belle Jardinière. C'est cossu, mais absolu inélégant; ces messieurs aifeclionneat à 1; les chapeaux les plus étranges et les c sures les plus fantaisistes. Les tètes se re blenl aussi bien que les tournures; elles quent de caractère. Parfois cependant, le
illes longues ; ce n'est pas le, mais c'en est un, it raconle volontiers ses elles qui peuvent, se racon- . volontiers ses affaires de Eur, si l'on veut? Un gros iffisant, qui se croit très 'il est très grossier, vous ravi, qu'il est parvenu à lelconque à un concurrent mme on ouvre la bouche *r de cette bonne lortune, ;es avantages physiques, il ent : a Ma foi oui, il lui ancs par mois, j'en ai oflert 'a lâché! »
nent la mer du samedi au i semaine des. courses. Ils mais ne l'ornent pas. Ils sans raison et rient sans lour faire du bruit et bien rain est à eux plus qu'aux
baigneurs des autres mondes. Ils i tent pas de tirer à eux lacouvertui faire crier ceux qui se trouvent
Le directeur véreux d'une Soci quelconque, sera fier de forcer p:
et l'allure de sa conversation, le ( emmener sa sœur ou sa femme, a ques pas plus loin ; il rayonnera, er décidément les vieilles couches :
de caner.
Si le monde d'argent ne d'honunes présentables, il prend revanche en présentant ses femi gneurs éblouis.
La femme d'argent, ou, pour exactement, la femme de l'hom est presque toujours ravissante.
Dans ce monde-là, une jolie fei tie du luxe de la maison, conmiÉ les domestiques et les bibelots; ses de chez Félix, et ses chapeaux d on voit qu'il y a de l'argent pour p
adame, et Monsieur a chance de glisser à 3ns gogos, des valeurs tombées, ou des ns d'une société dissoute par voie judi- ;. A la mer, le luxe de ces dames prend )roportions phénoménales; elles peuvent : avec le vrai monde bien plus directe-
qu'à Paris, où les seuls points de contact l'Opéra, les Courses et le Cirque le samedi.
la mer, guerre ouverte. La duchesse change ■e fois de toilette par jour ; aussitôt la
Mmo A... en change six fois. La petite itesse a un costume destiné à laisser admits plus jolis mollets du monde; immédiant M™" Z. . . , qui possède la plus belle paire mbes de la haute banque, fait couper son me au-dessus du genou.
baronne a péché hier des crevettes avec ime de chic » qui portait le filet; Mn"X...
Dmet d'emmener demain le même « Crème lie » à la pêche aux crevettes, et de se tenir par lui une ombrelle sur la tête tout nps qu'elle péchera.
La comtesse était coiffée ce soir comme la Diane de Houdon! demain matin, M™» N... se coiffera comme celle de Gables ! et tout le monde ne peut pas supporter ça... C'est de l'antique pour de vrai! Houdon !... c'est trop moderne! Sauf ces mesquineries, ces dames sont de très agréables femmes. Leurs toilettes sont bien choisies; elles évitent le trop « riche », complètement abandonné aux étrangères, qui en profilent largement. — Elles sont instruites, causent de tout, suivent le théâtre et lisent tout ce qui paraît. Par exemple, elles vivent uniquement pour la galerie; elles n'oublient pas un instant qu'elles sont regardées, tiennent à conquérir leur public et y réussissent généralement.
Pour les quêtes, fêtes de charité, tombolas, messes chantées, etc., etc., elles prennent les devants et oi^aniscnt à merveille; le bon curé est ahuri ; ce monde, juif ou protestant, s'intéresse à la religion catholique, plus que les catholiques eux-mêmes. Le brave homme ne
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voit que le résultat et non le moyen de se faufiler malgré vent et marée, et il voue à toutes ces belles dames si charitables une reconnaissance éternelle.
Le « jeune homme » à proprement parler, n'existe pas dans le monde d'argent. Tous sont mariés ou décrépits; quelques-uns sont les deux ; dès qu'il a vingt-cinq ou vingt-six ans, l'homme d'ai^ent se marie; il est pratique et, on a beau dire, une jolie femme à soi coûte moins cher que celles qu'il faut disputer aux autres.
Très rares aussi les bébés, dans le monde d'argent.
