D'AURE, CINQ-MARS, APOL- ; QUATRE FILS AVHON, HA
DiglIMbyGOO^IC
DANS h TBAIH
iie-grieves.la. guerinière, louis jutard, lovinel, le général galliffet, le genie chiron, le marquis de newcastle, lare, le général daumas, xénophon, frapi- , le roi louis i" de bavière, le comte agomdie, qutnte-curce, le général de :k, hippolïte, alfred de dreux, le
«D CONDÉ, hercule, etc., etc.
M JUTARD, JEANNE D'ARC, ÉLISA, PHILIS DE DUR DU PIN, ADAH MENKEN, LA PRINCESSE :ONn, CORA PEARL, DUNA VERNON, AN- S, OCÉANA, etc., etc.
LE MARQUIS DE *", d'UD tOD rogUÔ.
Messieurs,
: comité d'administration du concours hipe français...
iiHTE-CcBCE. — Déjà des grands mots!...
la lai...
LE MARQUIS DE ***, Continuant sans pa-
b;Googk
puppir'wîf^^"
AU COHCOURS HIPPIQUE
raitre s'apercevoir de l'intemtplion. — ... N'a pas cru devoir refuser l'entrée de cette enceinte aux honorables cavaliers qui ont exprimé le désir de faire quelques observations concernant l'organisation actuelle de notre concours. {I/un ton de plus en plus pointu.) Bien que ces observations, s'adressant à des gens aussi compétents, soient sans doute absolument superflues, le comité consent à les entendre; que ceux donc qui désirent la parole se fassent connaître et on jugera s'il y a lieu de la leur accord...
Le grand Condé. — Je la prends I M. LE MARQUIS DB "*". — Attendez!...
Le grand Condé. — Pourquoi? je suis pressé !
d'ailleurs, je n'en ai pas pour longtemps!... j'ai à vous dire que votre concours est honteux!... Oui!... Pas la peine d'ouvrir des yeux ronds!!! Honteux!... je maintiens le mot...
Gomment?... Ce concours qui devrait être luxueusement oi^anisé; où ne devraient s'asseoir — sur la soie et le velours — que les
jolies femmes triées sur le volet, est au 'aire le rendez-vous du vulgaire, auquel en donne même pas pour son argent...
atestations.
GRAND GONDÉ. — Non... il n'en a pas pouF i^ent...carilpaiel..,il paie!... pour voir T des officiers français I encore un autre , sur lequel je reviendrai tout à l'heure...
: GÉNÉRAL DE GaLLIFFET, JeANNE D'ÂBC, LE RAL DE BrACK, LE COLONEL DE LaGONDIE,
ËNÉRAL Dauuas et Cinq-Mars applaudisbruyamment.
iDEHOisELLE GoRA Pearl. — Il est de fait payer pour ne voir que ça...
; grand Gondé, reprenant. — J'y reviendrai à l'heure; je procède par ordre, pour ne a'embrouillerl... Donc, ce peuple qui paie it le droit d'être bien assis, commodément lié?... Eh bien, nonl... de mauvaises :hes qui vous rabotent... je ne veux pas quoi... par respect pour Jeanne d'Arc!...
;lous qui déchirent les pantalons et les
robes; des barres d'appui qui craquentl...
ËQÛo, sauf les membres du comité et du jury, leurs familles, leurs amis et leurs protégés, qui sont convenablement établis, tont le monde a le droit de se plaindre... et en use. ..
M. LE MARQUIS DE ***. — Tout le moudo n'est pas quelqu'un...
La PRINCESSE DE CoHTi, OU ceiUaure Chiron^ — Qu'est-ce qu'il a dit?...
Lb CENTAURE Chiron.— Jene saispastTop...
il explique, je crois, le moi et te non moi...
AoAH Henken, vivement. — H. Caro est là!... Oh! montre-le moil veux-tu, dis? J't'aimerai tout plein [... (Elle lui caresse la croupe.)
Le CENTAURE Chiron, vexé.— Mademoiselle, cette façon d'agir est inconvenante I...
Le grand Condé, cherchant à reprendre. — Je voudrais un concours véritablement élégant et confortable; qui afGrmât le progrès de l'art équestre et fôt en même temps le dernier cri du chic... Je voudrais voir réunis, comme en
Xéhophok. — Faites-le taire! — H va raillerie carrousel!...
Philis de la Tour du Pin. — Laissez-le der au contraire, au moins de son temps, on sait bien les choses, on ne spéculait pas sur s riens...
