‹ Dans la beauté Rayonnaute des Psaumes anthologie des Psaumes [microform]. Traduction et commentaire litéraire et doctrinalChapitre 18 sur 203 · PREMIERE PARTIE. PS. CHI · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. PS. CHI

L'habitation de Dieu, au plus haut des cieux, nous est decrite a 1'aide de deux images. La premiere, empruntee a la vie nomade, nous fait voir dans les cieux la tente sous laquelle Dieu repose (i). La seconde nous parle de la c61ebre chambre haute des Orientaux. Situee a 1'etage, elle etait 1'appartement specialement amenage dans leur demeure pour la reception des hotes de marque. G'etait, si Ton peut parler de la sorte, quelque chose comme leur salon, leur salle de festin, leur appartement d'apparat.

Ce palais de Dieu est bati au-dessus des eaux. II s'agit evidemment des eaux superieures. Le recit de la Genese nous montre que Dieu, dans 1'oeuvre de la creation, etendit le firmament, charge de separer les eaux superieures (celles qui retomberont sous forme de pluie) des eaux inferieures (qui constitueront les mers et les fleuves).

On etait au courant des relations des nuages avec la pluie (2); mais dans les descriptions poetiques, on aim ait a s*imaginer le firmament comme un miroir d'airain (3), ferm6 par des ecluses (4) qui s'ouvrent pour laisser passer 1'eau des pluies.

Ce que le psalmiste veut nous dire ici, c'est que la salle du trone de Dieu, sa chambre haute , est situee plus haut que le firmament, au-dessus des eaux superieures, au-dessus de 1'ocean celeste, que Dieu domine et gouverne. Dieu reside vraiment au plus haut des cieux.

3) Son char.

Les nuees lui servent de char,

II s'avance sur les ailes du vent.

Lorsque Dieu vient se manifester aux hommes, il descend vers eux des hauteurs des cieux. Rien de plus naturel que de le voir s'avancer porte par un nuage; generalement il se manifeste au sein de la tempete, provoquant chez les hommes une religieuse terreur :

Un feu devorant le precede,

Une temp&te violente 1'escorte (5).

(l) Gf. Is., XL, 23. .

(a) Job, xxxvi, 27-28; Jer., x, i3.

(3) Job., xxxvn, 18.

(4) Gen., vii, ii ; II [IV] Reg., vn, 2, 19.

(5) Psaume XLIX, v. 3.

II apparait avec la rapid! te du vent, sur les ailes du vent . Et il est interessant de noter a ce propos qu'au jour de la Pentecote, lorsque 1'Esprit-Saint descendit sur les apotres rassembles au Genacle, Ton entendit le souffle d'un vent impetueux (i). D'ailleurs, le vent qui va ou il veut, qu'on entend sans le voir, dont on ne salt trop ou il a pris naissance et ou il cessera de souffler (2), n'est-il pas un symbole heureux de la fagon dont Dieu se manifeste quand et comme il le veut?

H) Ses ministres,

II utilise comme messagers les vents Et comme ministres un feu brulant.

En d'autres termes, les forces de la nature, vent qui souffle en violentes rafales, foudre qui sillonne la nue, sont les agents dont dispose avec un pouvoir souverain la Providence divine (3).

La traduction de ce verset est, il faut 1'avouer, assez discutee. La version grecque s'exprime de la sorte : II a fait de ses anges des vents, et de ses ministres un feu brulant ; et le texte hebreu est susceptible de ce sens. C'est de cette fagon que 1'epitre aux H6breux cite ce verset d'apres le grec (4).

Nous ne pouvons entrer ici dans une discussion detaillee. Signalons seulement que, dans 1'hypothese que nous avons adoptee, par le fait meme que Dieu eleve les vents et la foudre a la dignite de messagers et de ministres de sa puissance, les anges, ses messagers et ses ministres par excellence, se voient places par leur role bien au-dessous de Dieu, a 1'instar des creatures les plus materielles. Et ainsi Ton peut bien utiliser ce texte pour opposer a Jesus-Christ, qui est le Fils de Dieu, les anges qui sont, comme le vent et la foudre, de simples envoyes de Dieu.

(i) Act., ii, 2.

(a) Jo., m, 8.

(3) On se rappellera le Psaume xxvin que nous venons de commenter.

(4) H4br., i, 7.

Page 1