Le bébé isolé et silencieux se rencontre encore dans quelques ménages retardataires, mais les bébés nombreux, tapageurs et grouillants, sont absoluments proscrits du cahier des charges.
Bébé d'argent est dès l'âge le plus tendie sérieux comme un pape, roué comme une potence et bouclé comme une vieille malle.
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UA^TÉRIEL ROUI
Il tient à être biei; ne se déchire et ne dans sa petite main f< donne à sa bonne poi de bois et les petites fin de la semaine, par ronde qui va rejoindr de même la semaine p.
est habile et industri changer sa pelle cass contre la pelle neuve conliant bébé du vrai groupe; le pauvre béh et le seau sont deux siens; bébé d'argent i sanl à la tète qu'il va de la pelle lui restera sabte filera par le ibnd
Bébé d'argent chas voyait il serait fier df instinctivement, on t appris!...
UilS GENS DU CRU
Les hobereaux du département peuplent aussi la plage, mais seulement d'une façon intermittente. On vient en breack, en omnibus, en n'importe quoi. On s'empile à douze dans une voiture traînée par un seul cheval et on fait la route au pas pour ne pas le voir mourir en chemin. Les ressorts plient, on est cahoté; mais bast! on s'amusera tant!
On part de chez soi à quatre heures du matin s'il le faut, mais on s'arrange pour arriver de façon à paraître « installé » aux yeux des véritables baigneurs. On déjeune à un hôtel chic, en grognant avec affectation; on se plaint de la nourriture et du service, tout en reprenant
trois fois de chaque plat et en examinant gneusement comment les garçons s'y pren pour ne verser que rarement la sauce su consommateurs. Joseph, le cocher, quai sert les jours où il y a du monde, n'a pas désinvolture « de bon ton », ni cette adi qui consiste à porter un plateau à bout de sur les cinq doigts ouverts ; on essayera d apprendre ça, mais il y aura du tirag* comme ils sont bien chaussés, ces servii admirablement stylés! leurs souUers décou sont bien plus réussis que ceux du fils < maison, lorsqu'il va au bal; ils sont poii pointus ! Si l'on pouvait seulement en moi un au cordonnier du bourg, peut-être tr( rait-il moyen d'en faire de pareils? Les quilles de beurre sont examinées aussi pa dames; c'est très gentil, très appétissant, comment diable est-ce fait? M''^ Iseult afi que c'est avec une vriHe, tandis que sa n le nez plongé dans le bateau où nagen coquilles, déclare que vu de près, cela
l'effet de coups d'ongles réitérés. Le poisson *
servi sur une serviette pliée les abrutit complètement. Ça, c'est tout nouveau! L'an passé, l'Hôtel de la Pl^e posait son poisson au fond du plat, sur un lit de persil, comme tout le monde!
On ne sait vraiment qu'inventer. pour tout compliquer. Et quelle quantité de plats ! Pourvu que Joseph ne soit pas servi a dans ce goûtlà », lorsqu'il mangera avec les domestiques de l'hôtel. Déjà, l'été dernier, au retour des bains de mer, (les bains de mer c'est l'unique journée passée X,..) il a boudé pendant deux jours aux pois mange-tout et à la bouillie de sarrasin qui, avec un rond de saucisson tous les dimanches, compose l'ordinaire « des gens du château ».
Après déjeuner, on se promène sur la plage et, comme naturellement c'est l'heure où chacun est chez soi, on déclare que X... est désert et que le peu de baigneurs qui l'habitent est « à la pose ». La marée est dans la
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journée: on se baigne à l'heure élégante, a\ des cosiumes qui ne le sont guère; et poi tant, Dieu sait si ces demoiselles comptent pi duire un effet! depuis un an, elles ont rêvé discuté des costumes absolument inédits, ht reusement! Pantalons infiniment trop cour étoiles à carreaux étranges, décolletage excest Elles espèrent bien ne pas être prises pour c provinciales.