M. LE MARQUIS DE "**. — Enfin, où voulezus en venir?...
Apollon. — A vous soumettre, si vous le ulez bien, un projet d'installation élégante confortable. D'abord, avant tout, on n'entra que sur invitation; de jolies invitations iistrées par Crafty. Cinq cents suffiront (la lance ne sera pas admise). L'entrée sera rème de fleurs des tropiques et éclairée à la lulère électrique; l'intérieur du palais revêtu itofTes précieuses et de plantes grimpantes, couvrant les parois jusqu'au cintre : aristoloe, jasmin d'Espagne, clématite, liserons, chêefeuille, lierre, vigne vierge, cheveux de Véis, capucines, roses remontantes, pois de seniir, volubilis. La piste, tracée par d'épaisses
bordures de fleurs basses et touffues : giroflées, héliotropes, fraisiers, iris de Pei^e, jacinthes, muguet, myosotis, œillets, pensées, oreilles d'ours, primevères, roses, renoncules, verveines, réséda, tulipes; à l'extrémité de chaque obstacle, un massif très feuillu, dans lequel on dissimulera le juge qui, le plus souvent, n'est pas joli à voir. Le massif formé d'arbres fleuris, tels que pommiers, acacias, aubépines, cytises, marronniers, La douve devra être remplie d'arnica, afin d'atténuer le mauvais effet de la chute; les haies, d'épine rose en fleurs, auront l'avantage d'être agréables à l'œil et de forcer les chevaux à lever les pattes.
Une seule tribune contenant cinq cents personnes environ, construite en bois de citronnier et drapée intérieurement d'ëloQes japonaises à monstres et fleurs brodés en relief; chaque invité aura droit à un excellent fiauteuil de peluche ou de canne, selon qu'il préférera être assis moelleusement ou fraîchement...
M. LE MARQUIS DE ***. — Avez-vous bientôt li?...
Apollom. — Monsieur le président, je comence!... Des tapis d'Orient couvriront le ancher de la tribune, sur laquelle le buflel ivrira directement. Il est nécessaire que ces unes puissent goûter sans se déranger... Une blette de bois de violette du Liban, fixée au ■as de chaque fauteuil, permettra de faire intiment la dînette, à l'aise, sans se presr...
Un hehbre nu comité d'adhinistratioh, bas t marquis de ***. — Il est insupportable!...
pousse à la dépense I... Otez-lui donc lapa- »le!...
M. LE MARQUIS DE *"'. — Je n'oso pas, j'ai réputation d'être autoritaire, ça ferait crierl... Apollon. — Je reprends. On laissera un rge espace libre autour de cbaque giuteuil, faut que les invités aient leurs franches cou- Ses...
La princesse de Conti. — Pourquoi ne doo-
nerait-on pas un sopha?... du moins aux dames?...
MADEHorsELLE OcÉANA. — Un hamac suffirait même à la rigueur...
M. Baucber. — Ah! çà, et les chevaux?...
personne ne s'occupe des chevaux?...
Apollon. — Attendez donc!...
Le grand Gondé. — Et des officiers? j'ai encore quelque chose à dire là-dessus !... L'armée moderne se galvaude à ces exercices...
elle s'expose à se faire siffler par de simples pékins... a C'est un droit qu'à la porte, ils achètent en entrant I »
Le vicomte d'Aure. — Ce grand homme est rasant!...
Xénophon. — II est évident que, ici, l'armée sort de son rôle...
Le général de Galliffet. — Un peu!...
Xénophon. — A quoi bon, à présent, ces acrobaties hors de saison?...
Jeanne d'Arc. — Qui sait?... L'avenir de la cavalerie est peut-être là?... J'entrevois le
74 DAMS L TRAIN
sens caché de certaines phrases du beau rapport de 1876, phrases qui, jusqu'ici, m'avaient semblé obscures...
« Il fut un temps, — dit le brave général auquel nous devons ce chef-d'œuvre de style, — « un temps où la cavalerie pouvait se livrer « à des tournois de vaillance, où l'intrépidité s de ses chefs était presque exclusivement c l'âme du succès (!II), où l'éperon des cava- « tiers suffisait à lancer à courte distance 4 les chevaus contre les rangs ennemis et y « semer l'épouvante ; l'instruction des troupes « pouvait alors se contenter de VirwculaiwH « du don de foudroyer (?) en rappelant la a tempête équestre de l'antiquité; mais, au- € jourd'hui, il faut jouter à ces nobles tra- « ditions d'autres enseignements et il est in- « dispensable d'exercer la cavalerie pendant la € paix, etc., etc., etc. » Ne croyez-vous pas comme moi que, sous une forme simple et claire, on invite la cavalerie à piocher son Concours hippique?...
