DEUXIEME PARTIE. PS. XXXVII
D'autres se rjouissent de mon malheur :
i) leur attitude :
Us manifestent leur hostilite, ceux qui en veulent a ma vie; Ceux qui souhaitent ma mine parlent de malheur,
Et a longueur de journee Us murmurent de mchants (2 Moi je laisse dire avec patience : [propos.
Mais moi, je fais le sourd, je ne veux rien entendre;
Je suis un muet qni n'ouvre pas la bouche ; Me void semblable a qui n'entend pas,
Et a qui n'a en bouche aucune replique.
3) Mais toi, mon Dieu, ne les laisse pas triompher : Car c'est en toi, Dieu, 'que j'espere,
Tu m'exauceras, Seigneur, mon Dieu.
Je redonte vraiment qu'ils ne rient de moi,
Qu'ils ne triomphent en voyant chanceler mes pas. Me void proche de la chute : 1
La pensee de ma douloureuse situation ne me quitte pas. Oh ouil Ma culpabilite je la reconnais,
Et mon pche m'inquiete.
Us sont puissants ceux qui, sans motif, sont mes ennemis,
Et nombreux ceux qui me haissent a tort.
Ce sont eux qui rendent le mal pour le bien,
Et qui s'en prennent a moi pour ma recherche du bien. Ne m'abandonne pas, 6 Dieu,,
Mon Dieu, ne reste pas loin de moi, Viens done me secourir,
Seigneur, toi qui es mon saint!
Explication du psaume
La maladie de David
Ge psaume a David pour auteur. 11 parait plus normal de 1'interpreter d'une veritable maladie, et non pas seulement d'une souffrance
morale, decrite sous 1'image de la maladie. David voit dans son 6tat de sante si precaire une punition de ses fautes.
La maladie est depeinle eri traits expressifs : rien de sain dans sa chair ni dans ses os; ses plaies sont fetides et purulentes, il a les reins tout enflammes; il se trouve tout courbature, dans un profond accablement; il crie sa douleur a haute voix : Je rugis tant mon coeur bouillonne ; et fievre ou pleurs troublent son regard.
David considere cette maladie comme un envoye de Dieu : Deja, lui dit-il, tes fleches se sont fichees en moi. N'est-ce pas ainsi que Job parle lui aussi de son mal (i)? J'etais tranquille, et Dieu m'a rompu, il m'a pris par la nuque et m'a mis en pieces. II m'a dresse pour sa cible : autour de moi tournoient ses traits, il transperce mes reins sans pi lie, il repand a terre mon fiel, il m'ebreche, breche sur breche, il court sur moi tel un guerrier... Dans ma peau, ma chair a pourri et j'ai mange mon os avec mes dents (2).
Lorsque Job souffrait de la sorte, ses amis ne voulaient y voir qu'une punition; mais Job repoussait avec indignation une telle interpretation : la souffrance, en effet, peut avoir bien d'autres significations. Et Notre-Seigneur eut 1'occasion de le rappeler a ses disciples en face d'un aveugle qui ne devait sa cecite ni a ses fautes ni a celles de ses parents (3).
Mais Notre-Seigneur savait aussi que la maladie, Tinfirmite ou des accidents peuvent servir a punir des coupables (4). David n'hesite pas a se ranger dans cette categorie. II souffre, mais il 1'avait bien merite; et c'est maintenant. a 1'heure ou il expie ses iniquites, qu'il comprend combien il s'en etait laisse submerger, et comment il avait accumule sur sa tete une lourde charge dont il sent a present tout le poids.
Rapports avec le prochain durant la maladie
G'est 1'abandon des amis et des proches, tout comme nous venons de le voir au Psaume LXXXVII.
(i) Job, xvi, is-ilt efc xix, 20, citg d'apres la traduction de Dhorme. (a) Je n'ai plus que les ps et la peau. Je puis ronger avec les dents les os qui apparaissent directement sous la peau.
(3) Jo., ix, i-3.
(4) Jo., v, i4; Luc, xm, i-5.