Le costume du bel Agénor, également e cutè par ses sœurs, est beaucoup plus pudiqi avec ses manches longues et son pantalon à cheville, il a l'air d'un premier communia: Il s'en aperçoit dans sa cabine ; alors, il roi le pantalon et les manches au-dessus du cou et du genou et, quand il entre dans l'eau est très présentable ; pendant le bain les pel arrangements se défont et, quand il sort, moutai'd occupé à faire des pâtés sur le sab s'écrie :
— Oh ! le costume du monsieur qui a pou:
dans l'eau I
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ts le bain, ces dames se promènent, les X flottants, croyant que c'est très « gen- ; elles regardent attentivement les toicritiquent, épluchent et déchirent surnais sans méchanceté et parce que, de foi, elles trouvent laid tout ce qui est génor parcourt la plage, posant devant ;ottes, auxquelles il voudrait bien mon- ! qu'est un Normand pur sang. De lait, n beau gas, bâti en Hercule, roux comme arotte et blanc comme un poulet de
oir, toute la famille se re-empile dans le got et rentre au milieu de la nuit, doren salade et afl'reusement courbaturée bain et les cahots. C'est égal, ils ont I planche un sujet de conversation qui, ment exploité, doit les mener jusqu'à la aine saison.
irs voisins auront été aussi à X..., et y t remarqué identiquement les mêmes 5 qu'eux ; on se racontera ses impressions.
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X... est la halle aux idées des gens du pays. Il est à remarquer que jamais deux familles ne se réunissent pour entreprendre l'excursion; cela les gênerait pour se raconter des 1 craques » et des aventures qui ne leur sont pas arrivées.
Le monde officiel fournit aussi son contingent. Les chefs-lieux et les sous-préfectures se dépouillent pour quelques jours ou quelques semaines de leui's plus beaux ornements.
D'abord, la générale. Elle vient pour plusieurs raisons; d'abord, le général ne peut venir la voir que de temps en temps (il est excessivement tenu par un divisionnaire terrible), et c'est un repos relatif pour sa femme, qui, au besoin, écrit au terrible divisionnaire avec lequel elle est au mieux, pour lui demander de serrer la main encore davantage et d'accabler les brigades de travail. Ensuite, la générale aime la mer; elle adore voir une tempête, assister au choc des éléments. Ça lui fait pourtant faire de tristes comparaisons avec
le en général et les généraux en parli- . Puis, elle retrouve à X... un tas de
officiers charmants, pour lesquels elle a s bontés, en a, ou est toute disposée à oir. L'air salin double cette disposition la générale a quarante ans, la triple.
petits sous-lieutenants sont les préférés; !a femme compte de printemps, moins ime le galon. Un capitaine lui semble le faisandé. Il est vrai que peu de capi-
sont doués de ces robustes appétits qui iculent pas devant les pièces de résis-
générale est très allante; elle oi^anise romenades en voiture, des goûters sur e, des parties de canot; on va boire du ms des fermes, on tire des feux d'arsur la plage. Comme elle seule a cet n endiablé, elle est très entourée et nt même à recruter des fidèles dans le
officiers viennent à X... parce que c'est
une plage assez chic et surtout parce que c'est une occasion de lâcher le service et de se mettre en bourgeois; du reste, assez peu libres de faire des farces, leur tenue étani soumise à un sévère examen par les baigneui's du cru. Comme se montrer à X... avec une cocotte leur ferait immédiatement fermer toutes les portes a de la société », ils préfèrent, étant trois jours dans un endroit et dix mois dans l'autre, se tenir tous comme des petits saints.
Le préfet et la 'préfète honorent aussi la plage de leur présence. Tout le monde leur tourne le dos avec d'autant plus d'empressement qu'il est un enfant du pays; elle, un amour; lui, un assez vilain monsieur. Comblé par l'Empire, orléaniste par tempérament et républicain par occasion.
Ils vivent forcément seuls; préférant cela à voir les gens qu'ils pourraient voir. Meublent la plage; madame change de toilette quatre fois par jour. Les enfants sont adorablement pom-
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ont loué ua des plus jolis chalets.
nt bien montrer qu'ils ne sont pas uvelles couches », mais personne ne a à s'en assurer. Finissent, de guerre r se lier avec des princesses étrans veuves de colonels et des chevaliers
iorier général et sa femme. Des gens ;n » et qui n'ont « pas besoin de ça », n dit dans le pays. «. Ça x, c'est la
ent beaucoup; dîners, bals comédies, avissant bateau ponté, à bord duquel !s parties très gaies; maîtres de mainants; très grande ressource pour les s; sévérité intelligente et très modérée choix des relations a de plage ». Se ivec raison, qu'un salon n'est pas irce qu'une personnalité douteuse l'a
ti'aversé. Savent toujours s'y prendre de façon à ne faire crier personne. Sont parvenus, sans rien demander, à obtenir que chez eux on soit poli pour le préfet.