Le grand Condé, se tenant la tête dans les tnains. — J'ai pas compris un mot!!!
Le général Daumas. — Moi non plus!...
Permeltez-moi seulement de saisir celte occasion pour rappeler ici que le cheval arabe est le meilleur de tous; vigoureux, énergique, dous, sobre comme le chameau son compatriote... Que tous ceux qui sont de mon avis lèvent la main!... {Le roi Louis de Bavière et Adah Menken lèvent la main.)
M. LE MARQUIS DE "', au Toi Louîs. — Puîs-je vous demander, sire, à quel titre vous êtes ici?...
Le roi Louis. — A aucun titre; je garde une chaise... la personne viendra tout à l'heure. . .
Un membre grincheux du comité. — En ce cas, tenez-vous tranquille, que diable!... Nous ne sommes pas ici pour nous amuser...
(Au marquis de *"') Il serait bon que chacun dise ce qu'il vient faire !...
M. AxFRED DE Dreux. — Moi, je viens,
djvhs l train
qu'il n'y a qu'ici que j'aie chance devoir Bval sautant comme j'ai toujours fait sau- ; miens...
ICULE, sévère. — Alors, monsieur, vous lisiez donc sauter de chic, vos che-
Alfred de Dreux. — J'ie crois !...
COUTE DE Lagondie. — Ça saute sur les
de derrière, comme un caniche qui saute
aonel...
A Montés, entrant violemment en fotiel-
air de sa fameuse cravache. — Avez-vous
e mécaniser Alfred, vous autres? Il a
on portrait en 18... au fait, vous n'avez
;soin de savoir la date...
NA Vernon, mélancoliquement. — Il a prêté
ype à toutes ses amazones...
'lOPE, méprisante, toisant Diana Vernon.
le amazone? Cette carafe d'orgeat? Allons
[toi Louis de Bavière, à Lola Montés. — la chaise, ma bonne amie, voilà la
chaise... {Lola s'assoit.) Puîs-je m'en a]Ier?...
Lola. — Oh ! oui... On t'a assez vu I...
M. Fr/lUCOsi, douloureusement. — 11 obéit!... Quel avilissement 1... Aimer à ce point une danseuse ! . . .
Cinq-Mars. — Ça vaut encore mieux qu'aimer Wagner...
M. Baucher. — Et le cheval? quand s'en occupera-t-on, du cheval?. . .
Apollon. — Laissez-moi d'abord développer mon projet... (4« marçuis de***.) Vous me suivez toujours?...
M. LE UARQOtSDB ***, rageur. — Toujours!...
ijl lance un regard furlif sur les membres du Conseil d'administration gui sommeillent doucement.)
Apollon, — Vous me croirez si vous voulez, mais je vous assure qu'il faut à tout pris faire du neuf!,..
Us MEMBRE DU COMITÉ, s'éveillant en sursaut. — Neuf!... encarte!...
HippoLYTE, méprisant. — Tous les vices!...
MEMBRE DU COMITÉ, grommelant. — Po-
va!...
)LLON. — J'attirerai l'attention des orga-
urs, sur cette néeessité d'installer des
ombreux, de frais asiles, où Ton puisse
er à loisir... sans être dérangé... loin
ïgards jaloux... Je ne sais pas si je me
ien comprendre?...
LE MARQUIS DE ***. — Três bien... trop
nème... 11 me semble que vous pourriez
> lever un pareil lièvre..., devant Jeanne
surtout...
iLLOw. — Mais...(i Jeamie d'Arc.) Croyez
mademoiselle, que je n'avais nullement
ilion de... enfin, je vous respecte profon-
U et je...
JEMOISELLE CoRA Pearl. — Ah! çà, on
ipecte donc qu'elle ici?...
NNE d'Arc, modeste. — Oh! vous aussi, on
■especte... à présent!...
grand Comdé, au marquis de '**, mon-
Jeanne d'Arc. — Vous voyez qu'elle est
nt de bien des choses., .On peut parler llel...
ON. — Je reprends donc, et j'insiste de nouveau sur l'utilité des installations que je réclamais tout à l'heure...
