PREMIERE PARTIE. PS. CXXXVIII
Mais la encore ta main me dirigerait Et elle me saisirait, ta main.
3) Aucune tenebre que ne perce son regard :
Dirais-je : Que les tenebres me couvrent done,
Et que la nuit remplace la lumiere qui m'entoure! n
Mais I'obscurite n'est pas obscure pour toi.
La nuit a tes yeux est claire comme le jour;
Obscurite ou lumiere, c'est tout un pour toi.
Dieu nous connait parfaitement des le premier moment de notre existence :
C'est toi qui as forme mes reins,
Tu m'as tisse dans le sein de ma mere.
Je te rends hommage pour les prodiges de ma merveilleuse
[structure :
Merveilleuses sont tes osuvres, mon dme le sait bien. Mon etre ne t'etait pas cache
Quand je fus fagonne dans le sein maternel,
Quand j'etais brode dans les profondeurs de la terre. L'embryon que j'etais, tes yeux I'ont vu :
Tout est ecrit dans ton lime;
Mes jours y sont caracterises avant qu'aucun d'entre
[eux n'ait exists.
Admiration que doit provoquer en nous cette science divine :
Que tes pensees sont done precieuses pour moi, 6 Dieu I
Et quel nombre imposant elles constituent!
Si je les comptais, je les trouverais plus nombreuses que les
[grains de sable :
Ai-je fini de le faire ? Eh bien ! Je suis encore en reste avec toi !
PuiSQU'lL SAIT TOUT, POURQUOI iPARGNE-T-IL L'lMPIE.?
Portrait de ces impies :
Dieu, fais done mourir I'impie,
Et que les hommes sanguinaires s'eloignent de moi :
Geux qui parlent de toi mechamment,
Dans leur perfidie se montrent tes ennemis.
Le psalmiste ne veut rien avoir de commun avec eux :
Ne dois-je pas, 6 Dieu, hair ceux qui te haissent
Et eprouver pour tes adversaires une profonde aversion? Je les hois dans la plenitude de la haine :
Je les considere comme mes ennemis.
Sonde-moi, 6 Dieu, et connais mon caeur;
Scrute-moi, et connais mes penses.
Regarde si je me trouve dans la voie qui provoque ta col&re,
Et mets-moi sur la voie de la vie eternelle.
Explication du psaume
Le psaume est de David qui chante la profondeur du savoir divin. I. Dieu sail tout : il me connatt parfaitement.
i) Dieu. sail tout ce que je dis, pense on fais :
K Toi, tu me vois m'asseoir et me lever (i).
Nous trouvons dans cette phrase un hebrai'sme bien connu : le fait de s'asseoir et de se lever, tout comme 1' entree et la sortie , c'esta-dire les allees et venues (a), designe 1'ensemble de 1'activit^ d'un horn me.
Lorsqu'on lit dans 1'fivangile (3) que Marie, se levant, s'en alia en hate vers la region montagneuse , on se heurte a une traduction bien materielle. Se lever est une expression qui indique settlement le
(i) Mot k mot : Tu connais mon asseoir et mon lever. Le texte latin porte, pour exprimer le lever, le mot : resurrectionem , ce qui fait utiliser le psaume pour chanter la resurrection de Notre-Seigneur Jesus-Christ.
(a) Ps.cxx, v. 8; Act., i, 21.
(3) Luc, i, 3 9 .