Vont à X... depuis quinze ans; sans eus, la plage cesserait d'exister.
LA LËCION ÉTRANGÈRE
La Légion étrangère ne se distingue pas précisément par la simplicité; les femmes ne font que six toilettes par jour (sans compter le costume de bain), parce que, si elles en faisaient davantage, elles n'auraient plus le temps de les montrer, mais la qualité supplée à la quantité: étoffes transparentes, brocarts tissés d'argent, moires brocbées, damas de Calcutta, satin japonais brodé de fleurs et d'oiseaux fantastiques et même modeste drap de soie à vingt-cinq francs le mètre pour petits costumes du matin. Quelques-unes se permettent la toile peinte, mais elles font cerner le dessia en fil d'or, crnent la toilette de dentelles d'or et accro-
chent à leurs oreilles (grandes et mal ourlées généralement) des dormeuses de quatre-vingt mille francs; que diable! on a de l'argent ou on n'en a pas? et, si on en a, il faut bien le montrer; ça enlaidit, c'est vrai, mais ça fait enrager les voisines et même les voisins par ricochet. Les chapeaux sont empanachés de plumes rares; le poignard ou le clou qui retient le chapeau dans les cheveux est incrusté de pierres précieuses; c'est éblouissant ! Malheureusement, le plus souvent, le fil d'or des broderies est du cuivre qui noircit à la brise de mer, et les pierreries sont en toc. Tout le monde le sait, ces dames se rendent parfaitement compte que tout le monde le sait, mais elles ne sourcillent pas et sauvent la situation par un aplomb énorme. La mise des hommes n'est guère moins tapageuse; en revanche, elle est de plus mauvais goût : vêtements de couleurs brillantes, non pas l'étoffe de nuance indécise, qui fait accepter sa trop grande tendresse de ton, parce qu'elle est dans une
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obre et assourdie; pas du tout! ces i sont en complet pain-brûlé, bleubleu-paon !
Ts des couleurs franches, éclatantes ant entre elles d'une façon criarde et i voir. Encore plus de bijoux que ces cbaine de montre; breloques Dîrec- IX de boutons de chemise; adorent
de soie, les bottines voyantes et les irs. Portent volontiers un chapeau de , s'ils ont le teint blanc, et gris, s'ils is et colorés. Ont, en tout, autant is qu'en ce cas. Traînent toujours
une canne de prix si le ciel est pur, au parapluie s'il est menaçant.
égion étrangère » pose à toute heure, ! tout. Ne veut pas se commettre avec îais, à cause de la lorme qu'affecte en
gouvernement régulier. Sait bien que pays c'est cent fois pire que chez nous, ;st-ce que ça fait? du moment où les es sont sauvées, il n'y a rien à dire!
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Les femmes exècrent les Françaises et témoignent carrément cette antipathie. Selon elles, la Française est ignorante, légère, vaniteuse, ambitieuse et incapable de stabilité. Leur appréciation est peut^tre juste, mais elles oublient qu'elles aussi possèdent tous ces défauts-là et ont en moins le charme qui aide à les faire tolérer, quelquefois même aimer.
Hommes et femmes posent au même degré.
Ces dames affectent une allure tranquille et sévère et s'en dédommagent amplement dans l'intimité; l'ombre et le silence en voient de grises, mais ces évaporées Parisiennes reçoivent une rude leçon. Les hommes éblouissent la plage de leur luxe tapageur et ahurissent les garçons d'hôtel par leur générosité. « C'est pas un Français qui donnerait ca ! » Avec les Français, r a os B est plus rare; aussi le personnel des hôtels est-il uniquement occupé à satisfaire les étrangers inflniment plus durs et difficiles à contenter que les autres voyageurs.
La Légion étrangère amène parfois ses do-
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iques; nègres, moujiks, écossais... lous en ime national {sauf les nègres). Ceux-là eversenl les hôtels et inspirent une sainte :ur aux patrons et aux gens, qui s'aplatisrespectueusement devant eux et obéissent urs moindres caprices; les domestiques igers se font servir encore plus sévèrement leurs maîtres.
1 tète de la Légion étrangère est toujours rnelle comtesse russe.