M. LE MARQUIS DE '**,' très digne. — Votre insistance est déplacée... d'ailleurs ce que vous demandez est superflu...
Apollon. — Ah! par exemple!...
M. LE MARQUIS DE *"*. — Oui !... supcrflu...
et immoral ! On ne vient pas au Concours hippique pour satisfaire des désirs coupables...
Apollon, ahuri. — Coupables?... Vous êtes sévère!.,.
M. LE MARQUIS DE "*. — C'est mon droit!...
Apollon. — Vous avez de la veine, vous!...
Enfin, je maintiens mon dire ; les installations existantes sont abominables...
M. LE MARQUIS DE ***. Comment,les installations existantes?... on aurait osé...
Apollon. — Damel... {Il indique du doigt la direction des endroits auxquels il fait allusion.)
M. LE MARQUIS DE *"*. — Ah!... CV ça que VOUS parlez?... Pardon... je ne saisissais pas... Je croyais que vous désiriez des boudoii'S... sortes de retiro...
La princesse de Conti. — Tiens!... Mais, il y aurait là une idée à creuser I
M. Louis Jutard, indigné. — Fi, madame,
fi! Et dire que ces femmes-là sont nos
aïeules!...
La princesse de Cohti. — Itlalhonnèle!...
{A M.lematquis de '".) Creusons-la, l'idée des boudoirs ?. . . Voulez-vous ?. ..
M. LE mBQuis DE "*, exaspéré. — Il est vraiment désastreux que de semblables vœux soient
émis par les classes dirigeantes qu'une
grande dame ose ainsi, en public, méconnaître les principes les plus élémentaires de moraie...
Lola Montés. — La morale!!! Oh ta la!
sinistre farceur, val
M. LE MARQUIS DE ***, soisi, mais majestueux. — Itlademoiselle!...
Lola Montés. — Oh I mon petit, tu ne me fais pas peur, tu sais!... J'ai rossé un gendarme... et prussien encore I j'ai lancé mon soulier sur l'museau des abonnés de l'Opéra I... j'ai dansé sans maillot!... j'te dirai ton lait si ça m'plalt, et çam'plalt!!! Tu n'veux pas de ce que d'mande l'honorable princesse, parce que ça coûterait quelque chose à installer, et que tu n'aimes pas la dépense, et voilà!... mais faut pas nous la faire à la morale! Oh! non!...
M. DE Pluvinel. — Nous ne couperions pas dans le pont!...
Mademoiselle Ëusa, doulottreusement. — Ce gentilhomme aussi !... Ahl décidément le beau langage disparaiti!...
M. Baucher. — Voyons, accordez ce qu'on demande et occupons-nous un peu des chevaux?...
Um membre du comité, exaspéré. — Mais laissez-les donc tranquilles, les chevaux!. ..Qu'estce que vous voulez qu'on leur fasse, à la fini...
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M. Baucher, ahuri. — Gomment, ce que je veux qu'on leur fasse?... Mais je veux qu'on améliore les races, qu'on fasse faire au dressage les progrès...
Un membre du couité. — Naïf!!!
Tous les membres du comité et du jury se frappent le front en faisant signe à M, le marquis de *" que M. Baucher ne jouit plus de toutes ses facultés mentales.
HiproLïTE, à M. Baucher. — Mon pauvre vieux !... Mais on ne voit que la recette, ici ! Vous rasez le comité, avec votre dressage et vos améliorations...
Apollon. — Je voudrais aussi que le défilé des voitures fût plus élégant; on a beau faire mousser les attelages dans les journaux, nous voyons toujours les mêmes...
CrwQ-MARs. — Moi, je propose que les voitures soient chargées de jolies femmes...
Adah Memken. — Pauv'chat!...
Apollon. — On remplacera les flots de rubans fraise écrasée et gris lilas, par des bi-
AD CONCOURS HIPPIQUB 83
jeux... de beaux bïjoux... qui serviront à fixer aux oreilles des chevaux des panaches de fleurs.
Jean>e d'Abc. — Lesquels bijoux resteront, bien entendu, la propriété du cavalier...
Apollon. — Ou du cocher? Pourquoi diable ne parle-t-on jamais des cochers, sacrebleu!...
M. LE HARQuis DE ***, frappant nerveuse- (men sur la table avec son crayon. — De grâce, modérez votre langage I Châtiez vos expressions...
Le centaure Chiron, levant les bras et les yeux au ciel. — Oh ! ce monde parlementaire!
