DEUXIEME PARTIE. PS. LXXXVII
frappe les n6tres ou nous menace, nous ne devons pas nous attrister comme ceux qui ne possedent pas avec nettete une aussi ferme espe"rance (i).
Application
On peut en recitant ce psaume y voir, a 1'exemple de nombreux Peres de 1'Eglise, une description des souffrances de Notre-Seigneur Jesus-Christ.
Lui aussi, des sa plus tendre enfance, a connu la souffrance car, des son entree en ce monde, ii s'engagea a subir sa Passion (a), et cette pensee de son supplice a venir remplit son co3ur d'une angoisse continuelle (3), et fit de toute sa vie, selon le mot de 1'Imitation, un martyre permanent.
II a ete un objet de repulsion pour ses meilleurs amis, comme Isai'e d'ailleurs 1'avait predit (4), et ceux-ci se sont enfuis lachement a 1'heure ou le danger etait imminent pour lui.
La plainte du Sauveur sur la croix rappelle ces mots de notre
psaume :
Pourquoi, mon Dieu, me rejeter Et me cacher ton visage?
On peut citer aussi 1'interpretation que donnent certains Peres de ce membre de phrase : Etant parmi les morts, je suis un affranchi , ou, comme dit le texte latin : je .suis pleinement libre. a Son corps, commente saint Augustin, gisait dans le sepulcre; mais lui, pleinement libre au milieu des morts, accordait remission aux habitants des Enfers en brisant les lois jusqu'alors en vigueur pour les morts.
(i) I Thess., iv, 1 3.
(a) Heb., x, 5-io.
(3) Luc, xn, 5o; ix, 5i ; Marc, x, 35-4o; Jo., xni, ao-a8.
(4) Is., LIU, a-3.
Priere d'un malade qui voit dans sa maladie le chatiinent de ses fautes
Ps. xxxvn (Domine ne in furore tuo..^ quoniam)
DlEU M'A PUNI DE MON PECHE PAR LA MALADIE. DESCRIPTION DE MON MAL
Ne me chdtie pas, 6 Dieu, dajis ta colere,
Ne me punis pas dans ton courroux.
Deja tes fleches se sont fichees en moi,
Et ta main s'appesantit sur moi.
Rien de sain dans ma chair par suite de ta fureur,
Rien d'intact dans mes os par suite de mon peche. Vraiment, le niveau de mes iniquites monte par-dessus ma t6te,
Comme une charge pesante elles pesent trop pour moi. Elles sont fetides, elles suppurent, mes plaies,
Par suite de mon egarement.
Je suis affecte, accable a I'exces.
Tout le jour, je le passe dans le chagrin.
Car j'ai les reins tout enflammes :
Et rien de sain dans ma chair.
Je suis abattu et brise a I'exces,
Je rngis tant mon cosur bouillonne.
O Dieu, mon desir t'est suffisamment expose,
Et mes plaintes ne te sont pas dissimulees.
Mon cosur s'agite, ma vigueur me quitte,
Et la nettete de ma vue elle-meme, je ne Vai plus.