Le marquis ce Newcastlb. — J'émets, moi aussi, un vœu...
M. le marquis de *'*. — Voyons ça?...
Le marquis de Newcastle. — J'off're de renforcer la course de gentlemen. MM. de la Guérinière, de Pluvinel, Baucher, le vicomte d'Aure, Lalanne, Condé, Hippolyte, Franconi, Cinq-Mars, etc., etc., se feraient, j'en suis certain, un plaisir de monter...
M. LE marquis DB ***. — J'acccplc volon-
tiers la proposition de l'honorable marquis de Newcastle, à condition toutefois que ces messieurs consentiront à revêtir des UDiforaies... l'uniforme ! il n'y a que ça pour la recette t
Jeahne d'Arc. — Tiens, pourquoi?
M. LE MARQUIS DE '**. — D'abonî, le prestige!... Vous savez, on dit : c Le prestige de l'uniforme l s ensuite, la chute. Le pubBc adore la chute; or, l'officier tombe plus volontiers que l'habit rouge... il fait surtout plus fréquemment ce que nous appelons c la belle chute fi. Enfm, il est précieux pour nous!...
Le grand Coudé. — Pourquoi donc l'ofiicier tomberait-il plus souvent que le pékin?...
Le général de Brack. — Parce que le pékin qui se présente ici n'y vient qu'avec un cheval sautant, ou à peu prés... L'ofGcier, au contraire, se présente a quand même > ! C'est un prétexte à permission, une occasion de venir passer une semaine à Paris... 11 commence donc par flanquer sur la paille une vingtaine de chevaux en les essayant...
Les quatre fils Ayhon. — Une vingtaine de chevaux!... Coupable prodigalité I...
Le général de Brace. — Quelquefois il en trouve un passable; alors, ça va bien! Le plus souvent il n'en trouve pas de passable, alors ça va mal, mais ça va tout de même...
pour les recettes...
Xémopuon. — Ah! le fait est que c'est quelquefois un spectacle navrant!... Des chevaux qui n'accusent pas l'obstacle, ou qui le prennent de biais, dans le sens du juge, qu'on voit s'enfuir effaré ; ou bien encore qui s'arrêtent court, en flairant obstinément la haie...
M. Alfred de Dreux. — Quand vous en verrez un qui, au lieu de sauter, boira dans la douve, vous m'appellerez?.,. J'ai toujours adoré les chevaux placés dans des positions où on n'a pas l'habitude de les voir...
Apollon. — Pouvons-nous espérer que H. le président et les membres du comité feront justice à nos réclamations?...
M. LE marquis DE **',très dtjjw.— Le comilé
D,izMb>Goo^lc
DANS L TBAIH
délibérer; j'aurai l'honneur de vouséi
ir vous annoncer sa décision...
Tous saluent et se retirent. Le comité et les
mbres du jury restent seuls sur la piste.
H. LE MARQUIS DE "". — Jugez- VOUS Utile,
ssieurs, de délibérer sur...
Jn membre do comité. — Ah ! pas de bè-
:s ! entre nous ça ne sert plus à rien!...
tf. LE MARQUIS DE ***. — Alors, passons aux
)ses sérieuses : j'ai rats la main sur un en
preneur qui fait les arrangements à deu^
iT cent meilleur marché qu'à l'ordinaire.
î planches des tribunes seront il est vrai
ins belles ; on sera un peu moins bien assis,
un peu plus serré, mais...
Le comité, en chœur. — Dah ! qu'est-ce que
fait, puisqu'on aies ofliciers! Le public vien-
I quand mêmel...
( Vie Parisienne du 4 diixmbre 1884^
TOUT AUX affaires!
Les affaires ne vont plus, les travaux pub sont îirrclés, la confiance n'est nulle part. immeubles sont sans locataires, les bouliq sans acheteurs, les femmes sans vertu; les lions ne donnent plus de dividendes, le pi tige extérieur n'est qu'un ancien souvenir banqueroute est à nos portes, et les poi sont ouvertes. Un dernier spasme politique
DiglIMbyGOO^IC
'rance s'éteint dans le bain-marie pariétaire.
l'approche du nouvel an, les divers corps i'Ëtat détenteurs de la puissance publient fait un retour pénible sur euxles; ils ont revu le passé coupable, frémi nt le présent, entrevu le lendemain (er- : et douloureux et , effrayés de leurs resabilités, dans un élan sublime mais bien t d'abnégation momentanée et de patrioi inconscient, ils ont tourné leurs regards liants vers l'inûm (auquel ils ne croient implorant un conseil, un moyen de salut.
. ont alors songé à proclamer une dictaqui, pendant un espace de temps h déterr et sous le nom de « tbêvb des partis ï, lirait les affaires du pays; cette idée venue haut, il fallait choisir un honune réunisles vertus nécessaires pour mener à bien lourde tâche, et trouvant dans son patrio- : ardent les raisons même de l'accepter, perplexité des pouvoirs publics fut grande;
leurs délibérations laborieuses. Découvrir un homme possédant des qualités si hautes et si diverses était assurément besogne malaisée. Il le Tallait homme du monde avant tout, d'une tenue irréprochable, d'une distinction parfaite, d'une élance native, relevée par ce je ae sais quoi que donne le frottement de tous les milieux auxquels il aurait dérobé leurs plus brillantes qualités, pour fournir à ses contemporains un type. Une âme chaude et aimante, un cœur secourable à toutes les infortunes, un esprit délicat et élevé, capable de compi'endre les idées les plus nobles, de les propager et, au besoin, d'en tirer parti; une ingéniosité sans égale, créant des ressources inespérées ; habile h se servir de tous ; s'élevant, là où tout autre aurait sombré, et réussissant à édifier sa propre fortune sur celle même du pays; ami de la paix et cependant gourmet de gloire; glorieux saos vanité, tendre sans faiblesse, bienveillant sans banalité; sans parti pris d'aucune sorte, mais sans indifférence non
lus; habitué à commander et sachant se faire bcir; camarade des puissants, mais accessible Lix humbles; mettant une volonté opiniâtre 1 service de dons si divers, et trouvant dans i foi robuste en l'immortalité, le courage du icrificel Cet homme — est-il besoin de le ommer — c'était le directeur du Gaulois, était M. Arthur Meyerl Réunis à titre officieux dans la grande salle e Versailles, les représentants sous la présience (pour cette fois seulement) de M, Grévy, Tétèrent enfin leur choix d'un accord unaime. Le président lui-même, remué par les rands souvenirs de Versailles, s'offrit à brûler ;s parchemins et à consentir pour la durée 3 la dictature temporaire, la jouissance des Dpartements de réception, tous droits et priviges purement honorifiques, étant bien entendu l'il ne serait rien retranché de ses émoluents, frais de voyage, de représentation, etc., Dn plus qu'au produit des chasses présidenslles, sauf en ce qui concerne les lapins, dont
LA TRÊVE DES PAItTlS 01
?on successeur pourrait faire un bon emploi.
Une députation, à la tête de laquelle marche M. Grévy, est chargée de se rendre auprès de M. Arthur Meyer, de faire appel à son patriotisme si éclairé et d'obtenir qu'il consente à être investi des fonctions de dictateur. Cette députation est composée de :
MM. firisson et le Royer, Léon Say, Clemenceau, de Gavardie, Baudry-d'Asson, Ranc, Spuller, Ferry, Antonin Proust, Bêcher et Jules Simon.
Sur la route, le peuple de Paris, qui avait attendu frémissant le résultat des délibérations de Versailles, l'assaille de ses joyeux vivats et lui souhaite bonne chance.
La députation est reçue au Gaulois et introduite auprès de son éminent et sympathique directeur. Étonné, ému, bouleversé, confiant, ahuri, indécis, M. Arthur Meyer écoute avec une religieuse attention. L'attitude et le dévouement de M. Grcvy le stupéfient et le touchent; il est sur le point de céder, mais se rappelant à
b>Got."vîli
DANS L rnAiH ipos le mot d'un de ses nombreux aïeux,
de Talleyrand : n qu'il faut se défier du smier mouvement, parce que c'est le bon », le borne à remercier et demande à consulter
deux amis, MM.de Pêne et Popinot, avnnt prendre une résolution qu'il aura l'honneur transmettre.
IkI députation prend congé. La foule l'inter- ;e au passage, l'anxiété est sur tous les
Lprés avoir reconduit, avec les égards qui sont dus, le gouvernement qui se retire, Arthur Meyer rentre dans son cabinet jctorial, se regarde complaisamment dans çlace, caresse d'un mouvement bien connu M)ie de ses favoris, fait monter ses deux seils et amis pour savoir ce qu'ils pensent
de la situation, s'enfenne, et la délibéraUi commence.
Le secret de cette délibération a été religie sèment gardé; Le Figaro lui-même n'a four aucun renseignement.
Mais, tandis que s'agitait le sort de France, la foule, grossissant toujours, s'ama sait devant les bureaux du Gaulois. De noi breuses députations de toutes les proressior de toutes les classes, de tous les quartiers Paris, étaient venues spontanément appuyer démarche des grands corps de l'État.
On affirme que jusqu'au dernier momei M. Arthur Meyer était irrésolu et que ce ser; une lettre, apportée par un valet de pied à livrée d'une des plus grandes dames de Fran « abonnée du Gaulois » qui aurait détermi son acceptation; toujours est-il que le s( même, i! adressait à M. Grévy la lettre si vante:
a A Monsieur le Président de la Républiqi <t en son palais de l'Elysée. (Confidentielle.)
DAMS L TIIA.IN
c MoKsiEUR LE Président,
a France souffre et vous êtes venu me iver!... Le pays tout entier fait, par la i de ses représentants, appel au patrione d'Arthur Meyer! Le fardeau est lourd, is les épaules sont vaillantes, les forces ne pouvaient-elles me trahir? Vouloir est-ce pouvoir?
l'ai assemblé mon conseil. MM. de Pêne, )inot et moi, nous avons longuement, iloureusement, patrioliquement réfléchi, foici ce que je pense :
1 faudrait être aveugle pour ne point voir I )ui, vous l'avez dit avec raison : la ruine partout; la confiance n'est nulle part; ■gie s'est faite vertueuse!!!
■encore quelques mois, quelques semaines it-être de ce régime, et notre belle France, avaient faite si glorieuse, si forte, si riche, puissante, dix générations de rois bien lés, ne serait plus qu'un souvenir!
« De ce peuple que j'aime tant, des vertus « qui le firent magnifique et respecté, des « grâces aimables qui le faisaient si recherché, a de ces qualités d'esprit si variées, si souples, « qui lui assuraient la suprématie dans tous a les arts; de cette langue si claire, si nette, <L si polie qu'on l'a surnommée « la langue des «: cours y>; en un mol, de tout ce qui nous fit c: grands, par la plume, l'épée, le pinceau ou «. le ciseau, il ne resterait plus rien!... Rien <i que quelques cuisiniers, préparant les indi- « gestions des aristocraties étraDgères, quele: ques modistes, colportant par delà les mers e: l'art du chifTon, et le français, une langue c morte, enseignée dans les lycées comme le « grec et le lalin, que d'ailleurs, on n'enseigne a plus.
a Oui, j'ai compris vos offres! Mon cœur a saigne à l'unisson des vôtres; la France a « parlé, je ne puis me taire] Arthur Meyer « accepte dé succéder à M. Grévy!
« En vous notifiant, à titre conûdentiel,
;tte grave détermination, je ne puis vous ire à quel point il m'a coûté de la prendre, ous êtes père et vous me comprendrez. — e Gaulois, mes collaborateurs de tout âge ; de tout ordre, la clientèle spéciale du aulûis, constituent pour moi une véritable imille, dont je suis te père, M. de Pêne le Is et Popinot le Saint-Esprit.
Je ne me dissimule pas que mes fondions ouvelles vont m'arracher à ce cher milieu, lais quelque douloureuse qu'en puisse être application, je me suis imposé cette règle :
e n'être toujours dans mon pays qu'un mple soldat qui va où le devoir l'appelle, ous pouvez réunir le Congrès et l'informer 11' Arthur Meyer se lient à sa disposition pro *alria.
Veuillez agréer, Monsieur le Président et [ler prédécesseur, l'hommage de mes resectueux sentiments et de ma confraternelle fmpathie.
€. ÂRraun Meyer. j>
€ P. S. — L'abandon que vous faites de v. vos lapins m'a particulièrement surpris et « touché; que Votre Excellence se rassure, j'en « ai le placement tout prêt. >
A la réceptioa de cette lettre si digne et si émue, M. Grévy s'est empressé de réunir le Congrès qui, à l'unanimité, a proclamé M. Arthur Meyer dictateur pour un an, sous le nom de a Salvator I«' », avec les pouvoirs les plus étendus de faire la paix et de déclarer la guerre et le commandement supérieur de toutes les forces de terre et de mer.
Le Parlement subsiste, à titre honorifique ; Salvator U' agira sans contrôle, sous sa propre responsabiUté et sous l'œil du Parlement, dont un membre masqué le suivra partout, lui répétant :
a Souviens-toi que tu es un homme I s
DiglzMbyGOO^IC
Rentré au Gaulois, Salvator 1"^ assemble de nouveau son conseil; il faut penser aux réformes, à la formation du nouveau ministère, etc..
Aprèsavoirpassé en revue tous les puissants du jour, toutes les personnalités du moment, MM, de Pêne et Popinot n'ont pas la force de cacher au dictateur les appréhensions que leur cause le peu de valeur des hommes parmi lesquels il faut choisir.
Salvator 1er se recueille; puis, bondissant sur son téléphone, il adresse à « Minos » une éloquente prière. Il lui demande instamment de vouloir bien faire mettre à sa disposition quelques-uns des morts illustres, dont les lumières peuvent rendre de si grands services à k France. Impossible de rester sourd a l'appel du jeune et vaillant dictateur; Minos téléphone immédiatement qu'il envoie à Paris le dessus
de son panier. Ëgérie, emballée par le premier express, arrivera ce soir, les autres suivent.
Le jour même, Salvator I*'' prend possession des appartements qui lui sont réservés au palais de l'Elysée et le soir, un splendide Teu d'artifice montre au peuple les emblèmes et la devise choisis par le dictateur ; un coq et un aigle qui se donnent la main, un bonnet phrygien et cette devise : « M&yer Placet Omnibus, t
Dès le lendemain de son avènement, M. Arthur Meyer s'occupe des affaires sérieuses et rend les décrets suivants :
« io Nous, Salvator I<=r, etc., etc.;
« Considérant que la tenue est la pudeur < des âmes, arrêtons :
« L'uniforme est rétabli.
« Des décrets ou arrêtés spéciaux détermi- « neronl les costumes afférents aux diverses « classes de dignitaires et fonctionnaires;
« 2o Considérant que le dictateur doit porter € les couleurs de la France et que notre cos-
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lOi» DASS L TP.A1.V
c lume doit, à l'image du drapeau, réunir les a. trois couleurs, arrêtons :
« I. Pour démocratiser le blanc, couleur de fl la vieille royauté, nous prenons une culotte & de Casimir blanc ;
n. II. Le bleu sera naturellement placé sur s notre cceur : nous enjfaisoDs un gilet;
4 m. Il n'appartient qu'à Arthur Meyer t d'aristocratiser le rouge; nous en faisons € l'habit rouge, cette blouse des mondains. •»
« 30 Considérant que la vapeur devient une c force utile quand elle est réglée ; que les € fleuves torrentiels et dévastateurs deviennent «: fertilisants quand ils sont endigués, arrêtons :
« Les jeux sont rétablis, monopolisés et cen- <i tralisés sous une direction unique.
« Tous les tripots sont fermés sans distinc- € tion d'origine.
c Aucune concession parUculière ne sera s faite aui députés ni aux sénateurs.
« M. Albert Wolff est nommé directeur
bïGoo^lc
< L' < ILE DE LA Grande-Jatte » est afiecU « h rétablissement des jeux.
«. Le docteur ërouardel est nommé, ave € obligation de résidence, médecin des su € cidés.
t A l'entrée de l'Ile, sera construit un pi c vilIon destiné k des cours de philosoph € appliquée ; des professeurs éminents trait< «: ront de l'influence de la volonté sur li
« M. Caro est nommé professeur titulaire.
« 41» Considérant que l'État doit venir e
< aide à tous ordres de travailleurs, que li c avances d'argent faites dans ce but et doi « le remboursement est garanti par un ga^ « mobilier ou immobilier crée un instrumei
< fécond et moralisateur sans coftipromettre e crédit du pays; que les deux établissemen t types de ce genre, le Mont-de-Piété et <L Crédit Foncier, donnent les meilleurs résu K tats ; considérant que la viipnité (côté di € dames), est [un véritable capital, arrëtoQE
D3lzc=lnG00glC
« Il est créé sous le nom de « Crédit Virginal », un établissement destiné à fournir,
: sous forme de prêt, aux jeunes filles, les ressources nécessaires à la mise en œuvre de leur activité morale.
«: M. Alexandre Douas est nommé directeur général.
« 5" Les ministères sont constitués ainsi
: qu'il suit ;
JOSTICE ET CULTES
a: Ministres: Mahomet;
« Ministre adjoint : Un rédacteur du Gait-
lois, choisi par ses pairs.
« Sous-secrétaires d'État : MM. Paul Bebt
et Bossuet.